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ÉTAT ACTriI. nr PAIJTII i: NOX. 133
prétendu avoir l'ail partie de.«; di'poiiilifs des Perses ^ ; mais ces boucliers (I or, n"a\anl jamais^ pu èlre ce (|ii(' nous noninicrions aujouidliui des armes d'ordonnance, eussent nécessairement vai'ié de grandeur, de forme, de richesse et de travail, suivant le caprice des satrapes qui les possédaient et le talent des artistes (|ui les avaient exécutés. Il eût donc été difficile, ponr ne jias dire impossible, de trouver quatorze boucliers absolument semblables pouvant figurer syînétriquement à la façade du temple. Peul-èliv poui'rait-oii admettre que ces boucliers avaient seulement été fal)ri(|ués avec l'or enlevé aux Perses; mais les guerres médiques avaient pris fin plus de quarante ans avant la construction du Parthénon, et il nous seml)le peu probable que non-seulement les boucliers, mais même l'or provenant du butin fait sur l(^s Perses, aient encore été sans emploi loi-s(|ue Périclès acheva le temple de Minerve. Quelle que soit l'origine de cette riche décoration, son existence peut encore être constatée aujourd'hui. Sur l'architrave on voit très-distinctement, au-dessous de chaque métope, la trace du cercle des boucliers avec un trou rectangulaire au centre pour le scellement des crampons C{ui les soutenaient. Ces boucliers, (pii n'avaient jamais du servir à un autre usage et (jui certainement avaient été fabriqués expressément pour l'ornement du Parthénon, furent enlevés en l'an 308 avant Jésus-Christ, par le tyran Lacharès , obligé de fuir et de renoncer à défendre plus longtemps Athènes assiégée par Déinétrius Poliorcète-, et furent probablement remplacés depuis jiai" des copies simiilcnicnt de bron/j^ don''. comme l'indicfuent les traces d'oxyde cjui en dessinent les contours sur le marbre.
I. i< L'astre du jour, \)Vri à se ))lonij:i'r d^iiis la mer, frapiiaii ili' si's dcrnii'rs rayon?; les ciildunos (lu lrni|)le de Minerve; il faisait i''tiiici'|('r les Imui Hors des Perses, siis])i'iuliis au IVuuini} du |i(iriii|ui', el semblait auinii'r tiviT la frise li's ailuiiral)li's sculptures de l'iiidias. »
Ciui i;\i luj wn. I.i's Marli/rs.
L'illustre écrivain oublie ([n'ailleurs il a fait les sculptures du Parthi'non cuntenipnraines (rAdriei:; i oublie surtout que la façade du Partliénon où se trouvaient les boucliers est touriu'e ;\ l'est et hum pas au couchant.
1. " Laciiarès, voyant la \ille prise, s'enfuit dans la l)i''(itie; cdinnie il avait empcu-ii' ji's buucliers d'or de l'Acropole, et dépunilli' la slatue de MinecM' de imis le^ urnenieni-- qui pinnaient se di'-tal'iier, on lui sou|icoiina de très-p;i-an(les richesses, et ipielipies haliiiiuiK de Coroui'e le tuèrent pour s'en einparei'. » l'\isv\i\s. AU.l',. \\\.
Ce dernier fait énoncé par ['ansaiiias est une (>rreur; Lacharès surM'cnt au moins (|uiu/e ans à la lirise d'Alliènes.
I3i AT H i: NE S.
Au-dessous des triglyphes, au contraire, se trouvent irrégulièrement disposés une i'ouic de petits trous qui ont dû soutenir dos lettres de métal formant des inscriptions^.
A cette frise, les gouttes sont presque toutes conservées, ainsi que les triglyphes. dont un seul, celui de l'angle sud-est, est endommagé dans sa partie supérieure. Les métopes sont toutes en place, mais dans le plus triste état et à peu près méconnaissables.
A la base du fronton il ne manque que trois blocs et demi ayant formé chacun une mutulo ; les autres sont bien conservés. Quant au rampant du fronton, à peine en reste-t-il l'extrémité nord-est et un seul fragment du rampant de gauche soutenu par de faibles portions du mur de fond du tympan en avant desquelles on voit encore au midi deux têtes de chevaux montant, et au nord une tête de cheval descendant.
En arrière de la façade, le pronaos ou prodromos DD s'élevait sur deux degrés, le premier haut de 0"\30 et profond de 0'",38; le second élevé de 0"',39, servant de stylobate. Des six colonnes qui le décoraient, une seule, celle de l'angle sud-est, est restée debout, conservant une partie de son chapiteau. Des cinq autres, l'avant-dernière à droite n'existe plus et les autres ne conservent que deux ou trois assises. De ce côté, par conséquent, il ne reste aucune trace de la frise. Sur ces colonnes , aussi bien que sur un fragment tombé sur le sol en avant de la façade, il est facile de constater les trous de scellement d'une grille qui fermait jusqu'en haut les entre-colonnements. Ces colonnes paraissent avoir été renversées à l'époque de la transformation du temple en église, aussi bien que la muraille qui séparait le pronaos de la cella.
Du côté septentrional, les degrés du soubassement portent de nombreuses indications de scellements d'e.r-ro/o. Le sol abaissé en avant a mis à découvert les fondations du temple formées de gros blocs de pierre du Pirée.
Voulant rendre accessible le troisième entre-colonnement E, à partir de l'est, au lieu des marches supplémentaires intercalées à clia({ue degré du soubassement comme à la façade orientale, on a creusé une marche
1. Au côté septentrional du temple, on voit aussi sur rarclntrav(\ au-dessous de chaque triglyplie, trois trous disposi's on triangle indiquant l'oxistcnrc de (pichiuc ornement dont il serait impossible aujourd'hui de préciser la nature.
ÉTAT ACTlI-l, DU l'A UTII !•: NoX. I3:i
dans clia(iiie degré. L'exécution grossière de ce travail indique qu'il ne remonte qu'à répo([ue chrétienne. Pour diminuer la besogne, on n'avait pas entaillé la marche jusciu'à la moitié de l'épaisseur du degré, de sorte qu'à chacun des trois degrés la marche inférieure a environ 0"'.30 de hauteur, tandis que l'autre atteint à \)Q\nc 0"', 18.
En haut de cet escalier, sur le stylobate, on voit les traces de scellement d'une grille; de cette circonstance on doit conclure, ce nous semble, que les chrétiens avaient du fermer par un miu" plus ou moins élevé les autres entre -colonncmenls ; car, sans cela, quel eut été l'emploi d'ime porte de cha(iuc côté de laquelle on eût pu passer librement.
Dans l'avant-dernier entre-colonnement, F, près de l'angle nordouest, était une autre entrée latérale de l'église ; mais cette fois l'escalier avait dû être fait par addition de marches intercalées comme à la façade ; le degré supérieur avait seul été entamé de 0"',0o pour former seuil. On y voit encore le trou di pivot d3 la porte qui n'avait c[u'un battant, sans doute de bois très-épais, à en juger par le trou qui n'a pas moins de0'",09 de diamètre. Cette porte n'avait que l'",30 de largeur.
Les trois premières colonnes du nord, à partir de l'angle nord-est, sont restées en place, portant leur architrave et leur frise avec trois métopes mutilées. Viennent ensuite deux colonnes indiquées seulement par leur tambour inférieur, deux colonnes qui ont été rétablies, mais veuves de deux ou trois assises et de leurs chapiteaux. De la huitième colonne, il ne reste que deux boisseaux. La neuvième a été relevée tout entière avec son chapiteau, ainsi (pie la ouziènn»; la dixièuie ne se compose que de cin(| assises; enlin les si\ dernières sont l'cslees en place avec leur architrave et leurs métopes niutilées. De la corniche, il n'existe plus qu'une faible partie à clKupie extrémité du temple, conservant quekiues mutules, et les deux belles tètes de lion (pii terminent les rampants des frontons,
La façade occidentale est la mieu\ con^Tvée dans sa p;ii-li(> snpérienn\ mais les fûts des coloinies poileiit pariniit les trist(\> el ])ri>l(»n(l-^ stigmates des boulets du siège de 18t>(). l ii >eiil «li.ipileaii est à p<'U pivs intact; (juatrc métopes n'existent plus, el les ;iuliv<. ;i I exceptieii d'un cavalier sur la deruière à gauche, smil in<'connaiss;ibles. La corniche est conservée en grande p;ii'ti(>. ainsi (|ne le mm' du tynip.m et
A rilKNKS.
quelques parties du i-anipaiil du IVonlon. z\ii-dessus du second entrecolonnement de gauclie restent les deux figures mutilées que quelques voyageurs ont l)ien voulu |)rendre pour Adrien et Sabine, mais qui, faisant partie de la composition de Phidias, n'ont jamais, comme nous l'avons dit. représenté que Cécrops et sa fille Aglaure,
Façade occidentale du Parthénon.
L'escalier A, grossièrement taillé dans les degrés du soubassement, en avant des quatrième et cinquième entre-colonnements. à partir de l'angle nord-ouest, date de la transformation du Parthénon , époque oii le posticum devint le porche de l'église.
Sur les colonnes de la façade occidentale, M. Pittakis a fait une trèscurieuse découverte^; il y a reconnu du nombreuses inscriptions gravées à la pointe. Parmi elles trois sont latines et appartieimont au \v'' siècle, époque de la domination des ducs d'Athènes; une seule on italien incntioiinc le passage d'une comète; nous en citerons une toute moderne en langue française. Toutes les autres inscriptions sont grecques et remplies d'abréviations -. Pour les dates, prises à partir de la création du monde-"', on a employé les caractères al|)habéli(jucs.