I . Voy. l:i lettre en tête du chapitro
'2. Un de ces chapiteaux, avec une portion du fût, est ;iii llritish Miisi'uni, lUgin sdloo». n" 'l\'l. '.i. Sur CCS degrés, en maint endroit, on trouve ^iraM's i);u' li's 'I'iuns des espèces de peiiis lalivrinthes qui leur servaient pour une s^rte de jeu de dames.
Cette partirularité, sigiicalée d'abord au Parthénon en 1S37. par M. INiiiicthorne. architecte anglais, a été constatée par MM. llofer, Schauhert. Fiiente. Travers, Paccard et autres arcliitectes de tous les pays, cl reconnue depuis dans tous les autres temples grecs, et en particulier à celui de Thésée, à Athènes même. Il est donc impossible de \(>ir dans ces courbes l'efTet du hasard ou d'im vice de construction, et force est d'y recomiaître le résultat d'une combinaison arrêtée, d'un système profondément réfléchi. Un autre architecte anglais, après une étude spéciale de huit mois (i8/|6-i8/i7) . à l'aide des instruments les plus exacts, les plus précis, a fait de ces courbes le sujet d'un ouvrage où se trouvent notés les résultats de ses patientes et infatigables investigations ^ Il n'est pas facile de se rendre compte de la pensée qui a conduit les Grecs à adopter un système en apparence si incompatible avec toutes les autres règles de l'architecture.
M. Penrose établit, par des raisonnements cjue la science physiologiciue appuie de toute son autorité, que l'esprit, guidé par l'expérience, ne cesse de corriger, les images cjue l'œil lui présente. C'est, selon l'auteur anglais, ce travail cjue les architectes grecs ont voulu épargner au spectateur, en donnant au monument des formes telles, que, dès l'abord, elles paraissent, non pas telles qu'elles sont, mais telles cju'elles devTaient être. Cette hypothèse nous semble confirmée par un passage de Vitruve, qui renferme un précepte dont, jusqu'aux récentes découvertes f|ui nous occupent , personne n'avait pu comprendre le véritable sens.
« Il faut faire, dit-il, la surface du stylobate de telle façon cfu'elle ait au milieu une surélévation au moyen de blocs (prof/ressivement) inégaux, car si le stylobate était rigoureusement de niveau, il semblerait à l'œil (pi' il creuse au milieu-. »
Ces derniers mots nous paraissent établir de la manière la plus positive la v('Tit»' du système de M. Penrose; cependant M. Beulé ne l'accepte
1. l'Kvr.osE. l'rincAples of Athenian archileclure. London. ISM.
2. « Slylobalen ila oportet exœquari , iili haheal per médium adjunctionem per scamillos impares. Si enitn ad lihellam diricjelur, alveolatum ocnlo videbitur. » Vitr. L. lU, c. 4.
Lo mot srnmillus veut dire ordinairement escabeau, mais paraît désigner ici les blocs rectangulaires qui composent un soubassement et qui ont en ofTet quelque chose de la forme d'un escabeau. MM. Quirherat et Davelny {Dirlionnaire lalin-françuis) proposent de traduire scamillus pav socle de colonne.
EXTÉHIHLU 1)L l'AKT 11 KNO.N. 93
pas. Qiioiciue nous regrettions de ne pouvoir partager son (tpinion. nous la j'eproduirons ici, tant pour mettre sous les yeux de nos lecteurs tous les cléments de la cause, ([ue parce (|ue. dans inie page du i)rillant prol'esseur, il y a toujours ([uehiuc j)rolit pour liniagination et pour l'esprit :
c( Les courbes horizontales peuvent être considérées comme une consétjuence des inclinaisons verticales. L'on sait à peu près répo([ue où elles commencèrent à être employées : elles n'existent pas encore au temple de Corinthe ; on les voit déjà au plus récent des temples de Pœstum. C'est le cas, à ce qu'il semble, de se rappeler le mot de Vitruve : <( Blandinntr voluptati risiis-. » Charmer les regards, n'est-ce pas le but le plus immédiat, sinon le plus élevé de l'art?
« La ligne droite, sur uu long développement, a quelque chose de sec et de froid; nous en avons des exemples frappants dans les monuments que les modernes ont copiés sur lantique, avec plus de science (|ue de sentiment. La ligne droite est une abstraction toute géométrique. (|ue l'on ne retrouve jamais dans la nature. J.es lignes mêmes des horizons décrivent une double courbe, déterminée par la forme du globe. La convexité du soubassement et des architraves donne au Parthénon quelque chose de vivant et d'harmonieux (|ui nous pénètre à notre insu. 11 est si vrai (jue l'architecte n'a point prétendu redresser nos perceptions, qu'il a du compter au conti'aire sui* leur naïve exactitude pour nous transmettre la notion de ces belles courbes. Elles sont en elTet p;irfaitement sensibles, pour ])eu que le regard s'y arrête et cherche le secret des imj)ressions inconnues qu'un principe si nouveau éveille en nous. C'est toujours ce qui m'a frappé dans les t('ni|)l('s (lori(|U('s où les courbes existent , à Pœstum, en Sicile, en Grèce. PcHJt-ètrc ('Mait-t-e une complaisance des yeux pour ros]irit pn'vonu; ni;iis aujoin'd'hui . chacun peut contrôler le témoignage de ses sens |)ar les n'sultats (|U(' la science démontre, et je ne crois |)as (ju'on trouve jamais eu di'l'aut leur sinc»'-rité 1. »
Ln mot de cette citation a déjà appris à no> lecleiu> (|ue l(>s <-ourl)es observées au stvlobate se i-econnaissent (''galeuieiit dans les parties supi'-rieures de l'édilice, aux architraves, aux cornicjics. aux bases do