‹ AthènesChapitre 56 sur 84 · I.A \ILLE BASSE · texte numérisé non relu

I.A \ILLE BASSE

roc et composé de trois pièces, avec un vestibule en appentis. A l'époque romaine' on en fit un caveau funéraire. II en est de même de son voisin, désigné à tort comme le Tombeau de Ciinon.

Les restes d"un coin du quartier de Mêlité se voient au fond du ravin qui sépare ce massif de celui de l'Aréopage et de l'Acropole. Ce couloir de communication entre l'agora du Céramique et les quartiers du sud de l'Acropole était parcouru par la rue de Kollytos, comme il l'est aujourd'hui par le Boulevard de l'Apôtre Paul ; plusieurs ruelles s'embranchaient de chaque côté sur la rue principale, délimitant des îlots de maisons et de sanctuaires remaniés au cours des siècles. La grande rue, dal-

La tribune de la Pnvx.

lée par endroits, est pourvue d'un égout elliptique On distingue à leur socle de pierres polj'gonales les maisons du V et du iV siècle; les murs supérieurs étaient en brique crue ou en moellons. Sur le socle d'un immeuble, deux inscriptions attestent qu'il était grevé d'hj'pothèques. 11 y a là aussi le local d'un cercle ou Lescliè avec son petit sanctuaire et son autel, un sanctuaire du héros guérisseur Am^nos, un autre que Dœrpfeld attribuait à Dionysos Limnaios, et qu'on propose de restituer à Iléraklès de Mélité ; enfin le local d'une confrérie dionysiaque de basse époque, les lobacchoi Mais les mêmes fouilles de l'Institut allemand paraissent avoir fixé un point important de la topographie athénienne. Elles ont, en effet, révélé à la base du versant de la Pnyx, en face de l'Amyneion, la présence d'un ancien caveau de source, taillé dans le rocher et jadis alimenté par un aqueduc souterrain très ancien. Dœrpfeld reconnaît dans cet aménagement l'aqueduc de Pisistrate et le réservoir de la fontaine Ennêncroiinos. La margelle monumentale aux neuf

bouclies. construite par les T3'rans, aurait occupé une petite place en contre-bas du réservoir. Cette position de l'Ennéacrounos-Kallirrhoé ne cadre pas avec l'ordre du texte de Thucydide cité plus haut ; en revanche, elle concorde mieux avec celui de la description de Pausanias'. D'après Thucydide, on cherchait l'Ennéacrounos au sud-est dans le voisinage de rOlympieion et on la retrouvait dans la Kallirrhoé de l'Ilissos". D'après Pausanias, c'est plutôt sur le chemin de l'Agora vers le quartier sudouest de l'Acropole, en bas de l'Eleusinion, qu'on la rencontrait. Malheureusement. l'Eleusinion reste encore à trouver dans ces parages.

En face de la Pnyx, le rocher de l'Aréopage allonge vers l'Acropole sa carapace grisâtre, aux rebords abrupts, crevassés et troués de cavernes. Son nom (Areios Pagos) signifie la butte d'Ares, le dieu de la guerre, du meurtre et du duel judiciaire, à qui elle était consacrée ; les Furies ou Erin\-es, appelées par euphémisme les Euménides (Bienveillantes) et les Semnai (Vénérables) y possédaient aussi un sanctuaire, logé dans une profonde crevasse au pied de l'escarpement nord-est du rocher. Ares et les Erin3^es présidaient aux vendettas que le droit primitif tolérait, en vertu de la loi du talion, pour l'expiation des homicides Un premier progrès fut accompli par l'institution du duel judiciaire, qui réglait et limitait l'arbitraire des représailles en les soumettant au contrôle du roi et de son Conseil. Enfin, ce duel fui remplacé par un procès criminel. dont la sanction était pécuniaire Ce procès se jugeait sur la butte d'Ares ; le Conseil royal, investi de cette juridiction criminelle, prit le nom de Conseil de l'Aréopage ; mais, comme corps politique et administratif, chargé de la surveillance de la Constitution, il tenait ses audiences ordinaires au Portique Royal, près de l'Agora'. Eschyle a célébré l'institution humanitaire de ce tribunal fondé, dit-il, par Athéna pour apaiser le courroux des Erinyes. vengeresses du sang versé'. Les deux adversaires se tenaient sur le rocher face à face, chacun sur une pierre sacrée, l'accusateur sur celle du Ressentiment, l'accusé sur celle de l'Outrage. On

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