‹ Athénienne, AthènesChapitre 1 sur 51 · L'APHRODITE DE PRAXITÈLE · texte numérisé non relu

L'APHRODITE DE PRAXITÈLE

ANDIS qu'amour de Toi, dans le grand musée triste, la foule indifférente passait et repassait, le poète, prosterné devant Ta beauté, évoquait l'époque sublime oii l'humanité dressait des autels aux rêves des artistes.

C'est donc à Toi, — ô Déesse! — qu'il dédie ces pages conçues à Tes pieds.

Préfaces

Préface de la première édition

N a écrit de nombreux ouvrages sur les monstruosités religieuses et morales des civilisations antiques. Une foule d'écrivains, s'inspirant des apologistes chrétiens des premiers siècles — comme si un pamphlet pouvait être un document historique sérieux! — se sont plu à flétrir, avec de belles pudeurs et de lyriques indignations, les religions et les mœurs des nations maudites « assises à l'ombre de la zMort » .

Ils se sont trompés. — Soyons franc! — Ils ont menti, ceux qui ont prétendu que la religion d'cAristote et de Tlaton, de Cicéron et de Socrate, se rédui"

sait aux fables grossières de la mythologie. c4 travers ces récits symboliques, au-dessus des passions humaines divinisées, tous les grands esprits de l'antiquité avaient entrevu Dieu. !?{jil ne peut empêcher le fleuve immense des légendes populaires de déposer ses alluvions autour des dogmes religieux, et il faut être de mauvaise foi pour reprocher à ces dogmes ce que la fantaisie des poètes s'est permis de leur ajouter.

Quant aux mœurs, si nous les étudions sans préjugés, — telles qu elles nous apparaissent à travers les sages législations de Solon et des TDécemvirs, — nous verrons qu'elles ne différaient des nôtres qu'en ce qu elles avaient de poésie en plus et de fausse pudeur en moins.

Si dans les festins on faisait danser des courtisanes nues, l'époux n'eût point permis à l'épouse de sourire à l'adultère au sein des danses lascives.

Si l'on plaçait dans les temples les images des Vieux, on avait du moins l'excuse de l'oArt que notre époque ne peut invoquer pour les poupées grotesques que certaines gens vénèrent.

On avait des tyrans sans doute! — mais mieux vaut être esclave du meilleur, que dis-je! mieux vaut être esclave du plus mauvais, que d'être libre avec la populace, au milieu de la populace, de notre populace d'aujourd'hui surtout : cette brute lâche et stupide,

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