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L'ACROPOLE

LH PARTHEXON. - L'ÉR ECH T H EIOX

inscriptions, on peut en expliquer les divisions. A Test, il y avait la cella d'Atliénii Polias : puis, à l'ouest, séparée d'elle par un mur plein, celle de Poséidon Erechthée, située à deux mètres en contre-bas, mais sans que le plafond en fût pour cela abaissé. Sous le dallage de cette cella, une

Erechtlieion J'ortique N'ord) .

crypte servait de cage au serpent Erichthonios. Une troisième salle, ouverte sur la précédente, formait vestibule et recouvrait la citerne sacrée ou mer Erechthéis. Un porche ionique, au nord de ce vestibule, servait de pronaos au sanctuaire d'Krechthée et abritait les trous creusés dans le roc par le trident de Poséidon ; au-dessus de ces marques, le plafond était percé d'un lucernaire. comme au-dessus des lieux frappés par la foudre. Le porche communiquait aussi par une porte latérale avec

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l'enclos à ciel ouvert du Pandroseion, où verdissait 1 olivier sacré. Enfin, au sud du vestibule, un autre porche soutenu par des Carvatides cachait un escalier débouchant sur la Voie sacrée et recouvrait une partie du Cécropion ou tombeau de Cécrops

L'ingéniosité de l'auteur inconnu de cette combinaison avait réussi à pallier les différences du niveau en longueur et en largeur : car le même toit courait, d'une seule venue, d'un bout à l'autre de l'édifice. C'est en regardant \a tranche ouest du bâtiment qu'on se rend compte des subterfuges qui lui donnent une apparence d'unité. Là, l'abaissement du sol a obligé d'exhausser la colonnade de façade sur un mur formant socle, afin de maintenir le fronton à la même hauteur que celui de l'Est'. D'autre part, le relèvement du roc sous le mur sud explique qu'on n'ait pu, de ce côté, appliquer à un mur moins haut un portique à colonnes et à fronton aussi élevé que celui du côté nord : d'où le parti du portique bas en forme de dais, à plafond horizontal porté par des Car3^atides '.

.Mais ces habiletés cachées de la construction ne font pas tout le mérite de l'Erechtheion. Il en a d autres plus apparents. Le prodige fut de tirer de ces difficultés non seulement un édifice logique, mais un chef-d'œuvre de grâce et de souplesse, et de tourner en originalité des complications inévitables. L'insigne séduction de l'Erechtheion lui vient de sa délicate parure d'ornements ioniques, de la finesse de ses proportions et de la variété de ses trois portiques, dont chacun offre des attraits qui lui sont propres. Partout la décoration ionique déploie ses atours, mais avec une élégance et une mesure bien attiques, une fleur de bon goût qui donne un charme exquis à sa richesse. Il y a une distinction quasi féminine dans ces sveltes colonnes du portique oriental et du portique Nord. Légèrement dressées sur les fines moulures de leur plinthe ciselée, elles fusent d'un jet comme un péplos aux plis menus jusqu'à la collerette brodée de palmettes, parée d'un collier d'oves et d'entrelacs, et couronnée comme dune coiffure par la double inflexion des volutes. La même broderie frange la base et la crête des murs, blancs comme une draperie. Audessus de l'architrave à trois bandeaux courait une frise en marbre bleu d'Eleusis. Sur ce fond sombre se détachaient en appliques des figures de marbre blanc, représentant, autant qu'on en peut juger par leurs

I. Voy. p. 98. La façade postiche actuelle, avec ses fenêtres et ses cloisons entre colonnes, est un remaniement de l'époque romaine. Primitivement, les entrecolonnements dégagés formaient trois grandes baies grillagées d'un treillis en bois.

2 A vrai dire, cet exhaussement de la base du mur sud est dû en grande partie à la présence des hautes substructions du stylobale de l'Hékatompédon périptère, qui servirent de stéréobate au mur de l'Erechtheion et au portique des Caryatides.

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