‹ AthènesChapitre 39 sur 84 · ACROPOLE · texte numérisé non relu

ACROPOLE

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fins acrtJlères de marbre, découpant sur le ciel leurs volutes ajourées'. Le purisme de cette géométrie, triomphe de l'ordre et de l'équilibre, eût paru un peu abstrait, s'il n'eût été vivifié par un monde de figures, réchauffé par les ornements de la polychromie, diversifié par les oppositions de l'ombre et de la lumière. Cette éblouissante apparition, ciselée dans la matière cristalline du sol attique, était elle-même le plus pur produit de la raison attique et le manifeste él()((uent de l'idéalisme.

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.V ])artir de 437. la splendeur du Parthénon faisait cruellement ressortir la vétusté mesquine et délabrée de l'Uékatompédon. Celui-ci j)()urtanl ne ])i>uvaiL disparaître tant que la vieille idole tl'Alhéna Polias ne serait pas assurée dun refuge. Il fallait pour cela que l'ancien Erechtheion, détruit par les Perses, fût relevé de ses ruines. Cette restauratioi faisait partie du programme de Périclè- .\près l'offrande des temps nouveaux, que représentait le Parthénon, Périclès se pro posait de rendre hommage au culte traditionnel et toujours vénéré de ce vieu.x coin de l'Acropole, berceau de la religion athénienne. Il rêvait sans aucun doute d'offrir aux reliques sacrées un aljri digne d'elles et de l'Acropole rajeunie. .Mais il mourut en 4J9 sans avoir jiu donner suite à ce projet, soit à cause de la résistance du parti conservateur et sacerdotal, soit à cause de la guerre du Péloponnèse. Ce n est que huit ans après, à la faveur de la trêve de 421, conclue par Xicias. qu'Athènes put engager de nouvelles dépenses somptuaires. La détente éphémère qui précéda la désastreuse expédition de Sicile lui permit de refaire ses forces, sous l'administration du pieux et prudent Xicias. Comme autrefois Cimon, îsiicias s'était rendu populaire par son bonheur à la guerre et par ses libéralités. Ancien ami et collègue de Péri-

I . r.;i reconstitution Jcs acrotères à motifs végétaux Ju Farthénrui est une docouvi.Tte récente de Praschnikcr ( V\7i-;;. Jaliresliffle, XIM, igni. p. S-.^' Cf. ?L Lechat, .ff.T. ./t-,s Etudes ciiiciciiiies, 1911, p. 138-142).

.■\crolcre de milieu du Parthénon (D"après Praschniker) .

clés, s'il nen avait ni la hardiesse ni Tenvergure, il dédommageait du moins les Athéniens de la grossièreté démagogique de Cléon. Un renouveau d'atticisme refleurit à Athènes sous l'influence de cet homme riche et de bon goût, dont la piété se prodiguait en manifestations fastueuses. Il avait off^ert à Athéna, sur 1 Acropole, une statue dorée, ^lieux qu'à Périclès, il appartenait à la dévotion traditionaliste de Xicias de faire accepter à la coterie sacerdotale de TErechtlieion la restauration du sanctuaire. Rien ne fut épargné pour que cette oeuvre fit honneur à l'Acropole.

L'Erechtheion (face Est et côté Sud).

Mais l'atticisme du temps de Xicias n'était déjà plus celui de Périclès et de Phidias. Le contraste éclatait entre les caractères et les goûts de ces deux générations. L'armature morale de la cité se relâchait sous les secousses d'une guerre malheureuse. Athènes se fatiguait du sublime et sentait qu'elle ne pouvait plus aller au delà. Il y a une limite au renoncement que la sensibilité et l'instinct s'imposent au profit de l'idéalisme Les éléments anarchiques, que Platon appelle la « partie appétitive » de l'âme, prennent leur revanche contre la tension d'un enthousiasme que ne justifient plus des circonstances exceptionnelles. Chacun se relâche selon son tempérament. Cléon proteste par son débraillé contre les airs olympiens de Périclès; le digne Xicias n'est plus qu'un stratège timoré, parah'sé par la peur du peuple et des dieux ; Alcibiade personnifie cette fin de

LACROPOr.

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siècle où la mâle élégance de ratticisme s'énerve en raffinements équivoques. L'art des disciples de Phidias et d'Ictinos incline vers un stvle plus fleuri et plus féminin. L'architecture, comme la sculpture, évolue vers la grâce.

L'ordre ionique, avec ses sveltes colonnes, ses volutes et tous les atours de sa décoration, supplante l'ordre dorique, à qui il avait déjà, au Parthénon et aux Propylées , prêté le concours discret de son charme et de son aisance.

Aussi bien, un sens exquis de l'harmonie incitait les architectes

à essaj'er sur l'Acropole quelques variations. La réussite grandiose du Parthénon défiait la répétition. Plutôt qu'une redite, on attendait une note complémentaire, en accord avec cette dominante. D'ailleurs, un style

plus riche convenait à l'Erechtheion, reliquaire des « signes divins » et du vieux xoanon. Plus les reliques sont informes, plus la piété veut pour elles une châsse précieuse et ornée.

La tache du constructeur était ici plus complexe qu'au Parthénon et même qu'aux Prop^iées II fallait loger sous le même toit, sans changer leur place rituelle, tout un chaos de souvenirs hétéroclites : le xoanon d'Athéna Polias. le serpent sacré, la mer Erechthéis, les marques du trident, l'olivier sacré, le tombeau de Cécrops. Il fallait englober et ramener à l'unité architecturale plusieurs sanctuaires contigus, situés à des niveaux tlifférents : la cella d'Athéna Polias, celle de Poseidon-Erechthée. le

Plan et projet primitit de l'Erechtheion.

<lu G. FoiiKcrcs, Grèct. Collection des Guida Jo, Hachette et C'». cditcursl.

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