‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 11 sur 136 · COMMUNES DU BASSIN · texte numérisé non relu

COMMUNES DU BASSIN

Un ligament propre 'd cette articulation est celui qu'on nomme sacro - vertébral (pi. 3, ûg. 1, c'c'); c'est un faisceau court, mais épais et résistant, qui s'étend obliquement de la partie inférieure de l'apophyse transverse de la dernière vertèbre des lombes à la base du sacrum, dans le voisinage de l'articulation sacro-iliaque, et qui confond ces fibres dans ce point avec celles du ligament antérieur de cette articulation. Il est recouvert par le muscle psoas.

Un dernier ligament, plus résistant encore, unit le sommet de cette même apophyse transverse à la crête iliaque; c'est le ligament iléo-lombaire (pi. 2 et 3, lig. 1, b'b'). Il forme un faisceau triangulaire assez gros, dont la base s'implante sur la partie la plus épaisse de la crête iliaque, au-dessus de l'épine postérieure et supérieure de cet os, et dont le sommet embrasse l'extrémité libre de l'apophyse transverse de la cinquième vertèbre lombaire. Les fibres qui constituent ce ligament ont une direction horizontale, offrent d'autant plus de longueur qu'elles sont plus supérieures, et sont souvent partagées en plusieurs faisceaux entre lesquels existent du tissu cellulaire et quelques vaisseaux. Le ligament iléo-lombaire répond en avant au muscle psoas, en arrière à la masse commune au sacro-lombaire et au long dorsal, en haut au muscle carré des lombes, et en bas aux ligaments de l'articulation sacro-iliaque. Il concourt h former la base du bassin.

Les mouvements généraux du bassin dans lesquels cette cavité est en totalité portée en avant, en arrière ou sur les côtés, se passent non-seulement dans l'articulation sacro-lombaire, mais encore dans les articulations qui réunissent les unes aux autres les vertèbres des deux dernières régions de la colonne vertébrale. Toutefois ces mouvements généraux, quoiqu'ils résultent de la réunion de plusieurs mouvements partiels, sont encore resserrés dans d'assez étroites limites.

L\iiticidation pehi-fémorale n'ayant aucun intérêt pour l'accoucheur, nous la passerons coni|)lélenunt sous silence.

des changements que les artici l.atitlns propres di: rassin éprouvent pendant la grossesse et l'accouchement.

C'est une opinion très anciennement émise que celle dans laquelle les articulations propres du bassin, que nous avons dit ne permettre que de légers mouvements de glissement dans l'état ordinaire de la vie, sont considérées comme devenant très mobiles pendant la grossesse, et même comme s'écarlant pendant l'accouchement, dans le but de faciliter le passage du fœtus. On trouve déjà quelques traces de cette opiniiui dans le livre hippocratique De uatura pueri, et de plus elle est nettement exprimée dans

Aéliiis et dans Avicennos. Mais elle a surtout ité défendue avec force par Séverin Pinaull (1), et, ce qui vaut mieux encore, établie par lui sur un fait publiquement observé dans les écoles de chirurgie de Paris en 1579. Alors et depuis, d'autres faits semblables ont été recueillis par un grand nombre d'auleurs, et parmi ceux-ci, les uns, avec Riolan, Spigel, Ilenning Arnisœus, des Innocens , Seul tel , Bouvart, Santorini, Deisch, Martin, Lespinas, Duverney,etc., ont constaté spécialement l'existence d'un écarlement des pubis sur le cadavre de femmes mortes enceintes ou nouvellement accouchées; tandis que d'autres, avec Guillemeau, F. de Hilden, Daniel Ludovic, Solingen, Yerdier, Smolett, etc., n'ont eu occasion de l'observer que sur des femmes vivantes (2). Quoiqu'il nous semble que dans ces observations on ait souvent confondu un étal physiologique avec une maladie des articulations du bassin, cependant nous ne pouvons douter que, dans bon nombre d'entre elles, il ne s'agisse d'un simple écartement des os, avec relâchement des ligaments qui les unissent. Ce phénomène de la grossesse, qui n'est pas d'ailleurs exclusivement piopre à l'espèce humaine, est généralement admis aujourd'hui, mais on ne le considère pas comme constant, et l'on reconnaît, quand il existe, qu'il présente des degrés en rapport avec la constitution des femmes, leur genre de vie, leur habitation, etc. 11 csl caractérisé anatomiquenient par une plus grande étendue des articulations, et en particulier de celle des pubis; par une abondance plus grande de synovie entre les surfaces articulaires, mais sans changement apparent dans les lames cartilagineuses qui les recouvrent ; par une coloration rougeâtre de tout l'appareil ligamenteux du bassin, coloration que ne peuvent faire disparaître ni la macération, ni le lavage, et qui est surtout très prononcée sur les ligaments sous-pubien et pubien antérieur; enfin par une élasticité plus grande de tous les liens fibreux qui uni.ssent les os, et en vertu de laquelle ces os se déplacent plus facilement et reviennent à leur contact naturel dès que l'effort qui les éloigne a cessé d'agir.

La plupart des auteuis qui ont écrit sur ce sujet pensent que le relâchement des articulations du bassin pendant la grossesse lient ;i une inriltraiioii de sérosité qui ramollit et qui gonfle les cartilages et les ligaments de ces articulations, infiltration dont la cause est dans le mouvement flnxionnaire qui active la nutrition de l'utérus et de ses annexes pendant tout le temps de la grossesse. Nous partageons cette opinion, mais nous ne pouvons adoptei l'explication que Louis

(1) 0;iii5('iiliii)i pUysiolojjicwn cl niiitlominim in duos libres dis linclum, 1 597.

(2) Vo^c2TE.^o:^■, Mémoires de l'iiislilul, l, VI.

DES ARTICLLATlOiNS DU BASSLN.

a donnée du mécanisme de ce relâchement (1). Cet auteur pense que les cartilages qui revêtent les surfaces articulaires des os se gonflent par l'inliliralion de la sérosité, et agissent alors à la manière des coins de bois sec que l'on place dans lis fentes de rochers pour les faire éclater. Daudelocque, qui, nous l'avons dit plus haut, a admis un des premiers que l'articulation des pubis était une arthrodie, nie, ainsi que F. Meckel, que ces cartilages présentent plus d'éjiaisseur pendant la grossesse, et réfute l'opinion de Louis, en disant que la structure des symphyses, mieux connue aujourd'hui, n'admet plus ces comparaisons ingénieuses; mais lui-même donne du phénomène une explication qui ne nous paraît pas meilleure. 11 place dans l'intérieur du bassin l'agent de cet écartement, et c'est l'utérus distendu par le produit de la conception, ou la tête môme du fœtus pendant l'accouchement, qui détermine cet effet. M. Moreau a renversé cette explication en disant qu'on a observé le relâchement des symphyses à une époque de la grossesse où l'utérus avait à la fois trop peu de volume et trop peu de poids pour repousser les os qui forment l'excavation pelvienne, et il cite à l'appui de cette critique Bertin, qui a vu le relâchement des articulations à quatre mois de grossesse. Quant à la tête du fœtus, elle tend évidemment, pendant le travail, à écarter les os, lors de son passage à travers les détroits du bassin. Toutefois elle ne peut à elle seule produire cet effet, et il faut, pour que celui-ci ait lieu, que les ligaments soient préalablement plus souples et plus longs qu'ils ne le sont dans l'état normal.

Mais si le relâchement des articulations propres du bassin ne reconnaît pour cause ni le gonflement des cartilages ni la pression excentrique de l'utérus distendu, ou de la tète du fœtus poussée par les contractions de cet organe, à quoi tient-il donc? La nature arthrodiale que nous avons été conduit ù reconnaître aux articulations propres de cette cavité va nous aider à donner à cette question une solution bien simple. Nous croyons qu'à un degré peu avancé ce relâchement tient uui(iuenienl à l'infiltration séreuse des ligaments du bassin , dont nous avons précédeiuineut indiqué la cause , qui est l'état de gros-scsse luimême; alors il n'y a pas d'écarlement des os qui forment les articulations, mais cet écartement est possible, et il a lieu dans de certaines limites, quand la tète du fœtus ou toute autre cause .vient à agir excentriquement sur eu.x. C'est là le cas le plus ordinaire. Dans des degrés plus avancés, il s'ajoute U ce ramollissement des ligamenl.s une hypersécrétion de synovie qui distend les cavités articulaires et qui écarte les os qui les forment. Alors la mobilité est

(I) iicmoivcs de VAcadànic de ckirurtjic, t. IV.

Dl BASSIN EN GtÎNIÎRAL

très grande, et si sur lecadavre on ouvre lesjointures, il s'en écoule une humeur visqueuse abondanle, comme Morptagni l'a vu uue fois. Quelle que soit d'ailleurs l'expliralion qu'on voudra adopter de ce phénomène physiologique, son existence ne peut être mise

en doule, et son but est évident, c'est d'assouplir la rigidité des ligaments du bassin, consécutivement de favoriser l'agrandissement des détroits de cette cavité osseuse, et finalement de faciliter le travail de l'accouchement.

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