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I. 11. I.i-chat. /'/liJi.is, p. lou

collective. Chacun se meut avec aisance dans le mouvement général qui l'emporte; chaque groupe garde l'allure de la vie prise sur le vif et l'attitude de son rôle dans la cité : jeunes cavaliers caracolant avec souplesse en un galop d'une vérité saisissante, jeunes filles aux draperies harmo-

Fronion Est du Parthénon : la naissance d'Athéna. D'après les dessins exécutés en 1674 et attribués à Carrey [Paris, Bibliothèque Nationale .

nieuses défilant les yeux baissés, dans un maintien tout de grâce et de modestie, magistrats et prêtres dont la gravité officielle est tempérée par cet air d'aménité, de « philanthropie » qui était le charme de l'âge mûr chez les Athéniens, chars, bêtes de sacrifices, musiciens, hérauts, tous participent à cette vérité suprême qui se dégage des traits essentiels de la réalité ennoblie et fondue dans la plus magnifique des synthèses. Une

Holiûs. Dionysc.s .' IJémeter et Corc. Iris.

Fronton Est du Parthénon. Groupement des morceaux au Musée Britannique [Londres).

Pholo Jlaiisfll.

atmosphère éthérée enveloppe cette foule, animée par le mouvement et le rythme de la fête, sans que le ravonnement intérieur des âmes se reflète sur les visages autrement que par une commune expression de félicité calme et d'inflétrissable jeunesse. Le sentiment de la solidarité et de la perpétuité collective qui survit à l'assemblage éphémère des individus, répand sur ce peuple bienheureux la sérénité élyséenne de l'immortalité. Lc^ métopes. — Le panég3'rique d'Athéna se répercutait sur les

LACROPOLE. — LE PARTIIENOX.

I/ERECIITHEION

Q2 métopes de la frise extérieure'. -Morcelé en plusieurs séries de panneaux isolés, c'était toujours le même thème qui reparaissait sous des sujets différents. Présente ou invisible, la Pallas tutélaire restait l'âme des luttes fabuleuses où elle avait soutenu le courage des héros indigènes.

Fronton Hsl du Fartliénon : la naissance d'Athéna-. D'après les dessins exécuiés en 1674 et attribués à Carrey Paris, Bibliothèque Nationale .

de Thésée surtout, auxiliaire des Lapithes contre les Centaures et vainqueur des Amazones; des combats où elle avait elle-même assuré la victtnre des dieux contre les Géants, celle des (jrecs contre les ïroyens. et sa propre intronisation en compagnie dErichthonios sur l'Acropole. C'étaient là autant de chapitres du cycle héroïque, patrimoine de gloire ancestrale où les orateurs de panég\'ri(iues et d'orai^^nns funèbre^; iip >«f- bi^'^aient

■sa -^

Xiki-. Hestia? Dionù et Apliroditc. Sclcnc.

Fronton Est du Parthénon. Groupement des morceaux au Musée Britannique (Londres

l'Iiolo .Mans.. Il

pas de rechercher les premiers titres de noblesse d'Athènes et de sa déesse

Ces métopes, exécutées isolément par une légion d'exécutants de valeur inégale, ne présentent pas la même unité de style que les reliefs de la frise. On relève, à coté de très Ijeaux morceaux, des pièces d'une

I. Sur ces 92 métopes. 58 seulement ont échappé .1 la destruction; la plupart de celles t[ui sont restées en place sont mutilées et méconnaissables.

Fronton Ouest du Parthénon ; dispute d'Athcna et de Poséidon. D'après les dessins attribués à Carrey (Paris, Bibliothèque Nationale).

facture moins magistrale et des souvenirs d'archaïsme. En général, les attitudes sont habilement combinées de façon à remplir le cadre étroit, sans trop de vides, et à équilibrer les figures.

Les frontons. — Les frontons, au contraire, durent être confiés à

Naissance d'Athcna, réplique du groupe central du fronton Est, d'après le « Putéal « de Madrid,

Télite des disciples de Phidias, pénétrés de son inspiration et de sa manière ; l'ensemble fut exécuté sur les dessins du maître ; peut-être même les figures principales furent-elles modelées, sinon ciselées, de sa main. Ce double frontispice du Parthénon devait exprimer avec une suprême clarté le sens même du monument. Athéna y était glorifiée dans une sorte d'apothéose olympienne. Elle y apparaissait non plus

r.ACROPOLE.

LK PAKTIIKXOX

r.I-RECHTHKION

Fronton Ouest du ParthCnon : dispute d'Athéna et de l'oseidon. D'après les dessins attribués à Carrev (Paris, Bibliothèque Nationale;.

comme la l'olias liîcale de ri-.rcclitheion. mais comme la grande déesse panhellénique, fille de Zeus. dont la poésie homérique avait chanté la gloire. Mais par une habile fusion du culte indigène et de la mA-thologie commune, cette 1 m mortelle descendait des hauteurs célestes où elle trônait parmi les souverains de tout l'univers, pour élire domicile au Parthénon, sur sa terre de prédilection, l'Attique. L'art rendait sensible le lien qui rattachait l'Acropole d'Athènes à l'Olympe panhellénique. Plus il exaltait la grandeur de l'intermédiaire divin entre le monde supérieur et le rocher privilégié, plus il associait celui-ci au prestige de celui-là et le désignait comme une succursale terrestre de l'au delà.

C'est ce dualisme de l'Athéna olj-mpienne et de l'Athéna athénienne qui inspire les sujets des deux frontons.

A TEst, sur la façade principale, la A'aisstiiicc d'Athcna montrait, d'après la description homérique', l'apparition miraculeuse de la jeune déesse jaillie tout armée de la tète de Zeus devant les grands dieux assemblés, prodige bien fait pour mettre en émoi l'Olympe lui même, car cette fille sans mère, directemeiit

Dispute d'Atliéna et de Poséidon, réplique du groupe central du fronton Ouest, d'après un vase de Kertch (Russiel.

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