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Au cours du siège d'Athènes par les Vénitiens une démocratie ébranlée. Athènes n'était plus une communauté unie. 221687; une bombe bien ajustée fait sauter Quelque chose de vital avait disparu. Le peuple doutait de lui-même à tel le Parthénon transformé en poudrière. int ”] : t d - 399 Ten db RS TR oué tétes point qu’il jugea et con ne en av. J.-C. le grand philosophe Socrate, l'intérieur du temple et son minaret que l’on accusé de saper l’État par d’incessantes contestations publiques. La démopeut voir sur cette gravure de l'époque: tous cratie était désormais sur la défensive. Socrate et son disciple Platon, dont deux furent final LE à À na ; NA ARTE PR NE ER l’Académie de philosophie confère à cette époque sa distinction particulière,
Grèce conquit son indépendance au xIx" siècle. Gr < Éu s LE aspiraient à un idéal de gouvernement fondé sur une plus grande autorité et
une hiérarchisation plus poussée.
Peut-être le déclin de la polis athénienne était-il inévitable! La vive lumière de ses idéaux s’éteignit à jamais avec l'échec de la querre du Péloponnèse et, cause plus subtile, sous l’effet d’une tendance insidieuse qui poussait les citoyens à poursuivre des fins individuelles. Cette ère nouvelle apporta au peuple athénien le luxe et les divisions sociales.
Dans l’armée, le mercenaire remplaça le soldat-citoyen. Au temple, la foi tourna au mvysticisme. Dans le domaine de la philosophie, Aristote se montrait plus pratique et moins visionnaire que son maître Platon. En 335 av. J.C, il fonda son fameux Lycée, l’école péripatéticienne, qui substituait l’'empirisme scientifique à la raison abstraite. Deux autres doctrines importantes virent aussi le jour durant cette période: le cynisme et le stoïcisme. Prenant le contre-pied de l'attitude ouverte du vw siècle, ces deux écoles prêchaient l’austérité des mœurs, le respect de certains interdits et même l'effort vers un ascétisme rigoureux.
58/ L'éclat de l’âge d’or
Au milieu du iv: siècle av. J.-C. la population s'était déjà si égoïstement repliée sur elle-même que Démosthène en personne, le roi des orateurs, ne parvint pas à la dresser contre une nouvelle menace venue du nord. Pays jadis arriéré et barbare, la Macédoine était maintenant un État grec riche et belliqueux, sur lequel régnait l’implacable Philippe Il. En 338 av. J.-C, Athènes et Thèbes s’unirent tardivement contre le danger macédonien, mais furent écrasées à la bataille de Chéronée, que l’on a surnommée le cimetière de la polis libre. Cette défaite fit pratiquement d’Athènes le satellite d’un Empire macédonien en pleine expansion.
Deux ans plus tard, Philippe II était assassiné et son fils Alexandre lui succédait. Treize ans après, en 323 av. J.-C., Alexandre le Grand mourait à son tour, ayant conquis la totalité de l’Empire perse. Aussitôt les généraux macédoniens se partagèrent les territoires. Athènes se souleva contre la Macédoine, mais essuva encore une nouvelle défaite. Le coup, cette fois, fut mortel. Pendant des décennies, la cité n’allait plus vivre que de l’habileté de ses négociants et de son rayonnement intellectuel sur le monde occidental, en retard par rapport à elle.
En 146 av. J.-C. les Romains, dont l'empire ne cessait de s'étendre vers l’est depuis soixante-dix ans, supplantèrent les Macédoniens à la tête de la Grèce. Ils pillèrent sauvagement de nombreuses cités grecques, mais respectèrent Athènes. Cette tolérance ne connut qu’une brève exception. En 86 av. J.-C., Athènes ayant commis l’imprudence de s’allier à un roi d'Asie Mineure en querre avec Rome, le vieux général romain Sylla prit la ville d’assaut et laissa ses soldats massacrer de nombreux habitants. Après quoi, pour mettre un terme à la tuerie, il fit l’éloge des Athéniens des temps passés et déclara: «Je pardonne aux vivants en mémoire des morts.»
À son tour, en 49 av. J.-C. Jules César accorda son pardon à la ville, qui avait pris le parti de son rival Pompée. Bien plus, il fit entreprendre la construction de l’Agora romaine, dont les ruines de marbre sont encore visibles, çà et là, dans le quartier de Plaka. De cette époque également date la plus ravissante des reliques romaines: une horloge hydraulique appelée la tour des Vents. En 27 av. J.-C. le premier empereur de Rome, Auguste, acheva l’Agora commencée par son grand-oncle. Désormais, les Romains cultivés — dont les poètes Horace et Ovide — affluèrent dans la cité; elle devint le plus grand centre d’études pour la jeune aristocratie.
En tant que colonie romaine, Athènes connut son apogée sous le règne de l’empereur Hadrien, qui s’y installa de 120 à 128 apr. J.-C. Prenant pour mentor et quide l’historien grec Plutarque, il explora l’Acropole avec vénération et se lança dans une entreprise impossible: il voulut doter de splendeurs comparables à celles de la colline sacrée la plaine qui s’étend à ses pieds. Il repoussa vers l’est les murailles de la ville et construisit une bibliothèque entourée d’une colonnade, un gymnase, un panthéon et un arc de triomphe. Il termina aussi le temple colossal de Zeus Olympien commencé dix siècles plus tôt et resté inachevé; son arc triomphal subsiste, édifice curieusement insipide qui domine les rues grouillantes de voitures; il ne reste du temple de Zeus qu’une quinzaine de colonnes géantes.
Un projet architectural, commandé par le roi Othon peu après son installation sur le trône de Grèce en 1833, prévoyait un palais royal et une gigantesque statue de la déesse Athéna dominant l’Acropole. Pour des raisons financières, semble-t-il, on abandonna ce rêve de transformer le mont sacré en siège de la nouvelle monarchie, et Othon se contenta de bâtir un palais sur la place Syntagma.
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Dans la paix qu’instaura l’Empire romain, Athènes alla lentement vers son déclin. Les Romains avaient pour la cité des sentiments complexes: le mépris du conquérant, mais aussi le respect que commandait sa culture (que Rome, bien entendu, adopta). Néanmoins, elle se vidait lentement de sa substance intellectuelle.
La Paix romaine elle-même n’était pas éternelle. Peu après l’année 250 de notre ère, on reconstruisit les murailles d'Athènes afin de parer à la menace des invasions barbares. En 267, le danger se matérialisa et la cité fut mise à sac par les Goths lors de la poussée vers l’ouest de ces envahisseurs venus des bords de la mer Noire. L'Empire romain craquait de toutes parts. Au début du 1v siècle apr. J.-C. l’empereur Constantin établit le siège de son gouvernement à Byzance, sur le Bosphore, et donna à la nouvelle capitale le nom de Constantinople. Par un processus extrêmement lent, la moitié orientale et la moitié occidentale de l’Empire — qui avaient toutes deux adopté le christianisme comme religion — se disloquèrent et, au w siècle, l’Empire romain d'Occident sombrait dans le raz de marée des nombreuses invasions barbares.
Pendant un autre millénaire, la moitié orientale, qui comprenait la Grèce, se maintint en tant que grand empire chrétien de Byzance. L’an 529 vit la fermeture des écoles de philosophie païenne d'Athènes. L’un après l’autre,
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les grands temples furent convertis en églises et la passion des Grecs pour la philosophie se porta tout entière sur l'élaboration de la doctrine chrétienne au sein des conciles. Mais Constantinople était maintenant la capitale et le pôle d’attraction de la Méditerranée. Athènes paraissait souillée par son passé de paganisme. Elle se vidait et changeait. Elle paya un lourd tribut à la peste. Au vir siècle, des tribus slaves, poussant vers le sud, s’infiltrèrent dans les faubourgs et s’y fixèrent.
La léthargie d'Athènes devait encore durer cinq siècles. Cependant, plus au nord, en Europe, on assistait à la lente apparition d’un christianisme nouveau et agressif, qui allait aboutir à une pénétration massive au Levant: ce furent les croisades contre les Musulmans en Terre sainte. En 1204, au lieu de faire voile vers la Terre sainte, l’armée de la Quatrième croisade, avide de pillage, s’en fut attaquer Byzance, c’est-à-dire Constantinople, qui possédait d’incomparables richesses. Lorsque les croisés se partagèrent les provinces byzantines qu'ils avaient conquises, Athènes échut au seigneur bourguignon Othon de la Roche. La ville fit alors partie du «duché d'Athènes»; elle connut une prospérité relative, et les fastes de la féodalité française avec ses tournois et ses troubadours. En 1311, les Catalans la conquirent et l’administrèrent en rustres pendant soixante-dix-sept ans. Ils furent chassés par une dynastie florentine dont l’autorité plus bienveillante devait s'effondrer à son tour, vers le milieu du xv' siècle, sous la ruée d’une puissance formidable qui surgissait de l’est.
En effet, depuis leur arrivée d'Asie centrale au xur siècle, les Turcs ottomans avaient peu à peu empiété sur les provinces orientales de l’Empire byzantin. En 1453, ils s’'emparèrent de Constantinople et, trois ans plus tard, annexèrent Athènes. Alors, pendant près de trois siècles, la cité s’étiola sous la domination turque. Non seulement le Parthénon fut transformé en mosquée, mais le gouverneur du district s'installa dans les Propylées et logea son harem dans l’Érechthéion. Pour les Grecs comme pour les Turcs, les monuments du passé n'étaient plus que d’énigmatiques fantômes.
Cependant, à la fin du xuur siècle, deux événements commencèrent à faire sentir leurs effets: d’une part, l’appel universel à la liberté que constituait la Révolution française, d’autre part, l’attitude de la Russie qui, étant en conflit avec la Turquie, épousa la cause de la Grèce. Les brigands nationalistes — les klèphtès — se répandirent plus hardiment dans les campagnes. En même temps, une véritable renaissance intellectuelle prit forme parmi les Grecs expatriés dans différents pays européens. Des sociétés révolutionnaires virent le jour et, dès les premières années du xix:' siècle, le philhellénisme, c'est-à-dire l’adhésion à la cause de l'indépendance grecque par amour romantique de la Grèce, avait littéralement pris possession de nombreux poètes et intellectuels européens.
Alors que les Grandes Puissances, y compris la Russie, se montraient réticentes, leurs sujets étaient loin de l'être. «Nous sommes tous Grecs», déclarait le poète anglais Shelley. «Nos lois, notre littérature, notre religion, nos arts, ont leur racine en Grèce. Sans la Grèce, peut-être serions-nous encore des sauvages et des idolâtres... Le Grec moderne est le descendant de ces êtres glorieux que l’imagination se refuse presque à regarder comme nos
«Fille d'Athènes, avant de nous quitter, Rendsmoi, Ô rends-moi mon cœur.» C’est en ces termes que s’exprimait le poète anglais lord Byron, représenté ci-contre en costume grec, après son premier séjour à Athènes en 1809.11 était tombé amoureux de la fille de sa logeuse (ci-dessus), âgée de douze ans. Son ardeur se refroidit, lorsque Mrs. Macri lui offrit Theresa en mariage en échange d’un «menu présent d’or». La passion du poète pour la culture hellénique dura cependant jusqu’à sa mort,en 1824, lors de la guerre d’Indépendance grecque.
congénères, et il a hérité dans une large mesure de leur sensibilité, de leur vivacité d'intelligence, et de leur courage.»
Compatriote de Shelley et poète comme lui, lord Byron fut peut-être, de tous les philhellénistes, celui qui eut le plus d’influence. Ses vers avaient la résonance nostalgique d’un appel de clairon:
Belle Grèce! Mélancolique vestige d’une puissance évanouie, Immortelle bien que disparue, dans ta chute toujours grande! Qui maintenant conduira en avant tes fils dispersés,
Et détruira une longue habitude d’esclavage ?
Ce furent les Grecs eux-mêmes qui déclenchèrent le mouvement. En mars 1821, l’étendard de la révolte se leva dans le Péloponnèse; 15 000 Turcs furent massacrés par les klèphtès et par les paysans. Les Grecs se montraient supérieurs sur mer et résistaient avec acharnement dans les collines. Malgré tout, fidèles en ceci à leur tempérament ancestral, ils étaient perpétuellement divisés. Des volontaires européens, au nombre desquels Byron, accoururent à leur aide. Quatre mois après son arrivée, Byron mourut de la peste dans la lagune assiégée de Missolonghi; sa mort a immortalisé la lutte des Grecs pour l’indépendance.
En 1825, le vice-roi d'Égypte Méhémet Ali, allié des Turcs, débarqua dans le Péloponnèse un corps expéditionnaire de 10 000 Arabes. Au cours des deux années qui suivirent, son fils, Ibrahim Pacha, soumit la péninsule après une lutte farouche qui ne prit fin, en juin 1827, qu'avec la reddition de l’Acropole, défendue par le colonel philhellène français Charles Fabvier.
Les Grecs étaient à bout de souffle; c’est alors que les Grandes Puissances se décidèrent à agir. Le 20 octobre 1827, dans la rade de Navarin, les escadres de la Triple-Alliance — qui groupait la Grande-Bretagne, la France et la Russie — infligèrent une défaite écrasante à la flotte turco-égyptienne. Une seule journée avait suffi pour faire triompher la cause de la Grèce.
Le traité de paix et la détermination des frontières de la Grèce nouvelle donnèrent lieu à des manœuvres politiques longues et compliquées. En outre, il fallait choisir un roi. Une seule chose était certaine: la capitale de la nouvelle nation serait nécessairement «l’illustre cité d'Athènes, la forteresse hantée des dieux», comme l’avait écrit jadis le poète grec Pindare. Athènes était le cordon ombilical qui, à travers deux millénaires d’humiliations et d’incertitudes, reliait le présent à un passé lumineux d’une splendeur presque inimaginable.
Des îlots de paix dans la capitale