Voy. la vignette, p
PINACOTHÈQUE
Ici, les colonnes sont inscrites dans un rond en creux, et non dans un carré , comme au portique central , et on n'avait pas eu la précaution d'y ménager le petit déversoir pour l'écoulement des eaux. Le diamètre des colonnes est h la base de l'",025, et au sommet de 0'°,784. La hauteur du fût est de 5", 366 , celle du chapiteau est de 0'", M ; total 5™, 776, environ 5 diamètres 2/3.
L'entre-colonnement est de i'", 45 ou 1 diamètre 5/6 environ. Entre les colonnes sont les traces de scellement d'une grille, qui probablement n'était qu'un simple garde-fou. Ce portique n'a en dedans des colonnes que k mètres de profondeur sur 10™, 75 de largeur. Le mur du fond est percé d'une grande porte 13 et de deux baies ou fenêtres Ift. La porte est large de 2", 35 et haute de 4", 60. Son seuil de marbre noir d'Eleusis est élevé de 0™,31. A 2'", 33 au-dessus du pavé du portique, règne un bandeau de ce même marbre, large de 0'", 13, et servant d'appui aux deux fenêtres hautes de 2-, 40 et larges seulement de 0'",85, accompagnées chacune de deux pilastres doriques; les impostes portent encore des traces d'oves peintes, dont les contours avaient été d'abord dessinés à la pointe. Ces fenêtres, aussi bien que la porte, ouvrent sur une grande salle N, de 10'", 75 de largeur sur 8»-,92 de profondeur. On donne à cette pièce le nom de Pinacothèque , et tout nous paraît justifier cette dénomination'. Pausanias dit, en effet, qu'en regard du temple de la Victoire Aptère, et par conséquent à la gauche des Propylées, se trouve un petit édifice orné de peintures. Depuis la découverte du temple de la Victoire , aucun doute n'est plus possible sur ce que Pausanias entend par la gauche des Propylées, et par conséquent nous n'avons pas à nous arrêter h discuter l'opinion de Stuart, qui place les peintures de Polygnote dans une salle derrière l'aile droite, salle que nous prouverons n'avoir jamais pu exister. Revenons donc à la partie gauche des Propylées. Les fouilles faites en 1845 et 1846, en avant de cet édifice et a gauche du piédestal d' Agrippa, ont prouvé qu'en ce lieu il n'y avait jamais eu aucune construction. Il ne reste donc plus que la grande salle de l'aile gauche h laquelle puissent s'appliquer les paroles de Pausanias. M Beulé suppose que sa destination primitive ne fut peut-être pas de servir de galerie de tableaux , et il en donne pour raison que les deux
1. LEKOV (Monuments *> la Grèce) avait déjà, en mO, reconnu la Pinacothèque.
PINACOTHÈQUE
jg ATHÈNES.
fenêtres hautes et étroites dont nous avons parlé n'eussent pu suffire pour éclairer les peintures, et en même temps eussent nui à leur effet, si, comme il est probable, la salle eut été éclairée par le haut. Quel eût alors été l'emploi de cette salle dans la pensée de Mnésiclès? Disons avec M. Beulé lui-même : « Hypothèse pour hypothèse, ne vaut-il pas mieux se figurer dans ces beaux murs de marbre, avec ces élégants pilastres et cette corniche d'un profil si pur, une galerie de tableaux qu'un corps de garde ou un dépôt d'armes ? »
Dans la supposition de M. Beulé, qui rapprocherait de nous l'époque de la décoration de la salle des Propylées, nous trouverions une preuve de plus à l'appui de notre opinion dans une autre controverse qu'a soulevée le passage de Pausanias. Les peintures de la Pinacothèque étaientelles des tableaux portatifs ou des peintures murales ? Suivant notre voyageur, plusieurs étaient dues au pinceau de Polygnotc. Or, cet artiste, le Giotto de l'école grecque*, qui avait peint le Pœcile d'Athènes en l'an 478 avant Jésus-Christ, devait avoir au moins quatre-vingts ans lorsque en Ù30, ou plus tôt, il eût pu commencer la décoration des Propylées; à plus forte raison n'eût-il pu y travailler, si la salle n'eût été destinée que plus tard k recevoir des peintures. De plus, h. l'époque de la construction de la Pinacothèque, il y avait vingt-cinq ans au moins que Polygnote avait quitté Athènes pour ce voyage triomphal à travers la Grèce, pendant lequel il sema tant de chefs-d'œuvre sur son passage, et qu'il termina par la décoration de la Lcschè de Delphes. Nous croyons donc, avec MM. Raoul Rochette et Beulé, que les peintures que vit Pausanias étaient de véritables tableaux sur bois, sur marbre, ou sur toute autre matière, qui avaient été rassemblés dans cette espèce de musée. Harpocration2 nous apprend que Polémon le Périégète avait écrit un ouvrage sur les peintures des Propylées », et le titre de cet ouvrage,
1 « Les premiers peintres célèbres, dont les ouvrages ne se recommandent pas seulement par leur antiquité, sont, dit-on, Polygnote et Aglaophon. Quoiqu'ils n'employasseHt qu'une seule couleur .leur peinture a encore aujourd'hui des amateurs si rélés qu'ils préfèrent ces ébauches presque grossières et où l'on ne peut guère qu'entrevoir les germes de Vart, aux productions des plus grands maures qui les ont suivis, mais sans autre raison, selon moi, que la prétention de passer pour habiles connaisseurs. » QmNTiLiEN. De VInst. or. L. XII , c. 10.