L'ACROPOLE. - ].V. PA K T H EX 0.\ . — L' ER ECU T H EIOX
le plus exj)licite sur le Parthrnun, c'est encore, avec Pausanias. le Parthénon lui-même.
Le plan et rordoiiiiûiuc. — Cest à tort que Itjn vante le Parthénon comme le modèle le plus pur du temple dorique Si l'on analyse le plan et l'ordonnance, et qu'on les com]jare au type normal des temples doriques, tel que le représentait alors le temple de Zeus à 01)'mpie, on est frappé des divergences qui font du Parthénon un édifice doritjue très particulier. Il faut le classer pour ainsi dire hors série .
comme un individu à ])art.
chez qui le type spécifique aurait été transfiguré par l'influence d'une autre famille.
La généalogie du l'arlhénon l'affilié à deux traditions différentes qui se fondent et s'équilibrent chez lui en une création mixte, mais non disparate. Il y a là une originalité de nature, indépendante dans une certaine mesure du style personnel de ses auteurs, mais qui pourtant compose et explique pour une tjonne part l'harmonieuse variété de l'ensemble.
En principe, les constructeurs se sont proposé d'édifier
un temple dorique périptère qui rivalisât en s])lendeur et en étendue avec le temple de Zeus terminé dix ans jjIus tôt. Tel était, en effet, le type consacré parla tradition rituelle et architecturale des pays doriques : un plan périptère, avec six colonnes sur les façades, un sécos à trois divisions formant un rectangle très allongé et relativement étroit, séparé de la péristasis par de larges galeries de péristyle ; au centre de ce sécos, une cella très longue comprise entre un pronaos et un opisthodome à deux colonnes //; iiiitis. et divisée elle-même en trois nefs par deux rangées
Pcrisiyle Nord du Parihcnon [direclioii de 1 oucs^ .
de colonnes intérieures. La décoration de Tordre extérieur, très sobre, comportait des sculptures aux frontons, mais pas toujours aux métopes, et, de préférence à celles des façades seulement Cet ordre se répétait, sous le péristyle, sur le couronnement des murs du sécos. où courait la même frise dorique de triglyijhes encadrant des métopes soit lisses soit sculptées, celles-ci de préférence restreintes aux façades du pronaos et de l'opisthodome et sur les retours dangles
Comparé à ce canon du plus pur dorisme péloponnésien, le Parthénon y déroge par les caractéristiques suivantes : i° L'ordonnance extérieure des façades est à huit colonnes au lieu de six, sans que cet élargissement
Le Partliénon. Vue intérieure de la colonn.idc list.
ait pour corollaire rallongement proportionnel des côtés longs : la longueur totale du stylobate (69'", 54} par rapport à la largeur (3o",86i est représentée seulement par 2,2, tandis qu'à Olympie (64'", 12 sur 27"', 69) elle équivaut à 2.32. Donc le plan rectangulaire du Parthénon tend à se rapprocher du carré ; il se distingue plutôt par l'ampleur. Ûr, c'est là une particularité des plans ioniques '. — 2" La décoration sculpturale de la frise dorique extérieure se développe sur les quatre côtés : aucune métope n'est restée lisse. — 3° Le plp.n du sécos est amphiprostyle à six colonnes, et non pas in antis à deux colonnes, comme dans le dispositif dorique. Là aussi, il faut reconnaître un emprunt à la tradition ionique : la suppression des antes favorisait l'éclairage du pronaos et de l'opisthodome. Comme, de ce fait, le rectangle du sécos est fort élargi, il en résulte, malgré la plus grande largeur du stylobate, un rétrécissement des galeries des péristvles par rapport aux parties correspondantes du