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CHAPITRE XIV

Un ne t^'oùle le churmc dWilièncs que si Ion se ])énètre aussi du charme de EiVttique. Il faut exjjlorer ses «jurandes plaines et respirer l'arôme subtil de ses montagnes. Comme on retrouve à l'Agora Eatmosphère et les tj'pes de la vie citadine d'après Aristophane, tout le lyrisme pittoresque d'Aristophane, de Sophocle et d'Euripide est épars dans la nature attique ; les paysans d'aujourd hui évoquent trait pour trait les rustres des anciens dèmes.

Les Athéniens aimaient avec passion la ramijagne Ils se plaisaient à 3' vivre ; ils l'avaient peuplée et ornée avec autant d amour que la capitale. Tite-Live ' énumère tout ce qui faisait la parure de la banlieue d'Athènes. C'était d'abord les nécropoles et leurs stèles innombrables, puis la ceinture des gymnases suburbains entourés de parcs aux avenues ombreuses, le T^ycée. le Kynosarges, l'Académie. Plus loin, par tout le

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territoire, on rencontrait les sanctuaires des dèmes, édicules abritant les très vieilles idoles des dieux rustiques dont les noms et les attributs bizarres mettaient en défaut l'érudition de Pausanias. enclos d'arbres divins, autels, bosquets et antres sacrés, tous peuplés de marbres et de chefs-d'œuvre. Ce sont d'humbles chapelles à la robe de chaux qui (jnt remplacé les temples de jadis; mais il subsiste maint souvenir de la vie et des choses d'autrefois dans les réalités d'aujourd'hui.

On retrouve aux portes d'Athènes la butte de Colone et les oliviers millénaires où le rossignol, célébré par Sophocle, accompagnait sous le

Colone. [.\ droite, stèles de Cli. Lenormant et d'Otfried Mùller.

lierre le murmure des eaux du Céphise '. La route poudreuse du Pirée bruit toujours du concert des cigales cachées dans les platanes. On suit de la porte Dipyle à Eleusis, les ornières de la Voie sacrée à travers le défilé de l'^galéos (p. 195). On reconnaît les étapes du cortège des initiés, la place du Figuier sacré, don de Déméter à Phytalos,le pont du Céphise où s'échangeaient les géphyrisnirs ou facéties du pont. Puis. dans la paix du ravin m^^stique, entre les versants rocailleux parsemés de pins à la chevelure éclatante, on s'arrête au couvent de Daphni, dont le nom rappelle le bois de lauriers qui encadrait là un temple d'Apollon. Du monastère byzantin, transmis aux Cisterciens par Othon de la Roche qui en fit, au début du xiii" siècle, le Saint-Denis des Ducs d'Athènes, il subsiste une enceinte et une admirable église du

1. Sophocle. Œdipe à Colone, v. 667. — Cf. Euripide. Médèe, v. 831.

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