‹ Athènes (volume 3)Chapitre 81 sur 234 · I-llECUTlIÉlON · texte numérisé non relu

I-llECUTlIÉlON

aux travaux de déblayement, la solution était devenue possible; en 1850, il envoya à l'Iiistitut un liaxail de restauration, exécuté avec autant de talent que d'intelligence, et un mémoire explicatif qui a été publié par la Revue archéologii/ue, raiiiiée suivante.

Aujourd'hui la lumière est faite, nous n'avons plus qu'à suivre le plan de M. Tétaz, Pausanias à la main, et nous comprendrons facilement cet édifice sans modèle, comme sans copie, dans ranti(|uité.

L'Krechthéion, à l'ensemble duquel on avait conservé le nom de son premier fondateur, était composé de deux temples distincts *, consacrés l'un à Minerve Poliade^, l'autre à Pandrose-^, qu'en récompense de sa

i. « Cet édifice est double, oIxr,[;.a 5i-),oùv. » Pausanias. .4//. C. XWI.

Souvent, dans rantiquité, un même temple était consacré à plusieurs divinités qui prenaient \r nom de çrûvvatoi ou a-jvof/.iiat, qiù ont un temple commun, vaôç, une demeure commune, oixo;.

SrnAiiO.\. L. VU. — Plitau(jle. Sijmpos. L. I\ .

2. IIo),'.â:, protectrice de la ville. Aristophane et Pindare l'appellent aussi 11o),ïti; et floXioiJyo;.

3. c( Au temple de Minerve est contigu celui de Pandrose, la seule des trois filles de Cécrops qui eût respecté le dépôt confié i)ar la déesse. » Pausanias. Att. C. XWn.

Ce dépôt était une corbeille contenant le jeune Érichthonius ou Krechthée *, qui venait de naître de Vulcain seul ou de Vulcain et de la Terre, et que, par compassion, la déesse voulait faire élever en secret dans son sanctuaire.

« La fille de Jupiter avait enfermé dans une corbeille Érichthonius, fils de la Terre, et mis près

di' lui deux serpents pour le défendre en le confiant à la garde des filles d'Agraule**. »

EuRiPiDi:. [un. se. l"".

Nain tciiipon' quodam

l'ttllas Erirlitlionium, prolem xine matre creatam,

Clauscral Arlœu lexlu de vimine cisla;

Viifjinibuxque tribus, gemino de Cecrope natis,

Ilanc Icijem dedcral, sua ne secrela ridèrent.

Comiiiissa duw sine fraude tuenlur

Pandiusos alquc llerse; timidas vocal mia sorores

Aijluuros, uodosque manu diduiit; al inlus

Infanleinque vident uiljjorrecluni'iue dravoneni.

OviUK. Mrldiii. L. II, V. .")5-2.

(I Jadis, l'.illas avait rcnfenné, dans une corl>eillc tissue avec l'osier do l'Attique, Ûriclitlion, cet enfant ne' sans mère, et l'avait conlié aux trois filles du double Cécrops'", en leur défendant de chercher à pénétrer ce niystùrc... Deux (fentre elles respectent le dépût conljé 4 leurs soins, ce sont Pandroso et Hersé; mais Aglauio raille la timide obi-issiiiice do ses sœurs, et sa main détache les nœuds do la corbeille. Kilo l'ouvre, et leur fait voir un enfant et un serpent couche près de lui. »

Nous avons vu (pu-, suivant Pa\!sanias, Hersé part;igea la curiositi' de sa scinir, et en l'IlVt elle n'eut point part au cullc ninln :i Paiiiiid^r; Pausanias ajoute (L. WIII) (prAiilaure n IIitsi', devenues furieuses, se |)r('(ipitérent du iuiut de l'.\cr()i)oIc; mais ce n'est pas non plus la version d'Ovide, qui raconte (pTA^laure fut cliangi'c en rochrr par .Mercure pour s'être ni)pos(''L' ;\ ses entrevues avec Hersé. {.Métam. L. Il, v. Xl'.l.j

* Erichthonius se trouve en effet dans les autours désigné aussi sous lo nnin d'Ureihthéc ; mais il iin l'.uii p.is p<iiir cela lo confondre avec un autre Hrechthée qui vécut beaucoup plus tard, l.o i)roniier fut lo quatrième roi d'.Vtliènes, succéda à Amphictyon l'an l.'jl.') avant J.-C, et régna jusqu'en l.l.'jlî; lo second, succo-ssour do Pandion l", occupa lo tréne do 1.120 à IKK) avant J.-C.

" I.a femme do Cécrops s'appelait Agraulo ou Aglauro, comme l'uno do ses lillos.

(Jii donnait «etto «'•pithèto à Cécrops, suit parce «(u'il parlait deux langues, .soit parce qu'il commandait à deux peuples, les Kgyptions et les Grecs, .soit parco qu'il institua le m.ariag»!, etc. Aucune do ces cxplicaluins des mots S'?"'!?, getniiiut et bifron», qui se trouvent, dans les auteurs, appliqués à Cécrops, n'est du rosto bien satisfaisante.

discrétion Minerve fit la première prêtresse de son culte, voulant qu'après sa mort on Tassociàt aux honneurs (jui lui étaient décernés à elle-même. Abstraction faite des deux portiques faisant saillie au midi et au nord, l'Érechthéion forme un rectangle long de 20™, 30. large de il'", 2:1. Grâce à Tinégalité du rocher sur le({uel il était construit, ses deux parties, bien que couronnées d'un entablement commun, avaient leurs bases à deux niveaux bien dilférents. A l'est et au sud, les trois gradins hauts de 0"',24 et profonds de 0"',32, qui lui servaient de soubassement, reposaient sur l'esplanade où se dressait aussi le Parthénon. Au nord et à l'ouest, au contraire, le sol se trouvait en contre-bas de 2"', 60, et nous verrons qu'on était obligé de descendre à ce plan inférieur, qui formait l'enceinte de Minerve Poliade*, par un escalier dont les traces sont encore reconnaissables au nord du soubassement du portique oriental.

rlan de rÉreclithoion.

Selon l'usage, le temple dédié à la divinité principale, à Minerve Poliade, avait sa façade A A tournée vers l'orient. A quelque distance en avant devait être un autel a ([ui a entièrement disj)arii. Cet autel était * consacré à Jupiter llypatus - ; on n'y sacrifiait rien (|iii eut eu vie ; on y

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