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• Cette assertion est démentie par Pline : . Polygnote de Thasos, dit-il, le premier, peignit des femmes avec de» vêtements briUants, leur mit sur la tète des mitres de digértMa couleurs, etc.. IM. ml. L. XXXV, c. io.
malheureusement perdu, portait le mot mv«;ceî i (tableaux, peintures sur bois) et non celui de ypa-pv,' (peinture en général).
Des preuves plus concluantes encore naissent de l'examen attentif de la • salle même des Propylées. Sur ses murs, il est impossible de trouver la moindre trace de peinture, tandis que nous en avons reconnu aux impostes des fenêtres où elles ont réellement existé, aussi bien que sur les divers membres d'architecture des autres édifices de l'Acropole. La muraille est trop polie pour avoir retenu un stuc dont elle aurait été revêtue, pas assez pour avoir reçu directement la peinture. Enfin, M. Desbuisson a fait remarquer que cette muraille, non plus que bien d'autres parties des Pro- ' pylées, n'avait jamais été achevée. Selon l'usage des Grecs, la surface de chaque bloc avait été laissée en saillie, et les angles en étaient abattus de manière à éviter les épaufrures pendant la durée de la construction ; la surface entière de la muraille devait être ravalée et polie tout d'une pièce après son achèvement. C'est ce dernier travail qui, pour une cause demeurée inconnue, n'a jamais été exécuté, et aujourd'hui la surface non abattue de chaque bloc est encore de niveau avec certaines moulures qui
devaient rester en saillie.
Les adversaires de cette opinion ont fait remarquer que l'on ne trouve sur la muraille aucune trace des clous qui auraient servi à suspendre les tableaux. Il eût été difficile, en effet, d'enfoncer des clous dans une muraille de marbre, mais rien au contraire n'était plus facile que d'établir en avant un échafaudage mobile, ainsi que nous l'avons vu faire pendant tant d'années dans la grande galerie du Louvre, à l'époque des expositions annuelles.
Voici maintenant le passage de Pausanias qui nous a fait connaître les peintures déjà fort endommagées qui, de son temps, étaient exposées dans la Pinacothèque : « A gauche des Propylées est un petit édifice orné de peintures. Parmi celles que le temps n'a pas entièrement effacées, on remarque Diomède emportant de Troie la statue de Minerve, et i'txjsse à
l Ce mot répond exactement au mot tabula des Latins qui veut dire en même temps pjam;he et tableau et que justement Pline, ici beaucoup trop absolu, oppose à la peinture murale, lorsqu .1 dit qu'il n'y avait de gloire que pour les peintres de taileaux : nulla gloria nisi eorum qm tabulas
M Beulé croit toutefois que le mot Trîvaxeç avait pu passer dans l'usage pour désigner toute peinture ,>ortative, quelle qu'en fût la matière, de même que chez nous on a étendu le mot tableau qui, dans l'origine, voulait aussi dire petite table de bois, aux peintures sur toile ou sur cuivre. •
ATHÈNES
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Lemnos se saississant des flèches de PhUoctèle. On y voit aussi Oresle et Pylade tuant, l'un, Égisthe, et le second, les fils de Nauplius qm étaient lus au secours d^Égisthe. Une autre partie de ce tableau représente Polyxène ,uon va sacrifier sur le tombeau d: Achille. Homère a bien fait de passer sous silence une action aussi cruelle. 11 me semble aussi qu U a eu raison de dire qu'Achille prit Scyros, au lieu de le représenter dans cette île confondu avec des jeunes filles, comme l'ont fait d autres poètes, ce que Polygnote a représenté dans l'édifice dont nous parlons . Il a peint également Nausicaa et ses compagnes lavant leurs vêtements dans le fleuve et Ulysse debml auprès d'elles, le tout d'après Homère. On y remarque encore d'autres peintures, savoir : Alcibiade, avec les emblèmes de la victoire qu'il avait remportée aux courses de Nemee-; Persée se rendant à Séryph^ et portant à Polydecte la tête de Méduse. Au-dessus de ces peintures, en laissant de côté l'Enfant qui porte des urnes et le Lutteur, peint par Timœnète, on voit le portrait de Musée ». » Cette énumération de peintures n'ayant entre elles aucune liaison, aucun rapport, cette réunion d'académies, de portraits, de compositions historiques, n'indiquent-elles pas évidemment un musée composé de tableaux rapportés et non pas une salle revêtue de peintures murales qui nécessai-
„„e aes principales Pe--^ ^ ;;7«;, ^^ J^ t^i ^ rliniscence de ce.le de
maison d'Apollon.
,. Alcibiade avait fait faire deux peintures i roccasion de cette victoire; le nom de l'artiste nous a.été conservé par Athénée : ,,u,,«„, Him au ninceau d'Aglaophon.
Mcilè assis l son siron, tout le peuple y accouroit et prenoU ^^J^;^;:;^^ 3. Palsvmas. Alt. L. XXII.
PINACOTHÈQUE
rement eussent formé une suite, eussent eu une donnée commune, comme nous verrons qu'il en avait été au Pœcile. Rappelons que, parmi ces peintures, Pausanias indique un portrait d' Alcibiade vainqueur aux jeux Néméens, et que le brillant élève de Socrate n'était encore qu'un enfant
à, la mort de Polygnote.
Dans la partie supérieure du mur septentrional ou de fond, partie qui ne date que du moyen âge, est une petite fenêtre double et carrée 15. A la même hauteur se trouve une autre fenêtre 16, dont le linteau sculpté est évidemment byzantin. Dans ia Pinacothèque, aussi bien que dans le portique qui la précède, on voit les traces de poutres qui les avaient divisés en étages. Ces travaux, et sur ce point nous sommes d'accord avec M. Beulé, nous paraissent devoir être attribués au premier ducd' Athènes, Neri Acciajuoli, mort en 1393, et que les historiens nous apprennent avoir enrichi sa nouvelle capitale de nombreux édifices. Il découvrit l'aile gauche des Propylées, si toutefois la couverture existait encore à cette époque, en fit surélever les murailles où l'on distingue encore des vestiges de peinture du même temps, et, la partageant par des planchers, la rendit habitable 1. Aussi, après la conquête d'Athènes par Mahomet II, cette partie des Propylées devint-elle la demeure de l'aga turc, commandant
la citadelle.
L'aile gauche des Propylées a été convertie également par les modernes en une sorte de musée. Dans le portique, sur des tables de pierre, sont scellés des pieds, des mains, des têtes et autres fragments de sculpture provenant des fouilles de l'Acropole. La Pinacothèque est remplie d'inscriptions, de stèles, etc. On y remarque plusieurs des tuiles de marbre qui couvraient les Propylées, divers fragments des sculptures du Parthénon, un charmant bas-relief trouvé près de la grotte de Pan, représentant une matrone devant ce dieu, dont malheureusement la partie supérieure est brisée. Des inscriptions trouvées dans la Pinacothèque même nous font connaître la part que chacun des peuples de l'Attique avait prise au çopô?, cette contribution pour la guerre contre les Perses, dont le produit était déposé dans l'opisthodome du Parthénon et qui fut employé en partie par Périclès aux embellissements d'Athènes.
1. Ces murailles, d'une hauteur à peu près égale à celle de la construction antique, se retrouvent encore avec leurs fenêtres et leurs créneaux dans le dessin de Revett que nous avons reproduit à la page 43.
Aï 11 K NES.
Aile droite. L'aile droite des Propylées H ne se composait que du portique seul, répétant, quoique avec un peu plus de profondeur (4'",75), celui de l'aile gauche, mais ne précédant pas comme lui une arrière-salle telle que la Pinacothèque, bien que Stuart en ait indiqué une sur son plan, prenant, comme nous l'avons dit, cette partie des Propylées pour l'édifice que Polygnote avait enrichi de ses peintures. Cette aile fut en partie démolie, probablement pour élargir la nouvelle entrée de l'Acropole, lorsque, les entre-colonnements du portique central ayant été murés, on dut pénétrer dans l'enceinte par un passage ménagé entre les Propylées et le temple de la Victoire Aptère.
La première colonne de l'aile droite 17 n'a laissé que la trace de son fut sur le stylobate. En avant, des pierres portant en creux la trace des crampons, ayjcwve?, qui les unissaient à d'autres pierres aujourd'hui absentes, indiquent le prolongement de la face septentrionale jusqu'à l'angle détruit , ainsi que le mur occidental qui a entièrement disparu. Les murs du sud et de l'est existent seuls, et forment la base d'une tour haute d'environ 27 mètres qui servait de prison à l'époque où Leroy visita Athènes, et qui fut construite probablement au commencement du xv^ siècle par un duc d'Athènes, peut-être Antonio Acciajuoli ^ ces murs composés de marbres assemblés avec soin n'avaient pas été entièrement achevés, et les blocs portent encore presque tous les tenons réservés en saillie pour les élever et les mettre en place, aussi bien que la surface provisoire en saillie qui, destinée à prévenir les accidents du transport et de la construction, ne devait être abattue que lorsque la muraille recevait la dernière façon. Là malheureusement, comme aussi aux autres murailles des. Propylées, beaucoup de blocs ont été brisés pour extraire les crampons qui les unissaient à rintérieur.
Dans la muraille septentrionale de la tour sont renfermées Tante et les deux autres colonnes du portique, grossièrement mutilées et visibles seulement à l'intérieur, ou l'on ne pénètre que par une très-petite porte 18, percée à l'occident en face du temple de la Victoire Aptère.
Le mur méridional se termine par une ante 19, qui indique ({ue dans l'angle sud-ouest se trouvait une porte dont l'autre pied-droit devait être attenant au mur occidental. C'est la présence de cette porte qui a pu