Penrose. Principles of Athenian architecture
l'art ne saurait admettre, sont insensibles dans l'exécution et pourtant concourent à l'effet de l'ensemble. Ces colonnes plus sveltes, paraissant converger vers un point de vue central, donnent au péristyle une profondeur apparente plus grande que celle qu'il a réellement^.
La hauteur des colonnes du second rang, compris le chapiteau , est de 10"', 25, et leur diamètre est de i'% 70. La hauteur totale du chapiteau est de 0"%55, dont 0"%286 pour le tailloir, et 0",26i pour l'échiné et les filets qui ne sont qu'au nombre de trois. Ici, les cannelures du fût sont formées de segments de cercle.
Intérieur du Parthénon. L'intérieur du temple E, long de 30"% 60 sur 19"% 35 de largeur, avait une disposition analogue à celle des basiliques élevées plus tard par les Romains^ En 1676, Spon et Wheler y virent encore la galerie QRST, large de 5™, 40, qui entourait de trois côtés la partie centrale du naos, et qui était composée de deux ordres superposés; en 1765, époque du voyage de Chandler, toutes les colonnes avaient disparu; mais si on n'a que des données très-vagues sur l'ordre supérieur dont on n'a retrouvé aucun fragment authentique, on a pu réunir assez d'éléments pour relever le plan de l'ordre inférieur. Si Ton en croyait Stuart et quelques autres auteurs , il y eût eu également des colonnes au quatrième côté du tiaos^ celui de l'est. Cette assertion nous semble inadmissible; les colonnes, ainsi qu'on peut s'en assurer par la largeur des entre-colonnements , eussent nécessairement été en nombre impair et celle du milieu se fût trouvée juste dans l'axe de la porte. En outre, le petit stylobate légèrement exhaussé, qui portait les colonnes des trois autres côtés, n'existe pas au quatrième. Du reste, il serait impossible aujourd'hui de vérifier le fait, le sol étant couvert par d'énormes débris, et par les restes du sanctuaire chrétien.
Suivant MM. Paccard et Penrose, le portique était soutenu par vingt et une colonnes, et aux angles par deux piliers UU, avec pilastres saillants. Ces piliers nous paraissent une restitution difficile à justifier par des exemples antiques. Dans la basilique de Pompéi, qui présente avec l'intérieur du Parthénon plus d'un point de ressemblance, les angles du portique sont occupés par des colonnes et non point par des piliers 2.
i. C'est cette môme pensée qui, poussée à ses dernières conséquences, a guidé le Borromini dans la construction du curieux portique en perspective du palais Spada, à Rome. 2. E. Breton. Pompeia. — Voy. le plan de la basilique, page suivante.
ATHÈNES
Laissant donc de côté cette supposition que n'avait point faite M. Brôndsted^ qui, à la vérité, ne compte dans l'intérieur du Parfhénon que seize colonnes, ce qui est évidemment une erreur, nous dirons que le portique était formé de dix colonnes de chaque côté et cinq colonnes au fond, en comptant deux fois les colonnes d'angle, total : 23 colonnes. Nous nous trouvons ainsi d'accord avec Spon, Wheler et Chandler, suivant lesquels le portique inférieur était composé de vingt-deux colonnes, tandis que l'ordre supérieur en comprenait vingt-trois. La colonne impaire se trouvait au-dessus de l'entrée, qui, par cette disposition, était dégagée et spacieuse 2. Spon et Chandler eussent dû ajouter que la vingt-troisième
■==1 il
Plan de la Basilique de Pompéi.
colonne V, de l'ordre inférieur, avait été enlevée à l'époque de la transformation du Parthénon en église, afin de donner un libre passage par la nouvelle entrée transportée à l'occident. On avait du en même temps substituer aux deux morceaux d'architrave restés sans appui, une architrave d'une seule pièce et de la largeur de deux entre-colonnements.
Les savants et les architectes sont loin d'être d'accord sur une question bien importante, dont aujourd'hui on demanderait en vain la solution au monument lui-même. Le Parthénon était-il couvert? L'existence de la galerie qui de trois côtés régnait le long de la muraille n'est pas douteuse; il ne reste donc d'incertitude que sur la partie centrale. Les exemples antiques ne manqueraient pas à l'appui de l'opinion de ceux qui, comme M. Paccard, pensent qu'elle était entièrement hypœthre ou découverte. Pourtant, ici, il nous répugne de croire que cette statue d'or et d'ivoire, chef-d'œuvre de Phidias pour la conservation duquel on avait pris de si minutieuses précautions, soit restée exposée à la pluie et