KID DUFRESNE
KiD DUFRESNE.
De tous les ])ngilistes canadiens-français qui occupent actuellement l'attention du public, aucun ne fait plus honneur à notre race par ses succès constants et sa conduite exemplaire que le petit boxeur " ■ bantam " Kid Duf resne.
Ce compatriote est né à Weedon, comté de Wolfe, le 27 décembre 1882, et c'est à vingt ans, à Lewiston,
Me, qu'il a commencé sa remarquable carrière de pugiliste professionnel. Xous disons remarquable avec intention, car depuis les sept années qu'il est dans Farène il a livré plusieurs batailles sans qu'on lui ait infligé l'amertume du " knock out ", bien qu'il ait rencontré Tles adversaires sérieux ainsi qu'on le verra par les quelques-uns que nous citons :
Rondes.
Frank Fortin, ^Y.. (1) Lewiston, Me 3
Pierre Verreault. W., Lewiston. Me 6
Pat. Kilrov, N.D., Lewiston. Me 3
Kid Green, K., Lewiston. Me 3
Younff McAvov, K., Lewiston, Me 1
Kid Donohue, V., Bath. Me 3
Frank Maltais, K., Lewiston, Me 7
Young Chartrain, W.. Lewiston, Me 3
Arthur Giroux, K.. Montréal S
Kid Caill, D., Auburn. Me 8
Kid Caill. W., Batli, Me 6
Kid Donohue, VT.. Portland. Me 10
Younff Chartrain. W.. Holowell. Me 3
Alf. Hogan, K., Augusta, Me 2
Alf. L>-nch, W.. Québec, Can 6
Younsr Morissette. W., Salem, Mass 8
Battling îs^elson. E.N.D.. Lewiston. Me... 3
Young Michaud. K.. Berlin Falls 1
Young Lennv. W.. Montréal 15
Patsv Haley, K.. Montréal 7
Al. Delm ont, iSr.I)., Montréal lo
Billv Allen. N.r>..' Montréal, 1908 15
Lvnch. Québec: X.D., Québec, 1908 15
(1) Les lettres après les noms des pugilistes sont des abréviations anglaises indiquant le résultat de la rencontre. W. signifie won, gagnée par Dufresne. N. D., no décision, équivalent à rencontre nulle. K., knock out. E. N. D. : Exhibition no décision. Rencontre sans enjeu et de résultat nul.
Pendant deux ans, Kid Dufresne demeura chez son gérant, Adolphe Gingras, (1) à Québec, le joueur de crosse fameux, qui mérita le surnom de " stonewall goaler and cover point " du Club de Québec. Notre petit boxeur ne flâna pas là-bas: il s'entraîna, au contraire très consciencieusement et continuellement avec des athlètes tels que Arthur Brière, Olivier Daoust et Louis Bissonnette. Son plus grand désir alors était de rencontrer le nègre George Dixon ou l'Iialien Al Delmont, deux boxeurs légers dont la renommée était très étendue dans les milieux sportifs, et des pourparlers furent engagés à cet effet. Mais Dixon mourut et sa rencontre avec Delmont a été nulle.
Ceux qui croient qu'un boxeur est un être sanguirajre, aux manières brusques, à l'existence déréglée, feraient bien de connaître ce jeune pugiliste. Ils comprendraient vite qu'on peut pratiquer l'art de Tsitaque et de la défense aux coups de poing sans cesser d'être un excellent citoyen, car peu d'hommes mènent une vie plus sobre et plus rangée, peu d'hommes sont aussi affables et aussi sympathiques que Napoléon (Kid) Dufresne.
Notre athlète a embrassé la carrière de la boxe, parce qu'il avait des aptitudes sérieuses pour ce sport tant aimé des Saxons et qu'il pouvait y gagner fortune et renommée, aussi poursuit-il son but avec ténacité et énergie.
Depuis trois ans, Dufresne est retourné à Lewiston, et il passe rarement un mois sans se mesurer une ou deux fois avec quelques adversaires.
(1) M. A. Gingras est depuis venu s'établir à Montréal.