ACROPOLE
adoptée par les Romains sous le nom de Minerve*. Plus tard, les Athéniens repoussèrent cette origine étrangère, et pour eux-mêmes ^t pour leur divinité ; si Diodore, Théopompe, Pausanias, Hérodote et autres historiens persistèrent à soutenir l'authenticité de la tradition primitive, il ne manqua pas d'écrivains qui s'efforcèrent de prouver que Cécrops était Grec, et même que Saïs avait été, au contraire, fondée après Athènes par une colonie grecque qui y avait introduit le culte de Minerve. C'est alors que fut inventée cette fable poétique de la lutte de Minerve et de Neptune, se disputant l'honneur de nommer et de protéger la ville naissante ^.
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Dispute de Neptune et de Minerve, d'après un yase italo-grec.
La première fortification de l'Acropole ne fut qu'une enceinte formée de pièces de bois, entrelacées avec les oliviers sauvages qui couvraient alors les flancs de la colline.
1. « Minerve avait à Saïs un temple révéré dans lequel on ensevelissait les rois d'Egypte, de même que Cécrops et Érechthée furent ensevelis, contre l'usage général de la Grèce, dans le sanctuaire de Minerve Poliade. » . Beulé. Acrop. C. I.
2. « Neptune vint donc le premier dans l'Attique, et, ayant frappé le sol de son trident, fit jaillir au milieu de l'Acropole la mer {le flot ou la source salée) que l'on nomme Érechthéide. Après lui vint Minerve , qui fit naître l'olivier. Un débat s'étant élevé entre ces deux divinités au sujet du
ATHÈNES
ENCEINTE DE L'ACROPOLE
Enceinte pélasgique. Vers l'an 1100 avant Jésus-Christ, moins d'un siècle après la prise de Troie , des Pélasges venus de la Béotie selon la plupart des historiens, de la Sicile si l'on en croit Pausanias, ayant trouvé un asile dans l'Attique, payèrent cette hospitalité en aplanissant le plateau de l'Acropole, en l'entourant d'une de ces murailles qui ont rendu leur nom célèbre dans l'Italie comme en Grèce, et en défendant le côté accessible de la citadelle par une suite de travaux avancés, dont les neuf portes valurent à leur ensemble la désignation d'Ennéapyle. Pausanias nous a conservé les noms d'Agrolas et d'Hyperbius, architectes qui présidèrent à cette entreprise*. Les Athéniens, après leur avoir concédé, comme récompense de cet important service, les terres comprises entre l'Acropole et la base du mont Hymette, en vinrent plus tard à craindre
pays, Jupiter les fit transiger et leur donna pour juges les douze dieux. Ceux-ci prononcèrent et 1 Attique fut adjugée à Minerve ; la ville s'appela donc Athènes du nom de Minerve. »
Apollodoiie. III. 14.
Ceeropia Pal las scopulum Mavoi'tis in arce Pingit et antiquam de terrœ nomine lilem. liis sex cœlestes, medio Jove, sedibus altÎK Auyusta yraiitnte sedent; ma qiiemque deorum Inseribit faciès : Jovis est reyatis imago. Stare deum pelagi, lonyoque foire tndente Aspera saxa facit, medioque e vulnere saxi Exsiluisse fretum, qno pignore vitidieet urbem. At sibi dot cbjpeum, dat acutœ cuspidis hastam ; Dot galeam eapiti; defemlitar œjide pectm : Percussamque sua simulât de cuspide terram Prodere cum baccis fœtum eanentis olivœ ; Mirarique Deos : operi Victoria finis.
OviDB. Métam. L. VF, v. 69.
«Minerve peint (w sa tapisserie) \e rocher de Mars, dans la citadelle de Cécrops, et l'antique lutte pour le nom du pays. Les douze dieux, assis autour de Jupiter sur des si,5ges élevés, brillent d une auguste majesté. Chacun d'eux se fait reconnaître à ses traits, mais la grandeur royale rayonne au front de Jupiter. Le dieu des mers est debout; il frappe de son long trident le dur rocher, et, de son se,„ entrouvert faisant jaillir une mer, revendique l'empire de la contrée. La déesse se représente elle-même armée de son bouclier et de sa lance à la pointe acérée; elle me, un casque sur sa tête couvre sa poitrine de l'égide; elle frappe la terre de sa lance et en fait sortir l'olivier avec ses fruits et son pâle feuillage. Les dieux sont transportés d'admiration, et la victoire de Minerve couronne son œuvre. »
Les premiers mots d'Ovide renferment une erreur manifeste, puisqu'il place la colline de Mars (1 Aréopage) dans l'enceinte de l'Acropole.
1. « Les murs de la citadelle, excepté la partie que Cimon, fils de Miltiade, a fait construire, sont I ouvrage des Pélasges qui demeuraient jadis au-dessous de la citadelle, ils se nommaient, dit-on. Agrolas et Hyperb.us; j'ai voulu savoir qui ils étaient, mais je n'ai pu apprendre autre chose, si ce n est que, Siciliens dorigine, ils étaient allés s'établir dans l'Acarnanie. »
Paisamas. Altic. C. XXVIII.
leurs hôtes, dont la population toujours croissante, dont la richesse, fruit de leur industrie, commencèrent à leur porter ombrage. Ils les accusèrent d'avoir commis, envers déjeunes Athéniennes, près la fontaine EnnéacrounoSy un crime qui ne fut jamais bien prouvé; ils leur supposèrent, sans plus de certitude, l'intention de se rendre maîtres d'Athènes, et ils les chassèrent de ces terres qu'ils avaient reçues incultes et stériles et qu'ils laissaient défrichées et fertiles*. « Mais les dieux eux-mêmes semblèrent punir leur ingratitude et leur mauvaise foi en rendant inutiles contre l'ennemi ces murs, ouvrages de leurs victimes, et en les. faisant servir aux projets des ambitieux contre leur liberté. Cylon, Pisistrate, Isagoras, commencèrent par se saisir de l'Acropole, lorsqu'ils voulurent se faire tyrans de leur patrie , tous trois , il est vrai , avec un succès bien différent. Lorsqu'au contraire Xerxès en fit le siège. Minerve chercha en vain à fléchir, par ses prières, Jupiter vengeur de l'hospitalité 2. »
Lorsqu'en l'an 480 les Perses, repoussés dans plusieurs assauts par quelques vieillards, quelques prêtres, quelques citoyens enfermés dans la citadelle sur la foi d'un oracle^ mal interprété, pendant que les guerriers montés sur les navires se préparaient à la victoire de Salamine, lorsque les Perses, dis-je, furent parvenus à pénétrer par un point qu'on avait négligé de défendre, ils mirent les temples au pillage, et tous les monuments de l'Acropole devinrent la proie des flammes^. Après la fuite
4. Les Athéniens frappèrent même d'anathème le lieu où les Pélasges avaient demeuré, et défendirent, sous les peines les plus sévères, de jamais bâtir ou semer en cet endroit. Cette prohibition paraît avoir subsisté jusqu'à la guerre du Péloponèse. A cette époque, les habitants de l'Attique ayant été forcés de se réfugier tous à Athènes, « il n'y eut pas, dit Thucydide (L. II, § 18), jusqu'au lieu appelé Pelasgicon, au-dessous de l'Acropole, qui ue fût occupé, vu l'urgence du moment; et cependant ce lieu était maudit, et il était défendu de l'habiter. La fin d'un vers de la Pythie l'interdisait môme en ces termes : Il vaut mieux que le Pelasgicon soit désert. »