AILE DROITE DES PROPYLÉES
faire supposer à Stuart, et à Leake d'après lui, l'existence d'une arrièresalle jouant ici le même rôle que la Pinacothèque dans l'aile septentrionale. Il suffisait cependant de jeter les yeux sur un plan exact de l'Acropole pour reconnaître que l'espace eût manqué, et que près de la moitié de cette salle se fût trouvée en dehors des murailles et suspendue sur le vide. L'angle sud-est du soubassement de la tour est parfait et ne présente aucun arrachement indiquant la prolongation du mur oriental ; enfin, cet angle s'appuie sur une antique muraille pélasgique 00, qui se dirige obliquement du sud-ouest au nord-est, et qui eût traversé la salle. Il nous semble donc évident que la porte percée au fond du portique méridional des Propylées ne conduisit jamais qu'à une petite enceinte irrégulière, découverte, dont il serait difficile de préciser la destination. •
Mur cyclopéen. Pénétrant dans ce réduit, nous trouvons le mur cyclopéen ou pélasgique 00 dont nous avons parlé; il est composé de blocs
Mur cyclopéen.
irréguliers, aux angles généralement émoussés, et à la face grossièrement aplanie. 11 n'en reste qu'un petit nombre d'assises. Nous ne pensons pas, avec M. Beulé, que ce mur ait pu faire partie des fortifications de I Ennéapyle; sa construction, beaucoup moins soignée que celle des autres restes pélasgiques de l'Acropole, nous porte à croire que cette muraille, destinée seulement à soutenir la terrasse qui devint l'enceinte de Diane Brauronia, dut être revêtue d'un parement de construction plus soignée dont la partie supérieure pût servir de parapet.
A l'extrémité nord-est de la muraille cyclopéenne, derrière l'aile droite des Propylées, se présente en saillie une ante de marbre blanc 20, ayant évidemment formé l'un des côtés d'une porte dont l'autre pied-droit fut détruit par Mnésiclès lorsqu'il construisit les Propylées. Cette porte, qui paraît appartenir à une époque déjà avancée de l'art, sans doute à celle
ATHfcNES.
des Pisistratides, eût été, suivant M. Beulé, un ornement ajouté à TEnnéapyle. Nous croyons que ce ne fut que Tentrée d'une petite enceinte sacrée dans laquelle s'élevait l'édicule P, dont nous allons parler, et qui eut barré le chemin, si de ce côté eut été l'entrée de l'Acropole. On a passé en effet par là, comme nous l'avons dit, pendant tout le moyen âge, mais alors le sol était exhaussé jusqu'au sommet du mur cyclopéen, et on arrivait de plain-pied sur la terrasse de Diane Brauronia.
Dans l'enceinte en question, au pied du mur pélasgique, nous voyons encore sur le sol les restes d'un soubassement de marbre P, en forme d'équerre, dont le côté oriental est parallèle à la muraille, et devait s'appuyer contre son revêtement. Ce côté, aussi bien que celui du sud, vient se perdre sous l'aile droite des Propylées. Ce devait être un petit édifice sacré dont, contrairement à l'opinion de M. Beulé, qui en adosse le fond à la muraille cyclopéenne pour en tourner l'entrée vers ce qu'il croit avoir été le chemin de l'Ennéapyle, nous pensons que la façade regardait le nord, et par conséquent la porte de marbre dont nous venons de voir un des pieds-droits encore debout. 11 est évident que les derniers restes de cet édicule détruit à l'époque de la construction des Propylées devaient disparaître entièrement; mais nous avons vu que la dernière main ne fut pas mise au monument de Mnésiclès ; nous ne devons donc pas nous étonner de retrouver encore cette ruine dans un lieu entièrement masqué par le nouvel édifice.
Cet édicule, voisin du temple de la Victoire Aptère, ne pourrait-il pas être le monument qui avait été consacré à Egée et dont parle Pausanias^?
Pour compléter l'examen des Propylées, nous reviendrons au grand
portique L, et au passage central KEQ; celui-ci a une longueur de 24 mètres, égale à celle de tout le corps principal des Propylées ; il est dallé en pierres fortement striées, unies entre elles par des crampons de cette forme |— ^^ dont on voit encore les traces. Les dalles formaient un plan incliné présentant de loin en loin des degrés de 0'M5 seulement de hauteur, comme dans les escaliers que les Italiens nomment cordonate ou scale a cordoniy et accessible aux bœufs qui, en plusieurs endroits, ont laissé dans la pierre la profonde empreinte de leurs sabots. Le sol du