‹ AthènesChapitre 78 sur 84 · I. Sophocle. .l/'i7.v. V. 1207. — Cf. la gr.wure. p · texte numérisé non relu

I. Sophocle. .l/'i7.v. V. 1207. — Cf. la gr.wure. p

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et c'est le sourire encourageant de l'antiquité qu'elle revoit dans le miroir de son golfe. Le Pirée actuel semble un décalque de celui d'IIippodamos, avec le réseau de ses rues parallèles recoupées à angles droits. Le port des caïques, amarrés au quai de l'ancien Emporion, ne doit guère différer de ce qu'il était jadis. Les matelots levantins }' parlent un sabir cosmopolite comme la tourbe des marins d'autrefois, quand l'Ionie. la Carie, la Phénicie, l'Egypte et Carthage y mêlaient leurs dialectes. A la place même où s'alignaient les trières du quai militaire, ce sont les cuirassés et les

Décélie. Domaine ro\'al de Tatoï.

croiseurs étrangers qui sont ancrés, à l'abri des mêmes môles qu'autrefois, en face du tombeau de Thémistocle (p. 191). Les fortifications de Thémistocle refaites par Conon dessinent encore leur enceinte sur la corniche sinueuse de l'Akté ; les bassins de Zéa et de 3lounichie ont gardé leurs môles et leurs garages de trières. Enfin la plage du Phalère, où les Athéniens, procédaient à l'ablution lustrale de la statue d'Athéna Polias, où les mystes aussi prenaient leur bain sacré, est le théâtre d'un rite plus moderne, la baignade estivale de la société élégante (p. 5).

A Salamine, vous revoyez les ruines de la ville et l'anse où s'étaient embossés les na\ires de Thémistocle ; un peu plus loin, vous apercevez une autre flotte à l'ancre devant « l'ile glorieuse, battue par les flots.

lieureuse et illustre à jamais » (Sophocle, Ajax, v. 576). C'est celle des torpilleurs et des croiseurs de la jeune Grèce. Un arsenal moderne à Salamine ! Quelle autre marine peut encore s'abriter sous le patronage dun tel nom, d'un tel exemple?

Enfin, abordez à Egine, l'île d'Eaque conquise par Périclès en 455. Vous y retrouverez les restes de son double port, qui rendait Athènes jalouse, avec ses môles et ses bassins aussi savamment aménagés que ceux de Carthage, puis le temple d'Aphrodite et les curieuses maisons préhistoriques où les morts étaient enterrés dans les murs et sous le pavement des chambres. De la cime du Saint-Elie, ombilic du golfe Saronique, l'œil embrasse le panorama circulaire des C3'clades, de l'xVttique, de la Mégaride, de l'Argolide. Quel cadre de gloire et de beauté resplendit autour de ce lac bleu, sur cet amphithéâtre de grands noms : Sounion, ^Vlhènes, l'Acropole, le Pirée, Salamine, Eleusis, Mégare, Corinthe, Epidaure, Trézène, Calaurie, et, dans le lointain, le Parnasse. l'Hélicon, le Cithéron, le Cyllène !

Mais Egine a sa gloire propre : le beau temple de la déesse éginète Aphaia, superbement posé sur la pointe qui fait face à l'Attique. Il fut édifié par les Eginètes après 480, pour commémorer, en vue d'Athènes, les exploits de leurs marins à Salamine. Dressée sur une terrasse, dans un cadre de rocs grisâtres, de pins et de lentisques, entre une double baie de saphir, la colonnade grise, aux lignes fermes, complète l'harmonie noble et amortie d'un décor qui semble une fresque classique, (■(inij^osée par Puvis de Chavannes ou René Ménard.

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Egine. Temple d'.Aphaia.

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