ATHKXES
l'État, est par la sobriété de Tordonnance et l'iiarmonie des proijortions. le plus satisfaisant de ces pastiches archéologiques : la colonnade du portique se détachant sur le fond rouge du mur peint à fresques est d'un bel eftet p. 162'. A l'Académie p. 171". l'architecte s'est inspiré du style de lErechtheion : l'ensemble est riche; la pohxhromie et la dorure y rehaussent la pâleur du marbre: mais le plan manque d'harmonie: deux malencontreuses colonnes, surmontées de statues d'Apollon et d'Athéna. sont plantées devant la façade comme d'énormes chandeliers.
L'Olympieion. le Mont ArJettos et l'H\ mette, vus de l'Acropole.
Un peu plus loin, un Hôpital ophtalmologique p. 170^ offre un pastiche byzantin d'un goût délicat, et la maison d'Henri Schliemann, baptisée par lui « Palais d'Ilion ». s'orne d'une belle loggia ionique dans le goût italien. Au delà commence la Néapolis, la ville toute neuve du Lycabette. UÈcole française, fondée en 1846, fut installée là, en 1874, sur ce versant alors désert, au milieu des pins '. Au sud du Lycabette, dont la pointe dessine une silhouette de rocher en tète de gTcnouille. s'étend le quartier de la cour et des légations. .\ l'est de la belle place de la Constitution (Synfagina . bordée de grands hôtels, le Palais Royal [Aiiactora), construit de 1834 à 1838 pour le roi Othon, étale son énormité
I. \'o}-. p. 172 — G. Radet. L'histoire et l'œuvre de l'Ecole française d'Athènes.
l.A VILLE MÔDEKN K 175
massive et cubique de (;aserne bav'aroise. Son plus liel orncmenl est sans contredit la troupe pimpante des efzôiics. en costume albanais, qui monte la garde sous son portique d'entrée.
Comme au temps dlladrien. le quartier de ])laisancese développe dans la direction de l'Est et du Sud. Les avenues de Képhisia et de la reine Amélie, plantées de poivriers du Japon, s'ornent de luxueux hôtels de style itaUj-grec, très blancs, très marmoréens, avec des colonnes ioniques se
détachant sur le fond rougedes loggias. Mais l'enchantement de cette région, c'est le Jardin roN'al, créé par la reine Amélie, délicieux refuge d'ombre, où les rossignols chantent dans les allées touffues, que prolongent de lumineuses échappées sur l'Oh-mpieion, l'IIymette, l'Acropole.
Sur l'esplanade qui descend tlu Zappcion. demi-rotonde construite par /ap])as comme palais d'exposition, vers l'Ohinpieion et l'ilissos, un jardin public remplace le désert d'autrefois 'p. i j8 . Peut-être ces gentillesses bocagères risquent-elles de nuire un jour à la grandeur naturelle de cette vaste perspective dont la beauté est faite de plein air, d'espaces dégagés, de nobles contours et de teintes ocrées, l.a verdure, en Ailique. n'est pas un ornement qui convienne partout.
C'est aussi de ce côté que s'étend le grand cimetière L'art funéraire s'y inspire abondamment de celui du Céramique : ce ne sont que stèles à palmettes, édicules à frontons, dus à la virtuosité des marbriers italiens. Mais, plus encore que dans ces pastiches, c'est dans les rites funèbres que revit la tradition antique La pompe des enterrements à visage découvert rappelle les scènes d'ccpliora des lécvthes attiques. A certains anniversaires funèbres et pendant le « samedi des âmes » Psvchosabbaton], les parents, surtout les femmes, apportent aux morts la manne apaisante des Kollyba. Ce sont des grains de grenade et de blé bouilli, des amandes coupées en deux, des bonbons, le tout saupoudré de sucre et disposé en croix sur une assiette ou un plateau. Souvent, ces friandises dessinent les initiales du défunt. Eschyle ne reconnaîtrait-il pas dans ces offrandes au tombeau les rites propitiatoires de ses Chocpliorcs et la foi païenne en une survie souterraine oii le défunt souffre de la faim et de la soif, s'irrite de l'abandon et veut être calmé par des douceurs ?
1'liut.j Ul.'Ulècruuadkn
I^Iusée National, au pied de l'Anchesmos et du Lj-cabette.