ZosiME. L. I, c. 29. — Zonaras. L. XH, c
ATHÈNES
ODÉON DE RÉGILLA.
13 mètres au-dessus du sol antique et jusqu'au niveau du second étage des arcades visibles à l'extérieur.
C'est un de ces arcs qui servit de passage au général Fabvier, lorsqu'en 1825 le célèbre philhellène pénétra dans l'Acropole, bloquée par les Turcs. L'Odéon était devenu une sorte d'ouvrage avancé dont ses arcs étaient les créneaux. Il y a peu d'années encore, les ruines de la
Plan de l'Odéon.
scène* CABC étaient seules visibles^, et tout l'intérieur de l'édifice était encore caché sous des décombres dont la masse était évaluée à plus de 20,000 mètres cubes ^.
Le 21 janvier 1857, des travaux de déblayement ont été entrepris par ordre du roi Othon, et conduits activement sous l'intelligente direction de M. Pittakis, l'infatigable conservateur des antiquités d'Athènes, et déjà, en avril 1858, l'intérieur de l'Odéon avait reparu au jour presque dans son entier, ou au moins dans un état de conservation suffisant pour qu'on pût parfaitement se rendre compte et de sa disposition et de sa magnificence.
1. Le théâtre antique se composait de deux parties principales, dont les autres n'étaient que les subdivisions : la partie semi-circulaire, appelée le xoïXov, le creux ou l'hémicycle réservé aux spectateurs, et la partie rectangulaire , (txtivi^ , la scène, destinée à la scène proprement dite et à ses dépendances.
2. En 1848, quelques fouilles y avaient été faites par les soins de M. Pittakis, aux frais de la Société archéologique d'Athènes.
3. Dans cette masse figurait pour environ mille mètres cubes une immense quantité de coquillages dont la présence est bien difficile à expliquer. On ne peut l'attribuer qu'à l'emploi qu'on en fit pour combler quelque vide.
<( Dans la marche successive des travaux, dit M. Christopoulos*, l'on a pu s'assurer d'une manière certaine, aussi bien par la différence des couches que par la découverte des monnaies appartenant à différentes époques, que cette masse de ruines et de terres est due à cinq différentes catastrophes arrivées sans doute à de longs intervalles, depuis les siècles les plus reculés de la période byzantine jusqu'aux temps de la domination turque. Mais la forme, la nature et la place de ces ruines témoignaient assez clairement de la misérable situation des générations qui y ont vécu et causaient à tout observateur un sentiment à la fois triste et consolant, en établissant un contraste frappant entre les jours heureux où nous vivons , et ces siècles de pleurs et de désespoir, heureusement bien éloignés de nous , où les hommes étaient forcés de se cacher dans les entrailles de la terre, et de changer les chefs-d'œuvre mêmes de l'antiquité en moyens de défense contre la férocité de leurs semblables. » Le même rapport signale une grande quantité d'objets trouvés pendant le cours des travaux ; outre de nombreuses inscriptions qui ont été publiées dans le Journal archéologique dirigé par M. Pittakis 2, les principaux sont de grandes jarres de terre cuite, des dolia, et d'autres vases de diverses époques; d'énormes chevilles de fer longues de 0'",30, des anneaux oblongs de même métal, des masses de bois de cèdre calciné et plusieurs tuiles coloriées ^ et couvertes d'ornements analogues à ceux des briques de l'ancien Parthénon : tous ces objets doivent avoir fait partie de la toiture^; une énorme bombe encore pleine de poudre, probablement l'une de celles que Morosini et Kœnigsmark lancèrent contre l'Acropole; différentes sculptures, telles qu'une iète de femme peu remarquable par la beauté du travail , mais dont les cheveux sont dorés et les sourcils peints, et dont les yeux d'émail ou d'autre matière avaient été arrachés; une base portant quelques traces d'une longue tunique, tunica talaris, indiquant une statue de femme, peut-être celle
1. Exposé succinct présenté au roi en octobre 1857 par M. Christopoulos, ministre de l'instruction publique, sur l'état des fouilles faites jusqu'à ce jour dans l'intérieur de l'Odéon,