L'Ancienne Athènes
3. <( Phorbas, dit Diodore, était fils de Lapithès et d'Orsinome, et frère de Périphas et de Diogénie. Ayant délivré l'île de Rhodes des serpents qui l'infestaient, il reçut les honneurs héroïques. »
4. O'î èTTwvujioi riptoeç, de eut ôvo(i,a, sur nom. On appelait éponymes les héros qui avaient donné leurs noms aux tribus de l'Attique.
Dans le principe, les tribus, çvXat, étaient eulement au nombre de quatre, auxquelles Cécrops avait donné les noms de : Cécropide, Kexpoiri;; Autochthone, Autox^wv; Actée/Ayxoiict, d'àxt^j, rivage, et Paralie, llapaXià, maritime. Cranaûs changea ces noms en ceux de Cranatde, Kpavalç; d'Atthide, d' AtôI;, nom de sa fille ; de Mésogée, Meaoyaia, située au milieu des terres, et Diacride, Aiàicpu;, sép(kration^ de la position isolée de cette tribu. Érichthonius, à son tour, nomma les tribus Diode, Aiàç; Athénaïde, 'Aôrjvat;; Posidoniade, llodeiôwvià; , et Héphaïstiade , *H?ai<mà<;, des noms grecs de Jupiter, Minerve, Mercure et Vulcain.
Le nombre des citoyens ayant augmenté, Clisthène porta à dix celui des tribus, en donnant à chacune le nom d'un ancien héros qui fut dit éponyme; elles furent donc appelées : Érechthéide, 'EpexOriU, d'Érechthée; Cécropide, Kexpoirîc, de Cécrops; Égéide, 'Aiyril;, d'Egée; Pandionide, ïlavSioviç, de Pandion; Acamantide, 'Axaiiavriç, d'Acamas; Antiochide, AvTioxk, d'Antiochus; Léoniide, AeovTi;, de Léos ; (Enéide, "Oivrji;, d'OËnée; Hippothoontide,-^l7nzobot»iYcU^ d'Hippothoon , et Aiantide, 'Aiavriç, d'Ajax (Pausanias. Ait. C. V). Plus tard, les Athéniens, délivrés par Démétri us.
ATHÈNES
étaient certainement tout autres fue celles que nous voyons aujourd'hui. Détruites sans doute dans Tune des nombreuses dévastations qu'Athènes eut à subir, elles auront été refaites assez grossièrement au ii^ ou au m* siècle de notre ère, sous la domination romaine. M. Ross fait remarquer avec raison que ces piliers, dont la partie postérieure était entièrement lisse, étaient parfaitement disposés pour recevoir les décrets qu'on y affichait et que les citoyens pouvaient lire à leur aise et à couvert.
Le portique, ouvert au nord comme le Pœcile, était soutenu par des piliers carrés dont deux sont encore en place. Aux piliers et servant
ajoutèrent encore deux tribus auxquelles ils donnèrent les noms d'Antigonide, 'AvTiyovU, et Démétriade, Ayi(JLr,Tpià; (Plitarque. Vie de Démétrius, et Diodore de Sicile. L. XX, § 46), qui furent changés depuis en ceux d'Attalide, 'Arza-lU, et Ptolémaïde, IlToXeiialç, en l'honneur de deux princes bienfaiteurs d'Athènes, Attale, roi de Pergame, et Ptolémée, roi d'Egypte.
Malgré sa longueur, nous pensons que nos lecteurs nous sauront gré de transcrire ici un curieux passage de Démosthène, qui fait connaître les titres que les héros éponymes avaient à l'honneur que les Athéniens leur avaient décerné.
« Tous les Érechthéides savent que cet Érechthée, dont ils tirent leur nom, avait, pour sauver le pays, abandonné les Hyacinthides, ses filles, à une mort certaine. Lors donc qu'un fils des dieux avait tant sacrifié à la délivrance de sa patrie, ils auraient rougi de paraître mettre à plus haut prix un corps mortel qu'une impérissable renommée. N'ignorant pas que Thésée, fils d'Egée, avait le premier établi dans Athènes l'égalité civique, les Égéides se seraient fait un crime de trahir les principes de ce grand homme ; et ils ont mieux aimé mourir que de leur survivre à la face de la Grèce par un lâche attachement à la terre. La tradition avait appris aux Pandionides quelle vengeance Procné et Philomèle tirèrent des outrages de Térée; unis par le sang à ces filles de Pandion, la mort leur eût semblé un devoir, s'ils n'avaient déployé le même courroux contre les oppresseurs de la Grèce. On avait dit aux Léontides : Les Léocores (les filles de Léos), célèbres dans la fable, s'ofi"rirent au couteau sacré pour sauver la patrie; et, à la pensée du mâle courage de ces jeunes filles, des hommes se seraien crus coupables s'ils ne les eussent égalées Les Acamantides se rappelaient ces vers où Homère dit qu'Acamas se rendit à Troie par tendresse pour Œthra dont il tenait le jour; ainsi ce héros brava tous les périls pour délivrer sa mère; et ses descendants, alors qu'il fallait protéger tous leurs parents, tous leurs amis, auraient reculé devant le danger î Les GEnéides n'oubliaient point que Sémélé, née de Cadmus, eut pour fils un dieu qu'il ne convient pas de nommer dans ces funérailles, et que ce dieu était père d'QEnée, premier auteur de leur race; à la vue du péril qui pressait également les deux républiques, la lutte la plus sanglante fut pour eux une dette à payer. Le chef des Cécropides fut, dit-on, moitié homme, moitié serpent, sans doute parce qu'à la force du dragon il unissait toute la sagesse d'un mortel ; de là les deux grandes qualités qu'il appartenait surtout à cette tribu de faire revivre. Les Hippothoontides se souvenaient de l'hymen d'Alopè d'où naquit Hippothoon qu'ils reconnaissaient pour leur chef. Fidèle aux convenances de ce jour, je ne développerai pas ce souvenir. Ils pensaient donc que c'était à eux à se montrer dignes de ce grand homme. La tribu d'Ajax était instruite que ce guerrier, frustré du prix de la valeur, n'avait pu supporter la vie; aussi, lorsque ce prix fut décerné à un autre par la Fortune, repoussant les ennemis, elle comprit qu'il fallait mourir pour remplir la vraie destinée des Aiantides. Vivre dignes de nos ancêtres ou périr avec gloire, telle fut la maxime des Antiochides qui n'avaient pu oublier qu'Antiochos était fils d'Hercule. »
Démosthène. Éloge funèbre des Athéniens morts à Chéronée.
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d'atlantes , sont adossés des personnages en demi-relief et de proportion colossale dont les cuisses se terminent en double queue de poisson, desinunt in piscem. Ces figures peuvent d'autant mieux être celles des Éponymes que nous savons que plusieurs de ces héros, tels qu'Érechthée, Cécrops, etc., étaient ordinairement représentés avec la double nature.
Eponyme.
Au-dessous des figures, sur leur piédestal , est un bas-relief offrant un serpent entourant un arbre de ses replis ; il est facile d'y reconnaître l'olivier et le serpent sacrés de l'Acropole.
Un troisième colosse sans piédestal est dressé dans un coin de l'enceinte. Tous trois sont privés de leurs têtes et de leurs bras. Derrière l'un d'eux est gravée cette inscription :
ANHrEPOH TOI 1858 lOTNIOY 24 « Relevé en 1858, le 24 juin. »
Un fragment d'architrave , un tronçon de colonne non cannelée et de nombreux fragments de moulures sont gisants sur le sol dans lequel on voit l'embouchure d'une citerne.
Portique d'Adrien. Nous trouvons à Athènes les restes bien plus
ATHÈNES
considérables d'un autre portique décrit par Chandler, sous le nom de Prytanée*, et par Stuart sous celui de Pœcile^, mais que la seule inspection de son architecture suffit pour faire reconnaître comme un édifice d'époque romaine. Les traducteurs de Chandler, Servois et Barbie du Bocage y voient le Panthéon d'Adrien, et Spon et Wheler, et après eux Leroy, le temple de Jupiter Olympien, mais au moins l'erreur des derniers est plus excusable, puisque ces deux édifices sont contemporains du portique d'Adrien, que l'on s'accorde aujourd'hui à retrouver dans le monument que nous allons décrire.
Cet édifice présente une vaste enceinte rectangulaire ABCD, située
oS
Plan du Portique d'Adrien.
au nord de l'Acropole, et dont la muraille postérieure ou orientale CD se trouve dans l'alignement de la rue d*Éole, la principale de l'Athènes moderne; sa longueur est de 122'", là, et sa largeur de 81'", 86. La façade AB, tournée à l'ouest^, se composait d'une porte centrale E, flanquée de deux murailles de marbre richement ornées. La muraille de droite EB^, ainsi que le mur méridional BD, a fait place à une