‹ Athènes (volume 3)Chapitre 66 sur 234 · lîi-.ii.i':. Acroii'ilr. T. Il, p · texte numérisé non relu

lîi-.ii.i':. Acroii'ilr. T. Il, p

2. Dans une mosuïquo provenant do la maison dupoUle, ;\ Ponipéi, et représentant une répétition

théâtrale, nn roti'ouvc une lipiurr f[ui a la plus grande analogie avee relie, du l'arlliénon.

Ili'niilniiH'ii et l'oiitiu'i. T. V, niosaîipie ;tO. Dans la frise du l'arlliéiion, pr.'s di; l'AtlirMiini passant sa tiiniipir, il en est nn autre ait icliaiii ses sandales.

ATHKiNES.

et, plus loin, un cheval laissé libre chasse d'un mouvement de tête les mouches qui hii piquent la jambe ^. »

Si nous avons transcrit ces passages si animes du savant monographe de l'Acropole, c'est que cette partie de la frise du Parthénon est justement celle qui est encore en place presque tout entière; un seul mnrroau est passé au Musée Britannique ^ : il représente deux cavaliers; rohii qui marche devant semble inviter son compagnon à presser le pas.

Frise du Parthénon.

Des soixante-neuf autres morceaux que possède le même musée , six appartenaient à la frise orientale. C'est sur deux de ces fragments que se li'ouvent los dieux, les domi-dieux et les héros, parmi lesquels on croit reconnaître Jupiter, Junon , Esculape, Ilygie, Castor et Pollux, Cérès et ïriptolème, etc. Sur un troisième morceau, disparu depuis longtemps, devaient se trouver quatre autres divinités. Quelques-uns de ces marbres ont été complétés d'après des jnoulagcs antérieurs à leur enlèvement par lord Elgin"^; vingt-deux marbres ])lus ou moins com})lets appartiennent à la h'isc du nord*^, et trente-neuf à la tVise du sud^; ce sont ceux (pii représentent, plus spécialement les dilTéivnl> pcrsonn.igcs ;i pied ou à clicval figurant dans la procession.

Le nioiccaii de la fiisc ([iii. du cabinet de M. de Choiseul, est passé

I. l'.ii r.i':. Airopnle d'Atliàues. T. Il, p. KiO. '1. l'.lijiu Snloo», u° 47.

:!. IIjhI., Il- 17, is, lit, '21, 22 et 2k i. Ihid., n"» 25 à 40.

:.. ihiii.. Il'" 0-2 à'.m.

MIXEUVK UU PAKTHENON. 127

au Musée du Louvre, appartenait à la façade orientale. 11 comprend sept figures de jeunes vierges athéniennes sur le point d'entrer dans le temple et de remettre aux Archithéores et aux Nomnphijlafines, directeurs de la cérémonie, les instruments des sacrifices qu'ils avaient portés dans leur marche religieuse *.

Nous décrirons plus loin les quatorze fragments plus ou moins complets restés à Athènes et déposés dans l'opisthodome du Parthénon.

Il est facile de se convaincre, par l'examen de la frise qui nous occupe, que la composition formait un tout homogène qui dut être conçu loul d'un jet, et par un seul arlisl(\ et cet artiste ne put être autre que Phidias. Quant à l'exécution, qui. aussi bien que celle des métopes, est d'un mérite fort inégal , elle ne tient plus en rien du style archaïque et doit être attribuée tout entière à l'école de Phidias. Peut-être même le maître a-t-il mis la main à quelques-unes des figures les plus parfaites, de même que Raphaël a retracé de son divin pinceau deux des cinquante-six compositions sacrées dont son génie a enrichi les loges du Vatican. Terminons cet examen par une remarque importante que nous emprunterons encore à l'excellent ouvrage de M. Beulé. « Les prédécesseurs de Phidias avaient décoré les temples de sculptures à haut relief qui n'étaient qu'une imitation de la nature. On dirait des statues en ronde bosse coupées par la moitié et appliquées sur un fond uni. Telles sont les sculptures du temple de Thésée, telles sont celles de la Victoire sans ailes, telles sont les niétopes du Parthénon. Phidias fui proprement l'inventeur du bas-relief. 11 sut avec une légère sailhe donner aux surfaces et aii\ plans leur valeur apparente. La science de la perspective et le sentiment personnel l'aidèrent à produire cette

illusion -. n

TMiNERVK. Knliii, il nous reste à nienlioiinrM- le clKM-d'o-'uviv do Phidias, la fameuse statue de Minerve, placée autrefois dans le sanctuaire, sur le piédestal L, et que malheureusement nous uo connaissons que par la description (|ue nous en oui laissée les auleiu's grecs et latins. Cette statue, qui. an dire do Pline, avail !2() coudées (:1I"'.7()) de haut, el, en y comprcnanl. le piédestal , au moins I .") nièlr(\<. clio(|ue

1. Comte de Clarac. Description du ][iisée des atUiquex du I.itiivrc. ii" S.'. '2. Beiii.f. Acropole d'Athènes. T. Il, p. 104.

par sa grandeur toutes nus idées de proportion, puisque la lance de la déesse devait presque atteindre les caissons du plafond; mais on sait que les l*]gyptiens ne comprirent jamais la puissance séparée de la graiidein- matéi'iclle, et les Grecs, à Athènes comme à Olympie, ont prouvé qu'ils n'avaient pas encore renoncé à la tradition apportée par Cécrops.

La ^linerve du Parthénon était d'or et d'ivoire^, et les ornements faits de la ])remière de ces matières ne pesaient pas moins de dO talents d'or (3 millions de francs 2). Les chairs seules étaient d'ivoire; les vêtements d'or de diverses couleurs étaient en outre rehaussés de peintures légères pai- l^minus. frère ou cousin de Phidias, qui paraît avoir également exécuté toutes les décorations peintes des autres ouvrages du grand sculpteur. Une légère teinte était passée sur l'ivoire lui-même pour adoucir et rendre harmonieuse sa blancheur qui eût été trop éclatante ^.

1. Les matières précieuses qui composaient les statues clinj.séléphantines (xp'Jcô;, or ; ÈXÉçaç, ivoire) étaient assemblées par une armature en fer et en bois à laquelle Lucien fait souvent allusion.

« Les plus magnifiques de ces dieux sont d'ivoire, relevé d'un pou d'or qui leur donne de l'éclat et de la couleur; mais, à rintéricLir, ils sont de bois, et recèlent de nombreux troupeaux de rats qui y ont établi leur république. » Jupiter tragique.

<( Lors([ue j'étais roi et que tout le monde enviait mon sort, je me comparais h vos statues colossales, chefs-d'œuvre de Phidias, de Myron et de Praxitèle. Au dehors, c'est Neptune, le trident à la main; c'est Jupiter, tout brillant d'or et d'ivoire, armé de foudres et d'éclairs; mais regarde au dedans: des leviers, des coins, des barres de fer, des clous (|ui traversent la machine de part en part, des chevilles, de la poix, de la poussière et d'autres choses aussi choquantes à la vue, voilà ce que tu y trouveras, sans parler encore d'une infliiité de mouches et de musaraignes qui y établirent leur république. Telle est à peu près la royaut(>. » Le Songe ou le Coq.

2. « Périclès établit qu'aux ornements d'or de la déesse il y avait W talents pesant d'or pur, et

que, la totalité pouvait se détacher. Cependant il ajoutait que, si l'on en faisait usage pour le salut

public, il faudrait plus tard ji' rcnqilacer par un |)oids égal. »

TnucvniDf:. L. H, c. 13.

<( Thucydide dit iO talents; d'autres auteurs disent 4i; d'autres enfin 50. Je m'en rapporte au témoignage de Thucydide. En supposant que, de son temps, la proportion de l'or à l'argent ('tait de 1 à 13 conuue elle r('tiiit du temps d'Hérodote, les 40 talents donneraient 520 talents d'argent, qui, à 5,400 livres le talent, formeraient un total de 2,808,000 livres. Mais comme, au siècle de Périclès, la dragnie valait au moins 19 sous, et le talent 5,700 livres, les 40 talents dont il s'agit valaient au moins 2,004, iUlO livres. » Bautiiki.emv. Voy. d'Anarlt. T. il, note 11.

Une inscri|)tion trouvée, en 1S57, dans les fouilles de l'Odéon semble se rapporter à la dépense faite pour l'achat de l'iu- l'i de l'isdire di' lu Minerve de Pliidias, dé]>ense qui aurait eu lieu dans l'année où les fonctions di; gardien du trésor de la déesse étaient remplies par Cratès, fils d(! ]Nau))on, dît bourg de Lanibrée, Kpâ-rr,; ^îaûuovo; ô Aa(j.7rp£Ùç.

3. Cet usage de peindre les sculptures était général. Praxitèle ne voulait laisser voir aucune de ses statues avant fpt'elles eussent été peintes par Mcias. Il est bien entendu que les anciens n'employaient la iieinture que sobrement et par teintes légères, et non pas îi la manière des sculpteurs du moyen âge.

.MI.NKKVI' UU l'A UT m: NON. 120

(( Minerve, dit Pausanias ^, est debout, avoc une limiciue qui Un descend jusqu'aux pieds. Sur sa poitiine est une tête de Méduse en ivoire. Elle tient (riim^ main une Victoire-, c|ni a f[natre coudées environ de haut, et de l'autre une |)i(|ue ; son jjouclier est posé à ses pieds, et près de la pique est nn serpent qui représente peut-être lùiclithonius. La naissance de Pandore est sculptée sur le piédestal de la statue. »

" La Minerve d'Athènes, dit à son tour Pline •^. a 26 coudées; elle est d'ivoire et d'or. Sur la surface convexe du bouclier de la déesse, Phidias a gravé le combat des Amazones; sur la j^artie concave, la bataille des dieux et des géants; sur les semelles, celle des Lapithes et des Centaures; tant avec lui l'art se logeait dans les plus petits espaces. Il a nommé i\aissance de Pandore ce c[u'il a gravé sur la base; là sont vingt dieux naissants. La Victoire surtout est admirable. Les connaisseurs admirent aussi le serpent, et sous la lance môme le sphinx d'aii'ain. »

Nous lisons dans Maxime de Tyr ^ : k La Minerve de Phidias n'(>st pas inférieure au type (iirifomère décrit dans ses vers; c'est une; belle vierge aux yeux glau{|ues'\ à la taille élevée, ceinte de l'égide, casquée, tenant la lance et le bouclier. »

(( J'ai vu. ajoute Apulée ^, sm- h; bouclier de la Minerve (^ni préside à la citadelle d'Athènes, ce Phidias (jue la tradition nous présente comme un habile sculpteur; il s'est figuré de telle sorte (jue, si l'on voulait retrancher son image du bouclier, l'ensemble serait détruit, et l'œuvre entièrement perdue. »

« Enfin, dit Plutarque^, Phidias s'était représenté sous les traits d'iin vieillard chauve (|ui soulèNc une pierre des deux mains; il y ajouta nn portrait adniii'able de P(''riclès combattant une Aiuazone. Dans celte der-

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