CHAPITRE TROISIEME
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Le sacrum uni au coccyx et aux os coxaiix , et ces deux derniers os unis entre eux à l'aide des ligaments que nous venons de décrire, constituent une cavité ostéo-flbrcuse à laquelle on donne le nom de bassin.
Historique. Vésale est le premier qui ail comparé l'assemblage de ces os au bassin dont se servaient les barbiers, et qui lui en aitdonné le nom. Colombus, son élève, et tous les analomistes jusqu'à nosjours ont suivi cet exemple. Jlais c'est aux travaux d'Albinus, de Levrel, de Smellie, de Camper et de Sandifort que l'on doit la première connaissance de toutes |les particularités intéressantes qu'offre cette cavité envisagée d'une manière généraleelau point de vue de l'accouchement. Smellie distingua le premier ses diverses parties, et divisa sa surface intérieure en détroits supérieur, inférieur et en excavation. Levret, Stein et Baudelocque indiquèrent mieux que leurs prédécesseurs les diamètres de ces parties, et les rapports qui existent entre eux et les diamètres de la tète du fœtus. Deventer et Smellie avaient dit quelque chose de l'axe du bassin; Levret et Rœderer l'étudièrent avec plus de soin, en ne s' occupant toutefois que de l'axedu détroit supérieur. Baog, et après lui Stein et Baudelocque, reconnurent celui de l'excavation et du détroit inférieur, et arrivèrent ainsi à la déterniiuation de l'axe complet de la cavité pelvienne. Ce sujet a été, dans ces derniers temps, repris et traité à fond par Naegele. Nous extrairons du mémoire qu'a publié ce célèbre accoucheur, en 1825, des documents historiques précieux, qui jettent un grand joursur la question de la direction des plans et axes des détroits et de l'excavation du bassin.
Situé à la partie inférieure du tronc, dont il forme la base, entre la colonne vertébrale, qui repose en arrière et au-dessus de lui, et les membres inférieurs, qui sonlcommeappeudusau-devantet au-dessous, le bassin représente un anneau complet <iue l'on peut décomposer en deux cintres, dont le postérieur et supérieur revoit tout le poids des parties placées au-dessus de lui, et dont l'antérieur et inférieur lui sert d'arc-boulant. En traitant plus loin des usages du bassin, nous
exposerons le mécanisme de sa résistance dans la station et dans la marche.
La forme générale du bassin, assez irrégulièreau premier aspect, peut cependant être rapportée à celle d'un conoide comprimé d'avant en arrière, et coupé obliquement à ses deux extrémités. Dans la position verticale du corps, la base de ce conoide est tournée en haut et en avant, et le sommet en bas et arrière.
On divise le bassin en surface intern". et en surface externe; quelques auteurs ajoutent en hase et en sommet.
I-a surface externe est subdivisée en quatre régions : une antérieure, une postérieure et deux latérales.
La région antérieure, limitée en dehors par les cavités cotyloïdes, plus élevée sur ses cotés qu'à son milieu, est inclinée en bas. Elle présente à sa partie moyenne le devant de la symphyse pubienne,etsurles côtés la face externe des branches ischio-pubiennes, puis les fosses obturatrices externes, et enfin les cavités cotyloïdes.
La région postérieure, limitée en dehors par la saillie des os coxaux, est formée par la face postérieure du sacrum et du coccyx. Elle offre donc toutes les particularités d'organisation que nous avons signalées en décrivant la face postérieure de ces deux os; et de plus, en bas l'articulation sacro-coccygienne, cachée par son ligament postérieur, et sur les côtés l'articulation sacro-iliaque, recouverte par le plan le plus superficiel des ligaments sacro-iliaques postérieurs et sacro-épineux.
Enfin, les régions latérales, comprises entre les deux précédentes, offrent en haut les fosses iliaques externes, et en bas les deux échancrures sciatiques converties en trous par les ligaments de même nom.
La surface interne du bassin, plus importante à étudier que la précédente, est divisée en deux parties d'inégales grandeuis par un rebord osseux qui, partant de l'angle sacro-vertébral, se prolonge sur la face interne de l'iléuni et sur le pubis jusqu'à la symphyse de ces os ; ce rebord porte le nom de marge du bassin, tandis que la portion placée au-dessus de lui est dési-
DU BASSIN EN GÉNÉRAL
. gnéesous celii! de (jrfdul bassin ou bassin supérieur, et que celle placée au-dessous est appelée petit bassin. Le GRA>D BASSIN, fort évasé transversalement, forme une sorte de pavillon qui surmonte l'entrée du petit bassin, et faitparliedela cavité abdominale; il est constitué en arrière par les deux dernières vertèbres lombaires qu'on a coutume de laisser en place pour compléter le bassin; sur les côtés, par l'aileron du sacrum et la fosse iliaque interne; en avant, il offre une vaste échancrure qui, dans l'état frais, est comblée par les muscles de la paroi antérieure de l'abdomen. On trouve, sur les côtés de la saillie, formée par la dernière vertèbre lombaire unie au sacrum, deux larges gouttières en partie remplies par les muscles psoas, plus en dehors la partie supérieure de l'articulation sacro-iliaque et le ligament antérieur qui la recouvre, plus en dehors encore les fosses iliaques internes, remplies par les muscles iliaques.
Pour apprécier les dimensions du grand bassin, on s'accorde généralement à lui reconnaître deux diamètres (voy. pi. ù, flg. 1) qui mesurent sa longueur et sa largeur. On donne le nom de diamètre h une ligne qui va d'un point de la circonférence d'un cercle à un autre point de cette circonférence en passant par le centre.
Le diamètre transversal s'étend du milieu de la crête d'un iléum au même point del'iléum opposé (A'B'); il est le plusgranddesdeux, il a27i niillim. (10 pouces). Les autres lignes tirées dans la même direction et sur le même plan diminuent successivement en arrière et en avant, et, dans ce dernier sens, celle qui va d'une épine iliaque antérieure et supérieure îi l'autre n'a que 217 à 2/i4 millimètres (8 à 9 pouces), 2/i9 millimètres (9 pouces 3 lignes), suivant Kilian, tandis que celle qui va d'une épine iliaque antérieureet inférieure à l'autre n'a que 182 millimètres (6 pouces 9 lignes}, suivant le même auteur.
Le diamètre antéro-postérieur mesure l'espace que comprendrait une ligne horizontale tirée du corps de la quatrième vertèbre lombaire, et qui se réunirait, au niveau des crêtes iliaques, ii une ligne verticale .s'élevant de la symphyse pubienne et représentant la paroi antérieure de l'abdomen. Ce diamètre a environ 2)7 millimèlres (8 pouces); mais l'extensibilité dont jouit la paroi abdominale en avant s'oppose .'i ce qu'on donne à ce diamètre une limile fixe comparable à celle que nous venons d'assigner au diamètre transversal.
La hauteur du grand bassin est mesurée par une ligne verticale qui s'élend du rebord du dciroit supérieur à la crête iliaque. Celle ligne a 95 millimètres (3 pouces 1/2), et seulement lU millimèlres (2 pouces 9 lignes), d'après Kilian.
Le PETIT BASSIN SB présente SOUS la foriiie d'un canal
courbe que le f(rlus doit parcourir lors de l'accouchement; il est limlléen haut parla ligne saillante appelée marge du bassin, et en bas par un rebord irrégulier, moitié osseux et moitié fibreux, qui forme le sommet du cône pelvien.
Par suite de l'existence de la courbure it concavité antérieure que présente le sacrum h son milieu, le petit bassin est plus large en ce point qu'à ses deux extréniilés : cette conformation a porté les accoucheurs h appeler détroits les resserremenis que subit cette cavité en haut et en bas, et ils ont , d'après cela, distingué ces déiroils en supérieur ou abdominal et en inférieur ou périnéal, réservant à l'espace compris entre eux deux le nom de cavité du petit bassin ou li'excavation pelvienne. Étudions chacune de ces parties en détail.
Placé en haut, le détroit abdominal forme l'ouverture de communication entre le grand et le petit bassin ; on le nomme encore quelquefois, à cause de cela, entrée du bassin, isthme du bassin et détroit supérfeur (voy. pi. li, fig. 1). La ligne qui en borne la circonférence, plus prononcée en arrière et sur les côtés qu'en avant, nous est déjà connue, c'est la marge du bassin; elle répond, nous l'avons dit plus haut, au rebord saillant qui part, à droite et à gauche, du milieu de l'articulation sacro- vertébrale, passe sur l'union delà face antérieure du sacrum avec sa base, puis sur la symphyse sacro-iliaque, et qui, plus loin, borne inférieuremenl la fosse iliaque interne, en suivant en avant et en dedans la branche horizontale de l'os pubis jusqu'à la symphyse de ce nom, où il se termine.
Le contour décrit par cette ligne offre en arrière une saillie formée par l'arliculalion de la base du sacrum avec le corps de la dernière vertèbre lombaire, saillie à laquelle on donne généralement le nom i'angle sacro-vertébral, et que les accoucheurs nomment le promontoire.
La forme de ce détroit est variable ; nous mentionnerons plus loin quelques-unes de ses variétés les plus importantes, mais en général, dans la femme adulte bien conformée, celte forme est celle d'une ellipse à grand diamètre transverse, dont la régularité de contour est interrompue en arrière par la .saillie du promontoire. C'est cette saillie du point médian de la moitié postérieure du dêlroit supérieur qui a fait comparer sa ligure à celle d'un cœur de cartes à jouer, comparaison peu exacte chez la femme, mais assez exacte chez l'homme, dont l'angle sacro- vertébral est plus proéminent en avant, et dont les branches des pubis, plus courtes, se rencontrent sous un angle plus aigu pour former la sympliy.se.
Depuis Ould, Smellie et l.evrcl, les arcouibeurs assignent à ce dciroit plusieurs diamètres. On en décrit quatre aujourd'hui : l'un d'eux (AA) mesure sa lar-
DKS Divruorrs
genr; il s'étend de l'angle sacro-vertébral à la symphyse des pubis; il a ordinairement 108 millimètres {Il pouces) d'étendue. On le connaît sous les différents noms de diumètre droil.de diamètre antéro-postérieur, de diamètre sacro-pubien el de petit diamètre :cesl le diameter œnjiiijiita des Allemands.
rn autre diamètre (CC) mesure sa longueur : il s'étend du bord Inférieur d'une fosse iliaque au point diamétralement opposé; il est de 135 millimètres (5 pouces) : on le connaît sous les noms de diamètre transverse, de diamètre lii-iliaque et de granddiamètre. In troisième (BB) va obliquement de l'éminence ilio-pectinée, d'un côté, à la symphyse sacro-iliaque, du côté opposé. 11 a 122 millimètres (U pouces 1/2). On le nomme diamètre oblique, diamètre ilio-sacrocotytoïdien et diamètre moyen. Comme il y en a un de chaque côté, on en dislingue un droit el un gauche.
John Burns et M. Velpeau ont admis, dans ces derniers temps, un quatrième diamètre (AB). Celui-ci est représenté par une ligne qui se porte de l'éminence ilio-pectinée à l'angle sacro-vertébral ; quoique celte ligne ne passe pas par le centre du détroit, et que, par conséquent, elle n'offre pas la condition requise en géométrie pour marquer un véritable diapièlre, cependant, pour plus de facilité, nous lutïbnserverons ce dernier nom et nous décrirons l'espace qu'elle mesure comme les précédents, car il n'offre pas moins d'importance qu'eux dans la théorie et dans la pratique des accouchements. M. Velpeau avance que ce diamètre offre une étendue de 99 à lOù millimètres (3 pouces 8 à 10 lignes). Celte mesure a paru trop considérable il .MM. iNyegele el Stoltz, qui, sur quatre-vingt-quatorze bassins étudiés par eux à ce point de vue, ont trouvé pour moyenne 88 h 90 millimètres (3 pouces 3 îi û lignes) seulement. On connaît en France ce diamètre sous le nom de diamètre sacro-cotyloïdien; ma\s, en Angleterre et en Allemagne, on l'appelle simplement dislance sacro-cuhjloi'dienne. Comme le précédent, il est double, et distingué en droit et en gauche.
La circonférence du détroit supérieures! de ûOG à .'i33 millimètres (15 à 16 pouces).
Le dèiroit inférieur (pi. li, fig. 2), qu'on appelle encore détroit périnéal et petit détroit, forme l'orilice inférieur du petit bassin, et constitue ce que quelques auteurs désignent sous le nom de sonvnet du bassin. Il a la ligure d'un ovale ;i grand diamètre antéropostérieur, interrompu en arrière par une échancrure qui répond à la saillie du coccyx; mais tous les accoucheurs font observer avec raison que cet os, étant en général très-mobile, et sa saillie s'effaçanl lors du passage de la tète de l'enfant à travers l'ouverture qu'elle concourt h former en arrière, cette saillie ne doit être comptée pour rien par l'accoucheur, el que, par «•.onséquent, le détroit inférieur peut être considéré
par lui comme ayant une ligure régulièrement ovale. Les parties qui le circonscrivent dans un bassin articulé par ses ligaments naturels sont : en arrière, la pointe el les bords du coccyx; sur les côtés, les ligaments sacro-sciatiques et les tubérosités de l'ischion; en avant, les branches ischio-pubiennes, et la symphyse des pubis revêtue de son ligament sous-pubien ; mais ces parties ne sont pas, comme celles qui bornent le détroit supérieur, placées sur un même plan. En effet, les tubérosités ischiatiques forment sur les côtés du détroit inférieur deux saillies qui dépassent en bas le niveau du coccyx, el surtout celui du sommet de l'arcade pubienne, ce qui fait que lorsqu'un bassin sec repose sur une surface horizontale, il ne touche celleci que par ces saillies, et que sur le vivant, dans la position assise, c'est encore sur elles seules que porte presque exclusivement le poids du tronc. Quoi qu'il en soit, celte inégalité de niveau des parties qui circonscrivent l'aire du détroit inférieur devient une cause de difficultés quand il s'agit de fixer la direction du plan el même l'étendue de certains diamètres de ce détroit ; el si l'on voulait absolument marquer par une ligne la direction de ce plan, cette ligne serait une courbe à concavité supérieure, dont la partie la plus profonde répondrait au sommet des ischions. Quelques accoucheurs, au nombre desquels on compte Dugès et M, Guillemot, ont cru tourner cette difficulté en divisant le détroit inférieur en deux régions, dont l'une, antérieure ou sous-pubienne, appelée vukaire, parce qu'elle correspond à la vulve dans son état de dilatalion, est limitée par le demi-cercle osseux qui forme l'arcade pubienne. Cette arcade forme un angle de 90" ;i 100°; sa largeur est de 95 à 108 millimètres (3 pouces 1/2 à II pouces) 'A sa base, de 27 à 3i millimètres (12 à 15 lignes) à son sommet, el sa hauteur est de 68 millimètres (2 pouces 1/2) ; elle offre des bords recourbés en delior.s et un peu en avant, à peu près comme ils l'auraient été si, étant mous, un corps dur et volumineux avait traversé de dedans en dehors l'espace qu'ils circonscrivent. La direction du plan de celte première région est oblique de haut en bas et d'avant en arrière (pi. 5, fig. 3, CU). La seconde région, qu est postérieure, et appelée anale, î> cause de ses rapports avec ^ l'extrémité du gros inteslin, est limitée sur les côtés p»»^ le bord antérieur des deux ligaments sacro-sciatiques, et en arrière par le coccyx. Le plan de cette région a une direction inverse de celui de la précédente: il est en effet oblique de haut en bas et d'arrière en avant (même fig., AB). Quoique les accoucheurs cités plus haut aient insisté sur l'importance de celte division, en démontrant, entre autres choses, que c'est au point de réunion de ces deux régions que tous les efforts du travail se concentrent au dernier temps de l'accouchement, cependant leur opinion n'a pas prévalu.
DU liASSlN m GÉNÉRAI.
[.a majûi'ité îles ailleurs actuels s'accorde à négliger la saillie des ischions dans la détermination du plan du détroit inférieur, et ;i considérer le diamètre coccypubien de ce détroit comme la ligne qui marque la direction de ce plan : c'est aussi de cette manière que nous l'envisageons plus loin.
Le détroit périnéal (pi. U, fig- 2) a trois diamètres : l'un (AA) s'étend du sommet du coccyx au sommet de l'arcade pubienne , on l'appelle coccy-pubien et antéro - postérieur ; il a 108 millimètres (Zi pouces), mais il peut gagner jusqu'à 27 millimètres (1 pouce) par le renversement du coccyx en arrière.
L'n autre (CC) s'étend transversalement d'une lubérosiié ischiatique à l'autre; on le désigne sous le nom de diamètre bi-ifchicitique et de diamètre transverse. Il a en général 108 millimètres (i pouces). M. Velpeau et Aitken lui ont le plus souvent trouvé quelques lignes de moins; mais il n'est pas rare de lui eu trouver aussi quelques-unes de plus.
Le dernier diamètre (BB), qui se porte du milieu du bord antérieur du grand ligament sacro-sciatique, d'un coté au point de réunion des branchesdc l'ischion, et du pubis du côté opposé, coupe obliquement les deux autres ; il est connu sous le nom de diamètre oblique; il a 108 millimètres (i pouces). Toutefois la souplesse des ligamcnls qui le bornent eu arrière lui permet de s'allonger de (luelques lignes encore. On reconnaît doux diamètres obliques : l'un droit, l'autre gauche.
La circonférence du détroit inférieur est de 325 à 35j millimètres (12 ;i 13 pouces).
\'excavation ou cavité pelvienne est cette partie du petit bassin qui est comprise entre les deux détroits (pi. 5, fig. 1, 2 et 3). Elle représente un canal courbe à parois inégalement élevées, et dont la forme, différente à ses deux extrémités, pai'ticipe de celle des deux rétrécissements avec lesquels elle se continue : c'est ainsi qu'en haut la forme de l'excavation est celle d'une ellipse dont le grand diamètre est transversal (lig. 1), forme qui appartient au détroit supérieur, tandis qu'en bas cette forme est celle d'un ovale à grand diamètre anléropostcrieur (lig. 2), ce qui la rapproche beaucoup de la forme du détroit inférieur quand le coccyx est abaissé. On peut facilement apprécier celte différence en jetant un coup d'œil sur les figures 1 et 'J de la planche 5, et comprendre que, .s'il est vrai que dans le mécanisme de raccouchcment naturel les grands diamètres du firlus se mettent con.stanimenl en rap)ort avec les grands diamètres du ba.ssin de la mère, le mouvement de rotation qui amène ce résullat doit nécessairement s'effectuer dans le milieu de l'exacavalion.
On distingue à cette cavilé quatre régions : une (intérieure, concave transversalement, regardant en
arrière et en haut, offie Al niillinièlres (18 lignes^ de hauteur îi son milieu, et 95 millimètres (3 pouces t /2) sur ses côtés, un peu en dehors des trous sous-pubiens, où elle se termine. On trouve sur celte région : 1° la face postérieure de la symphyse pubienne et le ligament mince q\ii la recouvre. Celle partie de la symphyse forme toujours un bourrelet longitudinal dont la saillie varie chez les différents sujets, et que MM. Velpeau et ,1. Cloquet ont vu dans certains cas s'élever de plusieurs lignes; 2° une si:rface plane formée par le corps des pubis, et qui répond, ainsi que la symphyse, à la face antérieure de la vessie; 3° les trous sous-pubiens, en partie bouchés par la membrane obturatrice, et aux côtés externes et supérieurs desquels on voit l'orifice interne du canal oblique qui donne passage aux vaisseaux et nerfs obturateurs.
La région postérieure, formée par les faces antérieures du sacrum et du coccyx, regarde en avant et en bas; elle décrit une courbe à concavité antérieure, dont la profondeur varie entre 18 et 27 millimèlres (8 î» 12 lignes). Mais cette courbe générale n'est point régulière. En effet, sur un bassin bien conformé, elle a deux partiesbicn distinctes: l'une supérieure, s'étendanl du promontoire à l'articulation de la seconde avec la troisième vertèbre sacrée, représente une surface ;i peu près plane, dont la direction est oblique de haut en bas et d'avant en arrière; tandis que l'autre, qui est inférieure et formée par le reste du sacrum et par tout le coccyx, offre une surface concave dont la profondeur varie suivant que le dernier de ces os est ou n'est point abaissé. Nous verrons plus loin combien celle disposition de la paroi postérieure de l'excavation influe sur la direction de l'axe de cette cavité. La région postérieure est haute de 135 millimètres (6 pouces) sur la ligne médiane, si l'on suit la courbure du sacrum et du coccyx, et de 108 {U pouces) seulement, si l'on tire une ligne droite du promontoire au sommet du coccyx. Elle est bornée latéralement par les articulations sacro-iliaques et par les trous ischiatiqucs. Enfin, elle offre toutes les particularités d'organisation que nous avons déjà mentionnées sur la face antérieure des os sacrum et coccyx, ainsi que le ligament antérieur de l'articulation sacrococcygienne, loulcs choses sur lesquelles il est inutile de revenir.
Les régions latérales comprennent l'espace intermédiaire aux deux régions précédentes, avec le.squelles elles se confondent en avant et en arrière. Ilaules de 95 millimèlres (3 pouces (i lignesi à leur milieu, elles pou\ent être sous-divisées en deux portions, dont l'une, antérieure, tout osseuse, qui répond à la partie postérieure de la cavilé colyloïile et à la face interne de la tubérosilé de l'ischion, est inclinée en avant et
en dehors, et dont l'autre, formée par les ligametits sacrosciatiques et les trous de même nom, est ol)li(|ue en avant et en dedans. L'épine stiatique se trouve au point de jonction de ces deux portions. C'est à cette double obliquité de surface des parois latérales de l'excavation pelvienne que les accoucheurs ont donné le nom de planK inclinés antérieurs et postérieurs; plans inclinés qui jouent un grand rôle, suivant Baudelùcquc, dans le mécanisme du mouvement de rotation par lequel l'occiput, par exemple, est ramené sous l'arcade des pubis, dans une présentaliou du sommet.
Les dimensions de l'excavation varient suivant les points où on les mesure. >ous avons vu plus haut que la forme de cette cavité se rapprochait de celle du détroit supérieur à sa partie supérieure, et de celle du détroit inférieur à sa partie inférieure. Ajoutons ici que les dimensions de ces deux parties de l'excavation se confondent presque avec celles des deux détroits qu'elles avoisiiienl. Aussi n'est-ce pas dans ces points extrêmes, mais dans son centre, qu'il faut étudier les diamètres de la cavité du petit bassin. Flamant est le premier qui ait insisté sur l'utilité de celte étude, en montrant que sans elle on ne peut apprécier les mouvements et les progrès de la tète du fœtus dans celle cavité. La résistance que l'école de Baudelocque opposait à ces idées a cessé de nos jours, et l'on admet à présent les trois diamètres suivants : 1° Le diamètre nntéro-postérieur ou sacro-pubien {pi. 5, fig. 2, A\), qui -S'étend du milieu de la hauteur du sacrum au milieu de la hauteur de la symphyse pubienne, a de 122 à 131 millimètres (û pouces 6 à 10 lignes). Cette différence de longueur entre le diamètre sacro-pubien de l'excavation et les diamètres correspondants des deux déiroitsdépend de la courbure du sacrum, dont la profondeur e.st, comme nous l'avons dit plus haut, de 23 à 27 millimètres (8 à 12 lignes). 2" Le diamètre transverse ou bi-sciatique (BB) , qui doit être pris du bord antérieur d'un grand trou sciatique à l'autre, a, sur un bassin sec, 135 millimètres (5 pouces) au moins; mais sur un bassin frais, il est plus court et lient le milieu, pour la longueur, entre les diamètres transverses des deux détroits; 3° Enfin, le diamètre oblique (CC), qui s'étend obliquement du grand trou sciatique d'un côté, au trou sous-pubicn du côté opposé, n'a de limites bien fixes que sur un bassin revêtu de ses parties molles. On .s'accorde à lui donner la même longueur qu'au précédent.
La circonférence de l'excavation est un peu plus grande que celle du détroit supérieur (planche !>, fig. 1).
La base du bassin est formée par le rebord supérieur de la cavité du grand bassin. Ce rebord est marqué par une ligne ondulée qui part de chaque côté de la
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dernière vertèbre lombaire, et qui longe successivement, en se portant en dehors et en avant : 1» le ligament iliolombaire, 2» le contour de la crête iliaque, 3° l'épine antérieure et supérieure de l'ilium, li° l'échancrure qui sépare cette éminence de l'épine antérieure et inférieure du même os, 5° la coulisse qui loge la masse des muscles psoas et iliaque réunis, 6" l'éminence ilio-pectinée, 7° réjjine du pubis, 8° enfin l'angle du puliis et la symphyse du même nom.
Le sommet du bassin est formé par le détroit inférieur que nous avons décrit plus haut.
Pour achever tout ce qui regarde les dimensions du bassin, il nous reste à indiquer la mesure de quelques autres distances dont la connaissance est utile, surtout quand il s'agit d'établir le diagnostic de certains vices de conformation de cette cavité. 11 résulte des mesures prises à l'aide du compas d'épaisseur de Baudelocque, parNaegele, sur Zi2 bassins de femmes bien conformées, mesures répétées par M. A.. Danyau sur 80 vivantes :
1° Que de la tubérosité sciatique d'un côté, à l'épine iliaque postérieure et supérieure du côté opposé, la distance varie entre 146 millimètres (5 pouces 5 lignes) et 203 millimètres (7 pouces 6 ligues); moyenne, 176 millimètres (6 pouces 6 lignes);
2° Que de l'épine ilia(|ue antéro-supérieure d'un côté, à l'épine iliaque postéro-supéricure de l'autre côté, la distance varie entre 239 millimètres (8 pouces 10 lignes ) et 16i millimètres ( 6 pouces 3 lignes); moyenne, 205 millimètres (7 ponces 7 lignes);
3° Que de l'apophyse épineuse de la dernière vertèbre lombaire à l'épine iliaque antéro-supérieure, de l'un et l'autre côté, la distance varie entre 217 millimètres (8 pouces) et 162 millimètres (6 pouces^ moyenne, 189 millimètres (7 pouces);
h° Que du grand trochanter d'un côté, à l'épine iliaque postérieure et supérieure du côlé opposé, la distance varie entre 259 millimètres (9 pouces 7 lignes) et 189 millimètres ( 7 pouces) ; moyenne, 22^ millimètres ( 8 pouces 3 lignes ) ;
5" Enfin, que du milieu du bord inférieur de la symphyse des pubis à l'épine iliaque postérieure et supérieure, de l'un et de l'autre côté, la distance varie entre 203 millimètres (7 pouces 6 lignes) et 149 millimètres ( 5 pouces 6 lignes) ; moyenne, 176 millimètres (6 pouces 6 lignes).
D'autres distances, non moins importantes à connaître, n'ont point été déterminées avec la même précision que les précédentes par les auteurs, et méritent cependant autant qu'elles l'attention de l'accoucheur. Ce sont :
1° La dislance qui sépare le milieu de la symphyse des pubis du sommet de l'apophyse épineuse de la
DU BASSIN EN GÉNÉRAL
première vertèbre du sacrum; elle a 189 millimètres (7 pouces), et mesure l'épaisseur du bassin.
2° Celle qui s'étend du sommet de la tubérosité sciatique au milieu de la crête iliaque , et qui a la même étendue; celle-ci mesure la liauteur du bassin.
3° Enfin, une distance à peu près complètement passée sous silence dans nos livres classiques, quoiqu'elle soit celle qu'on a le plus souvent l'occasion d'explorer, au moyen du doigt ou des pelvimètres, dans la pratique des accoucliemenls, est la distance qui s'étend du promontoire au sommet de l'arcade du pubis; quelques auteurs l'appellent diaméire diagonal (diameler conjugata diagonatis); d'autres, distance prumonto-sous-pubienne; elle a V2d milliniètres(Zi pouces 6 lignes).
Il existe quelques légères différences entre les chiffres donnés par les auteurs français et les auteurs étrangers qui ont étudié les dimensions du bassin avec le soin que ce sujet mérite; elles tiennent à ce que les uns ont pris leurs mesures sur des bassins secs, tandis que les autres ont pris les leurs sur des femmes vivantes, ou bien à ce que le système métrique employé est différent du notre. Mais, en général, ces chiffres concordeni, et ils établissent clairement que, envisagés exclusivement sous le rapport de leurs dimensions, les bassins de femmes adultes offrent des différences normales telles qu'on peut, d'après elles, les distinguer en grands, moyens et petits. Les moyens sont incontestablement les plus communs ; leur forme et leurs dimensions nous ont pour cela servi de type dans la description du bassin régulier. Les grands et les petits le sont moins. Nous verrons plus loin que, poussées même jusqu'à l'état de vice de conformation, ces variétés de grandeur du bassin ne sont pas toujours liées au développement plus ou moins considérable du reste du squelette, et qu'ainsi, à cet état comme à l'état normal, un petit bassin pourra se rencontrer sur un sujet d'une stature élevée, et un bassin réellement grand sur un sujet de petite taille.