‹ AthènesChapitre 3 sur 84 · I. Kcnan. Souvenirs cl'i'iif'ciiue rt Jf jeiiiii'sse · texte numérisé non relu

I. Kcnan. Souvenirs cl'i'iif'ciiue rt Jf jeiiiii'sse

u AVANT-PROPOS

nique, amenant au plus haut degré cV achèvement, d'ampleur et de grâce ce qui n'avait été qu'ébauche à Milet. à Corintlie. à Sicyoïic. à Argos. dans les colonies de Sicile et de Grande Grèce. Elle fut la souveraine morale. la conscience, l'école de tout l'hellénisme et de l'antiquifé latine : elle reste à jamais le modèle si/préme. par le libre épanouissement de la personne humaine et raffinement intellectuel dont elle nous offre l'exemple et la séduction

Jusqu'au XIX' siècle, le rayonnement d'Athènes n'avait continué ses effets sur la culture moderne que par les chefs-d'œuvre écrits. Aujourd'hui l'humanisnw peut s'abreuve/' éi une source non moins pure et non moins inspiratrice, celle de l'art attique. ressuscité et révélé par l'enthousiasme méthodique de l'archéologie. La sensibilité littéraire n'a rien perdu éi cette divulgation : elle en est au contraire affermie et précisée : Phidias nous sert éi illustrer Sophocle.

Ce qu'on va de nos Jours chercher éi Athènes, c'est l'émotion instructive d'une forme de beauté contemplée dans son milieu natal, et le secret de leur harmonie. Le pays, le peuple, la langue, ajoutés aux /mines, s'acco/'dent pour donner ér une telle leçon de choses l'accent de la vie et de la réalité.

Quoi qu'en aient dit certains voyageurs mo/'oses. le charnw d'Athènes s'impose par ce qu'il a d'immédiatemejit communicatif. d'intelligible, de rayonnant. Il v a. ailleurs qu'en G/'èce, des antiquités plus impressionnantes par leur niasse ou leur intégrité. Mais le monde' qu'évoquent les véjiérables monuments de l'Egypte nous semble lointain, mystérieux, plus africain qu'européen, et. pour tout dire, éi demi nèg/'e. La grandeur des ruines de la Ville dite « Eteriulle ». la solitude de la campagne romaine ont un air funèbre : la Rome moderne semble veiller auprès d'un cadavre. Tout un monde disparate s'interpose entre elle et son aînée. Xi la latinité anachronique ni la pompe hiératique de la cour vaticane ne continuent vraiment la Rome impériale.

A Athènes, la /-upture entre le présent et le passé est moins sensible. Entre le monde contemporain et celui d'autrefois, il y a la transition — non pas la prescription — du byjantinisme. L'hellénisme revit aux mêmes lieux une vie qui n'a rien d'artificiel, qui prolonge naturellement celle d'autrefois. Sous f accoutrement

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modcnir il seul, parle, .subtilisr avec Us allures rt le vocabulaire de riielléiiisine eu clilaiiiyde et eu tuuicjtie. Il semble si bien che; lui, si identique en son essence, qu'on lui en veut de paraître déguisé sous son nouveau costume. Mais, sorte:; de la ville, regarde:^ les cauipagnarils eu cape et en f'oustanelle : vous reconnaître:; les chœurs d' \ydy ou (/"(Edipe roi. les paysans de Ménandre.

(,hie r Athènes de notre XX siècle soit encore presque aussi grecque qu'au temps de Démosthène. voilà le phénomène unique de r histoire, la répétition du miracle antique ! Car. d'oii vient ce prodige, sinon de l'imp/'escriptible vitalité de l'idéal « cristallisé en marbre penlélique » qui plane toujours sur la blanche cité d' Atliéna ^

Athéna « pensive ". Relief votif de 450 env. av. J.-C. (Musée de r.\cropole).

l'IiDt» llliumaidh

'aiiorama Je la plaiiii; attique. Vue prise du Nouveau Phalére.

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