Alcuni bassi-rilievi délia Grecia. In-f". Roma
TEMPLE DE THÉSÉE
fort relief que celle du Parthénon. Les figures, au nombre de trente, ont jusqu'à 0"',12 de saillie, et quelques membres étaient même détachés du fond, ce qui est en partie cause de l'état de dégradation de ces sculptures. La composition est divisée en trois parties inégales par deux groupes de divinités assises sur des rochers. Vers le côté sud sont Jupiter, Junon et Minerve; vers le centre est une déesse entre deux divinités masculines. Derrière la dernière est un héros dont la chlamyde voltige au gré des vents; il tient dans ses mains un rocher qu'il se prépare à lancer contre son adversaire. Le bras droit de celui-ci étant brisé, on ne peut voir comment il était armé; de la main gauche il s'efforce de repousser le coup qui le menace. Plus loin on voit un autre personnage, également aux prises avec un ennemi armé d'une pie'rre dans chaque main. Une cinquième figure est étendue morte à leurs pieds. A la droite de ce groupe sont cinq personnages dont la réunion, selon Stuart, représente un triomphe; en effet, l'un d'eux semble être occupé à ériger un trophée. Au delà des deux groupes de divinités, on voit trois figures au milieu desquelles est un cadavre de grandeur colossale; elles sont toutes trois très-maltraitées, mais on y reconnaît toutefois un combat d'hommes armés de pierres contre d'autres hommes armés d'épées et de boucliers. La dimension de la figure renversée dans le milieu , et les armes des autres qui sont des rocs hors de toute proportion, ne permettent pas de douter que le sujet ne soit la bataille des géants contre les dieux. On peut supposer qu'Apollon, Bacchus, Mars et Mercure sont, ainsi qu'Hercule, engagés dans l'action. Derrière Minerve, à l'extrémité de la frise, et à la gauche du spectateur, est un groupe d'un jeune guerrier liant les bras d'un captif derrière le dos; le casque qu'il porte sur sa tête semble indiquer Mars. Nous partageons au sujet de ce bas-relief l'opinion de Leake; elle est infiniment plus d'accord avec la composition que celle de Stuart qui voudrait y reconnaître la bataille de Marathon, au moment ou le spectre de Thésée combat pour les Athéniens.
Le bas-relief de la frise du postimm, composé seulement de vingt figures, représente le combat des Centaures et des Lapithes. Thésée est le seul qui ait renversé son antagoniste. Micon avait fait en faveur de ce héros la même exception dans une peinture de la muraille de la cella, peinture dont nous parlerons bientôt. On reconnaissait aussi dans le basrelief Cœneus, qui, ayant reçu de Neptune le don d être invulnérable.
ATHÈNES
fut accablé sous les arbres et les rochers que les Centaures amoncelèrent sur lui^.
Sous le portique, au-dessus des deux frises, régnait un ornement peint dont on ne voit plus guère de traces.
Le pinceau avait, aussi bien que le ciseau, concouru à la décoration du temple de Thésée, et trois de ses parois avaient été enrichies des œuvres de Micon et peut-être de Polygnote. Suivant M. Raoul Rochette, ces peintures auraient été sur bois et encastrées dans la muraille. (( M. Thiersh m'écrit, dit-il^ qu'au-dessus d'un socle de marbre blanc qui règne dans tout le pourtour de la cella jusqu'à une certaine hauteur, il se trouve un renfoncement dans la paroi d'un demi-ponce de profondeur, lequel se termine, à une élévation d'environ quinze pieds, par une frise du même marbre et de la même saillie que le socle 2. »
C'est dans ce renfoncement que M. Raoul Rochette veut encadrer des panneaux de quinze pieds de hauteur qui, n'étant pas fixés par des clous, puisque lui-même reconnaît qu'il n'en reste aucune trace sur la muraille, eussent dû nécessairement avoir une épaisseur de plus d'un demi -pouce, sans compter qu'il eût fallu les assembler par derrière au moyen de barres qui eussent encore beaucoup augmenté l'épaisseur. Bien plus, le renfoncement en question est à peine sensible et n'atteint pas même cette profondeur si faible d'un demi-pouce. L'hypothèse du savant antiquaire nous paraît donc absolument inadmissible; du reste ^lle n'était point venue à l'esprit de M. Thiersh lui-même, qui avait seulement supposé, et cela au moins avec quelque vraisemblance, que le renfoncement qu'il avait observé avait été rempli par le stuc destiné u recevoir la peinture. Cette dernière opinion avait été partagée par MM. Ott. Mûller ^ et Letronne ^; cependant il en est une troisième que "nous serions plus porté à admetti^e. M. Beulé croit qu'ayant à leur disposition une matière aussi belle, aussi fine que le marbre dont le temple est construit tout entier, l'artiste a dû peindre directement sur sa surface polie, et que, si aujourd'hui la muraille est creusée et légèrement raboteuse, si l'on y trouve quelques traces de stuc, on doit y voir Toeuvre