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Il n'en allait pa.-^ de même pour le Farlhéncm. Ici le parti architectural apparaît subordonné à une idée de sculpteur. Phidias, plus encore qu'Ictinos, se révèle comme le père direct du Parthénon. Ce qui l'atteste, ce n'est pas seulement l'exceptionnelle profusion de la décoration sculpturale, mais le dispositif intime de la cella. l'organisme profond qui a déterminé les proportions de l'ensemble et qui était lui-même conçu en fonction d'une œuvre de --ta tua ire. l'iduli- iiir\ --l'-l ('• pliant int- .l'A ilit'-iia I )aiis la
Le Parthénon angle Sud-Est
pensée des donateurs qui offrirent à la déesse présente, en effigie, le somptueux pied à terre du Parthénon, l'essentiel n'était pas le temple, mais la statue : ou, plutôt, ils ne les séparaient pas l'un de l'autre, mais ils concevaient que celui-là n'existerait que pour celle-ci, le contenu étant la raison d'être du contenant. Le temple, reliquaire ou érrin de la précieuse idole, devait lui élre adapté de façon à la faire valoir. Aussi furent-ils conçus coxame ujî tout indivisible ; ils réagirent l'un sur l'autre, dans les projets préparatoires où l'on cherchait la meilleure combinaison qui les associât en toute harmonie. I.e sculpteur et l'architecte étudièrent à cet effet les rapports les mieux appropriés, corrigeant l'un j)ar l'autre leurs esquisses jusqu'au parfait accord des proportions de la statue. île la cella et de tout l'édifice.
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On comprend que la bonne exposition de la statue ait, à l'origine, primé les autres préoccupations. Il ne s'agissait pas d'un simple accessoire subordonné à l'arbitraire du constructeur. C'était la déesse ellemême, souv^eraine du lieu, personnifiée par une effigie d'une magnificence vraiment divine, par quoi se manifestaient la perfection de sa propre essence, la ferveur de ses adorateurs et aussi l'idéale précellence de la cité qu'elle incarnait. Phidias seul, auteur de la « Lemnia » et de la « Promachos», était capable de créer le type divin en qui se fixerait l'idéal résumé, à ce moment précis de l'histoire d'Athènes, par le nom d'Athéna. Il a été dit que Périclès se proposait de transférer au Parthénon le xoaiioii en bois de THékatompédon '. Si l'on prétend par là que la cella du Parthénon était destinée à ce xoanon. c'est méconnaître lourdement le sens et la structure même de l'édifice. Le Parthénon et la statue de Phidias sont le produit d'une poussée d'idéal civique et rationaliste tout à fait opposée à l'esprit traditionaliste de la religion de l'Erechtheion. Ce n est certes pas pour abriter un grossier fétiche que Périclès, Phidias et Ictinos, disciples d'Anaxagore. se mirent en frais d imagination. Il faut distinguer entre les idées de Périclès et celles du bon Xicias '.
C'est beaucoup la faute des anciens s'il nous est plus facile d admirer le Parthénon que de le connaître et de le comprendre. Ils se sont extasiés sans s'abaisser à décrire. « Qu'il est beau, le Parthénon ! ;> était une exclamation courante au V siècle avant Jésus-Christ. Les orateurs, y compris Démosthène. l'invoquaient d'un beau geste de tribune : « Voyez ces Propylées, ce Parthénon ! » Plutarque a célébré, en termes ingénieux. « cette rapidité d'exécution faite pour une si longue durée, cette beauté d'une œuvre qui, à peine achevée, sentait déjà l'antique ; cette fraîcheur qui, de nos jours encore, semble ne dater que d'hier, tant y brille à jamais je ne sais quelle fleur de jeunesse qui conserve à travers les âges un aspect original. On dirait qu'il circule dans ces ouvrages un souffle toujours nouveau, une âme qui ne saurait vieillir-. « Mais nous ignorons le rôle exact du Parthénon dans le culte et même l'origine de son nom, si bien qu on a pu lui contester la qualité de temple . C'est seulement grâce aux fragments de comptes et d'inventaires dressés par les trésoriers de la déesse et par les contrôleurs des dépenses sacrées que nous connaissons les noms et la destination de ses principales divisions avec l'emploi d'une partie des sommes qu'il a coûtées. Tout compte fait, le témoin