Rangabé. Antiquités helléniques
4. Ruines des plus beaux monuments de là ^rèrp. In-folio. 1770.
ATHÈNES
mais leur trace est encore parfaitement visible sur le marbre des degrés. L'escalier principal M avait 4'% 295, largeur égale à la distance d'un centre de colonne à l'autre. Les deux petits escaliers NN n'avaient que i™,50 de largeur.
Plan antique du Partbënon.
Le Parthénon est dorique, octastyle S périptère et hypœthre; sa longueur, prise au sommet des degrés, est de 69 mètres ; sa largeur de 31 mètres. Les ailes G H et IK ont dix -sept colonnes en comptant deux fois les colonnes d'angle , et les façades G K et H I seulement huit, moins de la moitié, disposition qui paraît avoir été généralement observée par les Grecs. Les Romains firent leurs temples beaucoup moins longs.
La longueur extérieure de la cella ABGD, non compris les antes qui font saillie à ses deux extrémités, est de 47"\30; la largeur de 21"', 70. L'intérieur est divisé en deux parties d'inégale grandeur. La principale E est le temple, ctdcoç ou vaô;; l'autre, à laquelle on entrait par la façade postérieure et le posticum 0 était l'opisthodome, oTriGOo^op; ^ que Leroy et quelques autres ont pris pour \q pronaos ^ P, trompés par la nouvelle destination que lui avaient donnée les chrétiens, en changeant rorientation du temple dont, suivant le rite, la façade était
1. Jusqu'au Parthénon, les temples grecs n'avaient eu au plus que six colonnes à la façade. M. Beul(5 remarque que le temple octastyle de Sélinonte paraît de la même époque que le Parthénon. .2. 'OuKTÔev, derrière, et ô6(io;, construction, salle, édifice. 3. Ilpovaoç ou irpoSofjLOç, vestibule ou porche du temple.
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primitivement tournée au levant. Lorsqu'on entrait dans l'Acropole par les Propylées, c'était la façade postérieure ou occidentale Hl qui se présentait d'abord aux regards.
Autour du temple règne, ainsi que nous l'avons dit, le péristyle GHIR, composé de quarante-six colonnes, huit à chaque façade et dix-sept à chaque aile. Toutes ces colonnes sont légèrement inclinées vers l'intérieur du temple, aussi bien que les murs mêmes de la cella; leurs lignes verticales, en les supposant suffisamment prolongées, se réuniraient dans le ciel à un point imaginaire fort éloigné, il est vrai, et leur ensemble constituerait une sorte de pyramide très-aiguë dont le temple formerait seulement les assises inférieures.
Cette tendance vers la forme pyramidale, symbole de solidité plutôt que type d'élégance ; cette déviation de la perpendiculaire, très-prononcée dans les édifices archaïques; cette disposition que nous trouvons dans les portes de la trésorerie d'Atrée à Mycènes, édifice des temps héroïques, et que nous signalerons encore dans celle de l'Érechthéion, qui appartient à l'époque la plus raffinée, sont une preuve de plus des emprunts faits par l'architecture grecque à l'art égyptien, dont cette forme fut toujours le caractère le plus saillant. M. Penrose^ cite, à l'appui de la généralité de cette coutume, un passage de Cicéron qui serait fort curieux, en effet, s'il était bien certain qu'il eût absolument le sens qu'il lui attribue, mais nous croyons qu'il en a un peu forcé la traduction pour les besoins de sa cause. Voici ce passage, tel que nous le comprenons; on pourra comparer notre traduction au texte; nous la croyons littérale. Chargé, comme préteur urbain, de l'entretien des édifices de Rome, (( Verres vient lui-même dans le temple de Castor; il le considère; il voit partout le plafond richement orné et tout le reste de l'édifice neuf et en parfait état. Il se tourne et retourne, cherchant ce qu'il pourrait faire. Un de ces limiers, dont il entretenait, comme il l'avait dit à Ligur, une meute autour de lui, lui dit : Verres, tu n'as rien à faire ici, à moins que, par hasard, tu ne veuilles ramener les colonnes à la perpendiculaire. Cet homme, profondément ignorant, demande ce qu'on entend par ramener à la perpendiculaire. On lui dit alors qu'il n'y a pi^sque aucune colonne qui puisse être parfaitement perpendiculaire.
i . Principles of Athenian Architecture.
ATHÈNES
Eh bien! dit-il, voilà ce qu'il faut faire. Rendons les colonnes perpendiculaires*. »
Le mot presq^ue (fere). en éloignant l'idée d'une règle générale, nous semble rendre impossible la conclusion que M. Penrose tire du passage de la seconde Verrine. Il fait dire à rinterlocuteur de Verres que (( dans un temple, il iiy a pas d'ordinaire une seule colonne qui ne soit inclinée, » et il voit dans la phrase ainsi traduite une allusion à l'usage qu'il a constaté sur les temples grecs, mais que sans doute il n'eût pas retrouvé appliqué au temple de Castor, édifice romain dont la fondation remontait, il est vrai, à l'expulsion des Tarquins2, mais qui, d'après la citation même alléguée ici, avait dû être reconstruit, puisque toutes ses parties n'eussent point été neuves et intactes, nova atque intégra, après plus de quatre siècles. Et d'ailleurs la remarque du satellite ne s'applique pas plus à ce temple qu'à tout autre.
Dans le passage littéralement traduit : « Dans un temple, il ny a presque aucune colonne qui puisse être parfaitement perpendiculaire, » nous ne pouvons voir autre chose que l'aveu de la faiblesse de toute œuvre humaine qui ne peut jamais atteindre à la perfection absolue. Cette interprétation ne rend que plus piquante la plaisanterie que l'ignorant Verres prend au sérieux.
Revenons au Parthénon, dont cette petite digression nous a éloigné un instant; nous verrons que les colonnes d'angle ont une inclinaison double, afm de contre-buter avec plus de force la poussée de l'édifice, et, dans le même but, elles sont aussi moins éloignées des deux colonnes voisines, qui semblent leur venir en aide; elles ont en outre, suivant la règle formulée plus tard par Vitruve ^ un diamètre plus fort.
1. Venit ipse in œdem Castoris; considérât templum; videt undique tectum pulcherrime laqueatum, prœterea cœtera nova atque intégra. Versât se; quœrit quid agal. Dicit ei quidam ex iUis canihus, quos iste Liguri dixerat esse circa se multos : Tu, Verres, hic quod moliare nihil habes, msi forte vis ad perpendiculum columnas exigere. Homo omnium rerum imperitus, quœrit quid sit ad perpendiculum. Dicunt ei, fere nullam esse columnam quœ ad perpendiculum esse possit. Nam, mehercule, inquit, sic agamus : columnœ ad perpendiculum exigantur. »
2. T.TE-L,VE. L. II , 43. ^*"""<'- '" ^""'"- ^''- "■ •- ' • S ^* • CANDiA. Indicazione topografica di Roma antica.
3. « Les colonnes placées aux angles doivent être grossies d'une cinquantième partie de leur diamètre, parce qu'il semble que l'air et le grand jour, auxquels elles sont plus exposées que celles du milieu, les mange et les rend plus petites; du moins elles paraissent telles aux yeux, et il faut que l'art remédie à l'erreur de la vue, n Vitri ve. L. IH c. 3.
EXTÉRIEUR DU PARTHÉNON
afin que, lorsque se détachant sur le ciel elles se trouvent entièrement noyées dans la lumière, elles ne paraissent pas plus grêles que les
autres.
La hauteur des colonnes, compris le chapiteau, est de 10'", 30; leur diamètre est de i", 70; celui des colonnes d'angle est de i^jOO.
Le chapiteau, fort simple S formé d'un seul bloc de 0'",916 de hauteur, n'a point d'astragale, et ce membre est remplacé par un anglet qui ne fait que couper les cannelures sans les arrêter.
Le chapiteau est réuni au fût par quatre filets; le tailloir n'a point de talon ; cette moulure eût paru mesquine dans une ordonnance aussi
sévère ^.
Les colonnes sans base reposent sur lès trois degrés très-élevés qui servent de stylobate à tout le monument ^ Sur le degré supérieur, en avant des colonnes, on peut reconnaître au nord, à l'ouest et au sud des traces de stèles ou de petits piédestaux ayant porté des statues. Ces ex-voto ajoutés après coup devaient nuire beaucoup à l'aspect du temple, dont ils détruisaient la majestueuse simplicité.
C'est surtout dans le stylobate qu'est sensible une des données les plus singulières de l'art grec, dont nous avons déjà eu l'occasion de dire quelques mots à propos de l'escalier des Propylées. Aucune des grandes lignes du Parthénon «'est absolument horizontale ; toutes décrivent une courbe plus ou moins prononcée , peu considérable , il est vrai, puisque, sur les 69 mètres de longueur du Parthénon, elle n'est que de 0'", Jî23, et sur les 31 mètres de largeur de 0'",072. On ne doit pas s'étonner qu'une déviation aussi peu sensible de la ligne droite ait échappé si longtemps aux regards des innombrables artistes et savants qui ont étudié le Parthénon; mais aujourd'hui qu'on est prévenu, il est facile de constater qu'un objet peu élevé posé à l'une des extrémités du stylobate est invisible pour celui qui place son œil au niveau de sa surface à l'autre extrémité. Il est donc évident que cette surface s'élève progressivement jusqu'au centre, présentant ainsi,. en réalité, une ligne convexe.
{ . Voy. la lettre en tête du chapitre.
2. Un de ces chapiteaux, avec une portion du fût, est au British Muséum, Elgin saloon, n" 212.
3. Sur ces degrés, en maint endroit, on trouve gravés par les Turcs des espèces de petits labyrinthes qui leur servaient pour une sorte de jeu de dames.
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Cette particularité, signalée d'abord au Parthénon en 1837, par M. Pennethorne, architecte anglais, a été constatée par MM. Hofer, Schaubert, Fuente, Travers, Paccard et autres architectes de tous les pays, et reconnue depuis dans tous les autres temples grecs, et en particulier à celui de Thésée, à Athènes même. Il est donc impossible de voir dans ces courbes Teffet du hasard ou d'un vice de construction , et force est d'y reconnaître le résultat d'une combinaison arrêtée, d'un système profondément réfléchi. Un autre architecte anglais, après une étude spéciale de huit mois (1846-1847), à l'aide des instruments les plus exacts, les plus précis, a fait de ces courbes le sujet d'un ouvrage où se trouvent notés les résultats de ses patientes et infatigables investigations*. Il n'est pas facile de se rendre compte de la pensée qui a conduit les Grecs à adopter un système en apparence si incompatible avec toutes les autres règles de l'architecture.
M. Penrose établit, par des raisonnements que la science physiologique appuie de toute son autorité, que l'esprit, guidé par l'expérience, ne cesse de corriger les images que l'œil lui présente. C'est, selon l'auteur anglais, ce travail que les architectes grecs ont voulu épargner au spectateur, en donnant au monument des formes telles, que, dès l'abord, elles paraissent, non pas telles qu'elles sont, mais telles qu'elles devraient être. Cette hypothèse nous semble confirmée par un passage deVitruve, qui renferme un précepte dont, jusqu'aux récentes découvertes qui nous occupent, personne n'avait pu comprendre le véritable sens.
(( Il faut faire, dit-il, la surface du stylobate de telle façon qu'elle ait au milieu une surélévation au moyen de blocs (progressivement) inégaux, car si le stylobate était rigoureusement de niveau , il semblerait à Vœil quil creuse au milieu'^, »
Ces derniers mots nous paraissent établir de la manière la plus positive la vérité du système de M. Penrose; cependant M. Beulé ne l'accepte
4. Penrose. Principles of Athenian architecture. London. 1851.
2. « Stylobaten ita oportet exœquari, uti habeatper médium adjunctionem per scamiïlos impares. Si enim ad libellam dirigetur, alveolatum oculo videbitur. » Vitr. L. III, c. 4.
Le mot scamillus veut dire ordinairement escabeau, mais paraît dc^signer ici les blocs rectangulaires qui composent un soubassement et qui ont en effet quelque chose de la forme d'un escabeau. MM. Quicherat et Daveluy {Dictionnaire latin-français) proposent de traduire scamillus par socle de colonne.
pas. Quoique nous regrettions de ne pouvoir partager son opinion, nous la reproduirons ici , tant pour mettre sous les yeux de nos lecteurs tous les éléments de la cause, que parce que, dans une page du brillant professeur, il y a toujours quelque profit pour l'imagination et pour
l'esprit :
« Les courbes horizontales peuvent être considérées comme une conséquence des inclinaisons verticales. L'on sait à peu près l'époque où elles commencèrent à être employées : elles n'existent pas encore au temple de Corinthe ; on les voit déjà au plus récent des temples de Pœstum. C'est le cas , à ce qu'il semble , de se 'rappeler le mot de Vitruve : « Blandimur voluptati visus. » Charmer les regards, n'est-ce pas le but le plus immédiat, sinon le plus élevé de l'art i^
« La ligne droite, sur un long développement, a quelque chose de sec et de froid ; nous en avons des exemples frappants dans les monuments que les modernes ont copiés sur l'antique, avec plus de science que de sentiment. La ligne droite, est une abstraction toute géométrique, que l'on ne retrouve jamais dans la nature. Les lignes mêmes des horizons décrivent une double courbe, déterminée par la forme du globe. La convexité du soubassement et des architraves donne au Parthénon quelque chose de vivawt et d'harmonieux qui nous pénètre à notre insu. 11 est si vrai que l'architecte n'a point prétendu redresser nos perceptions, qu'il a dû compter au contraire sur leur naïve exactitude pour nous transmettre la notion de ces belles courbes. Elles sont en effet parfaitement sensibles, pour peu que le regard s'y arrête et cherche le secret des impressions inconnues qu'un principe si nouveau éveille en nous. C'est toujours ce qui m'a frappé dans les temples doriques où les courbes existent, à Pœstum, en Sicile, en Grèce. Peut-être était-ce une complaisance des yeux pour l'esprit prévenu; mais aujourd'hui, chacun peut contrôler le témoignage de ses sens par les résultats que la science démontre, et je ne crois pas qu'on trouve jamais en défaut leur sincérité*. ))
Un mot de cette citation a déjà appris à nos lecteurs que les courbes observées au stylobate se reconnaissent également dans les parties supérieures de l'édifice, aux architraves, aux corniches, aux bases des
i. E. Beulé. V Acropole d'Athènes. T. II, p. 25.
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frontons. Nous trouvons également ce fait érigé en règle par Vitruve : (( Les chapiteaux des colonnes, dit-il, étant terminés, et n'étant point posés de niveau, bien qu'étant d'une égale proportion, les architraves doivent être tracées de telle sorte que le renflement (jui a été ménagé dans le stylobate se retrouve dans les membres supérieurs de l'édifice*. »
Enfin, il est un troisième genre de courbes qui se trouve également au Parthénon et dans les autres édifices grecs. La face de l'entablement forme une ligne concave sur chacun des côtés de l'édifice, de sorte (fue les angles ne sont pas absolument droits, mais un peu aigus. Cette disposition avait évidemment pour but d'ajouter encore à la solidité du temple , en opposant à l'écartement une plus grande résistance vers le centre des grandes lignes.
Les colonnes sont cannelées à vive arête dans toute leur hauteur, et les cannelures sont au nombre de vingt. Elles ne viennent pas, comme dans la plupart des autres temples grecs, se couper brusquement et à angle droit aux filets du chapiteau^ elles se rapprochent plutôt du système romain; seulement, au Parthénon, au lieu d'être terminées, comme en Italie, par un demi-cercle, elles le sont par une sorte d'arc
surbaissé.
Les joints des tambours qui composent les colonnes sont d'une telle perfection, qu'il faut la plus grande attention pour les découvrir; ils n'ont souvent pas l'épaisseur du cheveu le plus délié. Du reste, dans tous ses détails, le Parthénon offre la même perfection.
Les colonnes soutiennent un entablement qui a 3"\25 de hauteur et qui n'est pas moins admirable par la beauté des marbres dont il est orné, que par le caractère mâle qui règne dans ses profils. Il paraît, conformément à la règle posée par Vitruve 2, avoir été décoré de têtes de lion et d'antéfixes, dont on voit quelques échantillons au musée de Londres ^.
La face du triglyphe est exactement à l'aplomb de celle de l'architrave, règle que Leroy pense avoir été suivie à Athènes jusqu'au temps d'Au-
i. « Capitulis perfectis deinde columnarum, et non ad libellam^ sed ad œqualem modulum collocatis^ ut quœ adjectio in stylobatis facta fuerit , in superiorihus membris respondeat, epistyliorum ratio sic est habenda » Vitr. L. HI, t;. 5.
2. « In cymis capita leonina sunt scalpenda, >» ' Vitruve. L. HI.
3. Elgin Saloon, ]N« 391, t»te de lion. N»» 389 et 390, antéfixes.
guste, et dont les Grecs se seraient écartés alors, et après eux les Romains, en faisant la surface du triglyphe en surplomb sur l'architrave.
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Triglyphe du Parthénou.
La hauteur des triglyphes du Parthénon est de i"\70, leur largeur de 0'",85. On remarquera encore qu'ici, comme dans tous les temples doriques grecs, l'angle de la frise est flanqué d'un triglyphe, tandis que chez les Romains cet angle restait nu r et le triglyphe était placé à l'aplomb de l'axe de la colonne.
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Angle de frise du Parthénon.
Angle de frise romaine.
L'entablement du Parthénon ne suit pas la forme pyramidale des murs de la cella et des colonnes; au lieu d'incliner, comme eux, vers le centre, il se redresse et penche même légèrement vers l'extérieur du monument. M. Beulé nous semble avoir donné de cette particularité l'explication la plus simple et en même temps la plus vraie. Si l'entablement renversé en arrière eut fui l'œil du spectateur, tout l'effet eût été perdu; ces ornements fussent devenus invisibles, d'autant plus qu'au
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Parthénon, comme dans tous les temples grecs, si tous étaient rehaussés de peintures ^ plusieurs étaient simplement peints et non sculptés, et par conséquent sans saillie-.
Nous avons déjà eu occasion de parler de l'emploi de la polychromie dans la décoration des édifices grecs \ Certaines couleurs étaient, comme par tradition , affectées à certains membres d'architecture : le bleu aux triglyphes et aux mutules, le rouge aux métopes et à la bande creuse qui sépare les mutules, etc.; les gouttes étaient dorées; le fond des frontons était généralement bleu, ainsi que celui des caissons sur lesquels se détachaient des étoiles ou des rosaces d'or. La frise de la cella du Parthénon était surmontée de canaux alternativement rouges et bleus; au-dessous de la frise couraient un méandre S sobrement peint et doré ^ et des rais de cœur distingués par des filets rouges sur un fond bleu 6; enfin, sur un chapiteau d'ante du posticum, M. Penrose dit avoir vu des oves blancs séparés par des fers de lance rouges, et des rangs de perles d'or sur un fond bleu 7.
M. Paccard et quelques autres ont cru voir sur les fûts des colonnes des traces d'ocre jaune. Nous croyons, après examen attentif de l'espèce de croûte jaune qui recouvre en effet certaines parties du fut des colonnes, qu'il ne faut y voir qu'une sorte d'oxydation du marbre produite par l'ardeur du soleil, d'autant plus que les parties les plus abritées, et où par conséquent la peinture eût dû le mieux se conserver, sont justement celles où l'on en trouve le moins de traces.
Le portique est double h chacune des façades du Parthénon, et ce ne sera peut-être pas sans quelque étonnement qu'on remarquera dans le plan que les colonnes du second rang, exhaussées sur deux degrés et d'un plus petit diamètre que celles du premier, ne correspondaient pas toutes parfaitement à leur axe. Ces irrégularités, que la théorie de