‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 134 sur 136 · DE LA DÉLIVRANCE ARTIFICIELLE · texte numérisé non relu

DE LA DÉLIVRANCE ARTIFICIELLE

La rétraction totale de l'utérus, corps et col, cause encore de plus grands obstacles : elle se produit presque toujours, parce qu'on a trop attendu pour extraire le placenta, surtout quand on a administré du seigle ergoté. Dilater le col avec la main, faire cesser la rétraction spasmodique par des bains et des lavements laudanisés, telle est la meilleure conduite ïi suivre. On pourra encore tenter la dilatation de l'orifice au moyen d'une vessie de caoutchouc. Si l'orifice s'entr'ouvre sans qu'on puisse faire pénétrer la main assez profondément pour saisir le placenta on pourra essayer la curette de M. Pajot ou la pince à faux germe de Levret, sorte de petit forceps à l'aide duquel on cherche à saisir le placenta. Presque toujours ce qui rend l'extraction du placenta difficile dans ces cas, c'est que l'utérus en se' resserrant sur le placenta prend une forme allongée et qu'il faut remonter trèshaut pour passer derrière lui. Toute violence est inutile ; en cas d'insuccès on devra savoir attendre. La rétraction spasmodique peut cesser, et quelquefois l'expulsion spontanée du placenta délivre l'opérateur de tout 'imbarras. H n'en est pas moins vrai que dans bon nombre de cas, le placenta retenu dans la matrice s'y putréfie; dès lors les femmes sont exposées à tous les dangers de l'infection putride, dont on diminuera rintensité par des injections intra-utérines, destinées à laver la cavité utérine.

Les adhérences anormales constituent le dernier obstacle qui nous reste à étudier. Ces adhérences sont tantôt étendues h toute la surface du placenta, tantôt partielles ; elles présentent aussi des degrés variables de résistance. On reconnaît cette cause de dystocie aux signes suivants: l'utérus se rétracte, la femme éprouve des douleurs intermittentes, et quand après un certain temps on veut extraire le placenta, on s'aperçoit qu'il n'est point descendu sur le col. En exerçant quelques légères tractions sur le cordon, on sent que l'utérus s'abaisse en masse; à peine lâche-t-on le cordon qu'il remonte avec l'utérus.

Les adhérences contre nature du placenta peuvent exister seules ou se compliquer d'hémorrhagie. Dans le premier cas, rien ne presse; le décollement s'opère

presque toujours spontanément après ((uebiues heures d'attente. On a conseillé dans ce cas d'injecter un liiiuide froid dans la veine ombilicale. Toujours est-il qu'on doit surveiller l'orifice utérin ; tant qu'il reste souple on peut prendre patience, mais si le col se resserre, si l'on prévoit une rétraction spasmodique, il faut intervenir sans perdre plus de temps. Quelques tractions seront d'abord faites sur le cordon, avec assez de ménagement pour ne pas le rompre et ne pas s'exposer à renverser la matrice. Si l'on échoue, on portera ensuite la main dans la cavité utérine (pi. 105, flg. 1); le placenta étant reconnu, on cherche si l'adhérence est complète ou partielle. Dans le dernier cas on conseille d'introduire, de glisser la main entre le placenta et les parois utérines, comme entre deux feuilles de papier que l'on voudrait décoller. Ce conseil nous parait impossible à mettre en pratique avec succès; on saisira donc tout simplement la partie libre pour faire quelques tractions sur elle et décoller la partie restée adhérente; encore faut-il user de ménagements, car Leroux (de Dijon), malgré toute son habileté, eut le malheur, dans une de ces tentatives, de détacher un lambeau considérable du plan musculaire interne et la femme mourut. En cas de résistance on se contentera de déchirer et d'enlever la partie détachée.

Quand le placenta est adhérent dans toute son étendue, on l'attaque avec le bout des doigts, à petits coups; on décolle lambeau parlambeau la plusgrande partie possible des cotylédons. Mais il ne faut pas mettre trop d'insistance dans ces manœuvres, car on s'exposerait à déchirer la matrice, et malheureusement pareille rupture a été observée. Le point qui donnait attache au placenta, fait après la délivrance uncertain relief du côtéde la cavité utérine; si l'on oublie cette disposition anatomique, on peut croire à la présence d'une couche placentaire adhérente, alors qu'on a le tissu utérin à uu sous les doigts ; cette erreur conduit presque fatalement à une rupture. On saura donc s'arrêter à temps et abandonner à la nature l'expulsion ultérieure de toutes les parties (ju'un n'aura pu détacher.

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