‹ Athènes (volume 3)Chapitre 31 sur 234 · TEMPLE DE LA VICTOIRE APTÈRE · texte numérisé non relu

TEMPLE DE LA VICTOIRE APTÈRE

existence de quelque ornement de métal. Des trous du même genre peuvent être observes sur d'autres fragments appartenant à la même suite.

Une Victoire déliant ses sandales n'a malheureusement plus de tête,

mais on ne saurait assez admirer la grâce et la vérité de sa pose, l'élégance de ses draperies ; sur le fond un pinceau , moderne sans doute , a tracé hardiment au minium une mèche de cheveux qui a beaucoup exercé la sagacité des archéologues qui ont oublié que, si ce trait eût été antique et se fût conservé sur une surface plane que rien ne protégeait, bien d'autres traces de peinture existeraient dans les plis de la sculpture où ils eussent été à l'abri de la plLq)art des causes de destruction. D'ailleurs, ce trait fort visible n'a été signalé que longtemps après la découverte du bas-relief, et, s'il eût existé dès le principe, il n'eût pu échapper aux regards des premiers investigateurs. Laissons donc de côté cet4e mystification , œuvre de l'un des nombreux artistes qui chaque jour viennent travailler dans l'enceinte de l'Acropole, et ne prêtons pas à rire à son auteur (\\\\ ])r()i)ablement existe encore.

Signalons onfiii uno autre Victoire fort mutih'o. ([ui paraît avoir pn'sente une couronne. D'autres fragments moins importanis oui été découverts successivement, et quel(|ues-uns sont dus aux fouilles de M. Iknilé.

Dans ces bas-reliefs, on chorcluMMit en vain la sévère simplicité des

sculptmvs (lu t(Mnpl(^ de Thésée, du temple de la Victoire Aptère ou du Parlhéuon. Des iiKuivemcnts plus violents, des poses plus recherchées, un fini phis précieux annoncent un art i)his rafliné, plus voisin, comme le (Ht M. \\cu\r. (le ("('poque de Lysippe ^ que de celle de Phidias. Adoptons donc avec lui ro])inion de M. Ross, qui croit que cette brillante décoration de IVscalier des Propylées peut dater du gouvernement de Lycurgue , cet orateur (|ui. prenant Périclès pour modèle, enrichit Athènes d'un grand nomi)re de monuments.

Il serait bien difficile de préciser la pensée qui a présidé à la composition de cette suite de bas-reliefs. Jouissons du charme de ces délicieuses sculptures et restons dans ce doute poétique si bien exprimé par M. Beulé. (( Ces Victoires qui s'envolent, arrivent, se posent sur l'Acropole, délient leurs sandales, sont levées, sont assises, tendent des couronnes, représentent-elles un seul mythe, une seule action? ou bien accourent-elles des différents points du monde , et viennent-elles se ranger autour de la grande Victoire, de Minerve dont elles sont les messagères? Quand le peuple athénien monte l'escalier des Propylées, lui disent-elles, par leur pose allégorique, par des inscriptions, ou par la seule force de la tiadilioii : Je suis Marathon, je suis Salamine, je suis l'Eurymédon; je viens de Thrace, je viens de Lesbos, je viens de Sphactérie, flatteurs muets que l'on imitait moins éloquemment à la tribune du Pnyx ! »

AvENiiE DU Parthénon. Lorsqu'ou a franchi les Propylées, et qu'on ari'ive sur l'esplanade de l'Acropole, on trouve, faisant suite au passage central, un chenn'n dont le sol a été strié pour faciliter la marche des animaux. Ce chemin ()l)li([uait au sud vers le Parthénon, et sa direction est indi(iuée, à droite, par un canal creusé dans le roc pour la conduite des eaux, et par de nombreuses cavités carrées ou oblongues, également taillé(>s dans le roc, et ayant contenu des piédestaux et des stèles qui l)oi-(laient cette espèce de voie sacrée. A gauche, rien ne trace la limite (!<■ la (•hau<<é(> dont la largeur ne peut être déterminée.

PiKDKSTM.. \ droite du cheniiu, à 3'". GO en avant du piédestal de Minerve; llygié(; (plan de l'Acropole, c), sont les ruines d'un autre piédestal l)i('u plus considérable, d^. 11 ne reste de ce monument que le

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