MUSÉE NATIONAL
L'art du V' siècle est représenté par le noble bas-relief d'Eleusis (Déméter remettant à Triptolème la première glane de blé en présence de Perséphone), œuvre d'un profond sentiment religieux, d'un art délicat et mesuré, d'une gravité encore teintée d'un léger archaïsme dorien (p. i8o). Une belle tète d'IIéra, de l'Héraion d'.Vrgos, rajjpelle la manière de Polyclète.
L'art expressif, pathétique ou \()luptueux, des maîtres, du IV siècle se reconnaît : celui de Praxitèle dans l'exquise tète à' Huboiiliiis. jugée
Muses de Mantinée Musée Nationar
digne du ciseau du maître, ilans les bcis-rclirfs priixitèliciis de Mantinée (Apollon, Marsyas et les .^luses) ; celui de Skopas, dans les têtes mélancoliques rapportées du temple d'Athéna Aléa, à Tégée, et dans une langoureuse tète d'Aphrodite ; celui de Timothéos dans les sculptures gracieuses et vivantes du temple d'Asklépios à Kpidaure {Néréides. Victoires, Ainu^ones]. On trouve un reflet de Phidias dans la Théniis de Rbamnonte par Chairestratos de Khamnonte, le réalisme de Lysippe dans une tcle en bronze de pugiliste, découverte à Olympie ; l'élégance d'Iîuphranor dans un beau bronze retiré du fond de la mer. avec toute une cargaison de statues, près de Cérigotto .p. 202).
I.c solennel !\\seitlo)i de .Milo. le Gciiilois de Délos, V Aphrodite d'Iipidaure, les sculptures du temple de Despoina, à LAXOsoura, par
Damophon de Messène, les danseuses du théâtre de Dionysos, représentent la meilleure contribution de l'art hellénistique, du III" au l*"' siècle avant Jésus-Christ. L'art gréco romain offre une série originale de portraits très vivants et très modernes de cosmèfes, directeurs du collège
des éphèbes athéniens.
-^Iais il ne faut omettre ni les reliefs funéraires, souvent si touchants, ni les reliefs votifs, si curieux pour l'histoire des cultes, surtout de celui d'.^sklépios. ni les vases peints, mine inépuisable de renseignements sur la mythologie, le costume, la vie privée, les rites funéraires, et aussi source infinie de jouissances pour quiconque est sensible à la pureté impeccable du dessin au trait et à l'ingénieuse vérité d'un art prodigieusement habile à saisir la nature sur le vif. A cet égard, rien n'égale le charme des léc3-thes à fond blanc d'Erétrie. Grâce à ces menus chefsd'a-uvre. nous pouvons entrevoir quelque chose du style et des procédés de la grande peinture.
Enfin, tout le peuple innombrable
des figurines de terre cuite, de Tana-
gra , de l'Attique, d'Asie-Mineure,
etc., achève de ressusciter la vision
de ce monde hellénique, tantôt grave
et élégant, parfois ironique jusqu'au
grotesque, de préférence aimable et gracieux, mais sans fadeur ni
monotonie, en somme aussi complexe que la vie même dont toutes les
attitudes ont intéressé les artistes grecs.
Verascopc nicliard.
Le Poséidon de Mélos Musée National^
Eleusis. Sanctu.iirL- des Grandes Déesses.