‹ AthènesChapitre 55 sur 84 · I.A \ ILLF. BASSE · texte numérisé non relu

I.A \ ILLF. BASSE

en arc de cercle'. L'appareil en gros blocs trapézoïdaux à décrochement paraissait pouvoir remonter à la fin du vr siècle, à l'époque où Clisthène institua Vecclésia ou assemblée du peuple, organe souverain de la démocratie. La pente du rocher était rachetée par un remblai ([ue maintenait cette maçonnerie. Au sudest, l'hémicycle se termine par une coupe du rocher, taillé à vif, suivant un angle obtus. Au sommet de cet angle, dans l'axe de l'hémicycle, se détache une plate-forme rectangulaire, taillée d'une seule pièce dans une saillie du roc.

On y distingue une estrade à trois degrés, large de g'". 30. au fond de laquelle se dresse un tlé de roc, haut de i"',30 sur un front de 3'". 30, flanqué de deux petits escaliers latéraux et bordé d'une banquette et de petits sièges. Tout ce dispositif paraissait bien convenir à la fameuse tribune aux Jiarangues, ou héina, du temps d'Aristide, de Périclès et de Cléon.

On se figurait les orateurs parlant sur l'estrade, d'où ils pouvaient montrer les Propylées et le Parthénon -. devant les scribes assis sur la banquette et les sièges, contre le dé où l'on reconnaissait l'autel de Zeus Agoraios, affecté au service religieux par où préludait chaque séance. Enfin, en arrière et en haut de cette tribune, de chaque

I Voy. le pKin. p. 15.

.;. Voy. p. 129.

Mommieiil Je Pliilopappos.

côté, deux loges à gradins taillées dans le roc. semblaient convenir à la loge présidentielle du bureau ou procdria. et à celle des Prvtanes. représentants du Sénat ()n alléguait aussi des bornes trouvées là et portant le nom de la Pnyx. (Jn calculait que le local pouvait contenir 18.000 auditeurs accroupis sans banquettes, à même le sol, comme cela résulte du texte d'Aristophane '.

Des fouilles récentes remettent tout en question. On a retrouvé, à l'intérieur du soutènement, un deuxième mur concentriciue plus ancien. Il résulterait des débris de vases exhumés du remljlai intermédiaire qu'aucun de ces deux murs ne remonterait au delà du \"- siècle avant Jésus-Christ et que le second pourrait j)lutôt être attribué au IT siècle v Mais alors, on ne sait où chercher le local de la Pnyx ni comment expliquer la destination de cette vaste terrasse.

Sur le plateau supérieur, une autre terrasse plus petite, pourvue d'un autel, représente peut-être le Tliesmophor/on où les femmes célébraient les fêtes de Démêter Thesmophoros. La colline, dite aujourd'hui des Nyiiip/irs. et sur laquelle se dresse l'Observ-atoire, porte aussi une autre installation du même genre, peut-être un lieu de réunion pour une assemblée de tribu. En bas du versant nord de cette colline, se creuse le ravin macabre du Barathroii, où l'on ]irécipitait vivants certains condamnés à mort ainsi que les corps de ceux qui avaient été exécutés en prison.

Une autre particularité curieuse de tout ce massif enfermé entre les Longs-Murs, en dehors du segment de l'enceinte construit par Cléon, ce sont les restes d'habitations du faubourg de Koilé le Creux). Comme le terrain n'était pas cher, il se forma là, au \° siècle, dans ce réduit protégé de tous côtés par les remparts, une véritable ruche populaire. Les logis, exigus comme des alvéoles, étaient tantôt creusés dans la masse du roc, à la façon des repaires de Troglodytes, tantôt adossés aux parois du roc entaillé à pic. ou bien assis sur de petites terrasses nivelées à même le roc. Partout, la colline parait entaillée d'escaliers, de pistes à ornières, de caniveaux, perforée de niches, de citernes en forme de silos. Le menu peuple, expert au travail delà roche, s'était aménagé là, à la sueur de ses bras, d'économiciues tanières. L'un de ces logis rupestres est devenu célèbre grâce à l'imagination des ciceroni c[ui l'ont baptisé la Prison de Socratc\ C'était, en réalité, un appartement creusé dans le

1. Voy. Daremberg et Saglin. Z)/i7. des aiitiquit,-s, articles Ekklesia et Pnyx.

2. Kourouniotis. npa/.Ti/.i de la Société archéologique. iQm, p. 127-130.

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