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ACROPOLE

MURATLLES. ENTRÉE.

Acropole, ce lieu si célèbre dans l'histoire d'Athènes et dans celle de l'art S est un rocher formé d'une sorte de marbre grossier blanc et rouge ; ce rocher se dresse au milieu de la plaine, entouré seulement de quelques collines moins élevées, le Pnyx, l'Aréopage, le Mu^ée, la colline des Nymphes, produites évidemment par un même soulèvement à une époque dont les hommes n'ont

1. Un Ath(:Miien nommé Héliodore avait écrit sur TAcropole quinze livres aujourd'hui perdus et que nous ne connaissons que par la mention qu'en fait Athénée, Deipnosoph. L. VL

ATHÈNES

pas conservé le souvenir. Platon prétend même qu'avant le déluge de Deucalion ces diverses élévations n'en formaient qu'une seule, et que ce fut un tremblement de terre qui opéra leur séparation. Cette supposition ne nous semble admissible qu'en ce qui touche le rocher de l'Aréopage, qui n'est séparé de celui de l'Acropole que par une très-étroite vallée et dont la constitution géologique est d'ailleurs complètement identique.

. Le rocher de l'Acropole, élevé de 154 mètres au-dessus du niveau de la plaine, est à pic et entièrement inabordable de trois côtés i ; au couchant seulement, en regard de l'Aréopage, il était moins abrupt, et avait été rendu sans doute encore plus accessible par la main de l'homme qui, à plusieurs époques, dut aussi aplanir le plateau qui le surmonte. Ce plateau, d'une surface cependant encore fort inégale, forme un polygone irrégulier s'étendant de l'est à l'ouest, sur une longueur d'environ 300 mètres, tandis que la plus grande largeur du nord au sud n'est que de 135 mètres. Le développement de l'enceinte dépasse 800 mètres.

L'Acropole fut le berceau d'Athènes ; ce fut sur ce rocher, si favorable à la défense, que Cécrops vint s'établir avec la colonie égyptienne qu'il amenait de Saïs, la capitale du Delta, et qu'il fonda une ville à laquelle il donna son propre nom, celui de Cecropia, et aussi le nom égyptien d'Asty^. Bientôt, à Athènes, comme vingt siècles plus tard dans toute l'Europe du moyen âge, la ville habitée descendit dans la plaine, et la ville haute, l'Acropole, ne fut plus qu'une citadelle qui ici. par exception, resta en même temps le sanctuaire le plus vénéré. Ce fut sous Thésée seulement (i350 à 1300 avant Jésus-Christ) que cette révolution fut définitivement consommée, et que toute habitation particulière disparut de l'enceinte de l'Acropole. C'est là aussi que Cécrops avait fondé le premier temple consacré à la vierge victorieuse, à la divinité égyptienne Neth ou IVetha dont les Grecs, par inversion, firent Athen, et qui fut

1. « La citadelle n'a qu'une seule entrée, tous les autres cotés étant très-escarpés ou fortifiés de murs. »

Pausanias. Attic,

2. « Ce que l'on appelle proprement ASTT est un rocher qu'environnent les maisons de la ville assises dans la plaine. C'est sur ce rocher que s'offre l'enceinte consacrée à Minerve, contenant l'ancienne chapelle de Minerve Poliade, où brûle une lampe qui ne s'éteint jamais, et le Parthénon bati par Ictinus, où se voit la statue en ivoire de la déesse, travaillée par Phidias. »

Straron. Géogr. L. IX.

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