CHAPITRE PREMIER
ORGAKK^ GKWITAUX KXTERIVKS.
On appelle quelquefois vulve (cunniis), l'ensemble des parties de l'appareil génital qui sont situées extérieurement, entre les cuisses, du mont de Vénus au périnée (PI. 33, flg. 1). Ainsi entendue, la vulve comprend le mont de Vénus, les grandes lèvres, les petites lèvres, l'hymen, le clitoris. La vulve proprement dite est une fente qui sert d'entrée au canal génital ; cette fente est verticale; elle commence sur la symphyse pubieiineet s'étend JH.squ'au périnée.
1" I.e mont de Vénus (M), est une sorte do mamelon, couvert de poils crépus, et constitué essentiellement par une accumulation de graisse au niveau delà symphyse pubienne. Plus large et plussaillant que chez l'homme, il descend moins bas chez la femme, et se termine en
haut sur une ligne transversale. Au milieu de ce coussinet graisseux viennent se perdre les fibres qui résultent de l'épanouissement du ligament rond de la matrice; on y trouve, sur la ligne médiane, le ligament suspenseur du clitoris. Kobelt signale un rameau du nerf dorsal du clitoris qui, de chaque côté, se dirige en haut pour se distribuer dans la peau du mont de Vénus, et donne peut-être aux poils de cette région une sensibilité analogue à celle des poils tactiles.
1" \.es grandes lèvres (Gl) limitent de chaque côté la fente vnhaire. Ce sont deux replis formés parla peau, qui se réfléchit sur elle-même pour se continuer avec la muqueuse des petites lèvres et du vagin. Ces replis commencent au mont de Vénus, où ils se sont séparés
Or.GANES GKMTAIX EXTERNES.
l'un de l'autre par un espace très étroit, se renflent h leur partie moyenne, diminuent de liaiiteur au niveau de la partie posérieure de l'orilice du vagin, se réunissent l'un à l'autre en arrière de la vulve par une commissure mince et menijjraueuse, appelée fourchette. Celle-ci forme en même temps le bord antérieur du périnée. Entre la fourchette et l'orilice du vagin est un enfoncement qui porte le nom de fosse navicidaire.
Les grandes lèvres représentent le scrotum de l'homme, dont les deux moitiés, au iieu de se réunir sur la ligne médiane, sont restées séparées, et forment chacune une poche, vide comme le scrotum avant la descente du testicule. De même aussi que le scrotum, elles sont formées uniquement aux dépens des couches superficielles et appliquées surTapoiiévrose inférieure du périnée.
Leur face externe ou cutanée se couvre, à l'époque de la puberté, de poils frisés et dirigés en dehors, moins abondants, cependant, que ceux du mont de Vénus. Elle est blanche et ferme chez les vierges et les enfants, brunâtre et ridée chez les multipares, flasque et pendante chez les femmes publiques.
La face interne ou muqueuse des grandes lèvres est lisse, rosée, généralement sans poils; il n'est pas rare, cependant, de voir des poils très courts garnir cette face. Ordinairement elle est appliquée exactement sur celle du côté opposé, d'où il suit que les grandes lèvres recouvrent complètement toutes les autres parties des organesgénitaux externes. Mais lorsque les grandes lèvresontsubi une distension forcée, elles restentsouvcnt écartées l'une de l'autre: d'où résulte la vul»e béante.
En dehors, les grandes lèvres sont séparées de la cuisse par le pli génito-crural; en dedans, elles présentent un bord convexe épais.
La peau des grandes lèvres a un aspect spécial; elle est d'une couleur pins foncée que celle des parties voisines; l'épiderme qui la couvre est très mince, il en est de même du derme. Elle est garnie d'un nombre considérable de follicules pileux, auxquels sont annexés une multitude de follicules sébacés, d'un volume considérable, disposés en rosette autour des premiers.
Au-dessous du derme cutané des grandes lèvres on trouve le fascia superpcialis, continu en haut avec celui de l'abdomen, s'insérant en bas sur le derme, au niveau de la ligne où les petites lèvres se détachent des grandes.
M. Hichet y distingue deux l'cuillels: l'un superficiel, forméd'un tissu blanchâtre, à mailleslâches et extensibles, qui se continue sans interruption dans les régions voisines; l'autre profond, dont le tissu est plus serré et étale en lame aponévrotique, qui se continue en avant sur le mont de Vénus, en arrière dans la région périnéale postérieure, et s'insère latéralement sur la branche ascendante de l'ischion.. M Hichet renarde cette dis-
position comme importante pour expliquer la marche des infiltrations sanguines, séreuses et purulentes.
l ne troisième couche est constituée par une lame celluleuse que M. Broca a montré être l'analogue du dartos. Comme celui-ci, elle s'insère en haut à l'orifice externe du canal inguinal, et se trouve creusée d'un canal à goulot étroit, qui s'élargit dans l'épaisseur de la grande lèvre, et dont le fond se voit vers la fourchette (l'I. 33, fig. 2). L'ouverture de ce canal, dirigée en haut et eu dehors, est appliquée exactement sur l'anneau inguinal externe ; en bas, cette couche semble se continuer avec l'aponévrose superficielle du périnée. Elle peut se décoller facilement en avant et en dehors; en dedans et en arrière, elle adhère à l'aponévrose superficielle du périnée et à la muqueuse. La cavité du sac dartoique, aplatie d'avant en arrière, admet facilement la pulpe du petit doigt dans sa partie la plus rétrécie. Elle renferme une masse de tissu adipeux, dans laquelle se termine le ligament rond, et chez le fœtus et quelques sujets très jeunes, le canal de Nuck.
Le sac dartoique est séparé de la muqueuse vulvaire par Vaponévrose super ficielle (aponévrose ischio-pubiovulvaire, Jarjavay), qui présente les mêmes insertions que chez l'homme, c'est-à-dire qu'elle se fixe à la lèvre externe de la branche ischio-pubienne, sur les côtés, à l'aponévrose moyenne en arrière. Celte aponévrose, au lieu de se continuer d'un côté à l'autre sans interruption, est fendue sur la ligne médiane, pour livrer pat^sage au canal vaginal, et les deux lèvres de cette feule adhèrent au derme muqueux, des grandes lèvres, à peu de distance du pointoù il secontinue avec le derme cutané.
La muqueuse des grandes lèvres est fine, et renferme beaucoup de follicules sébacés, analogues à ceux de la face cutanée.
Les vaisseaux des grandes lèvres sont nombreux, et jouent un rôle important dans la i)athoIogie de ces organes. Les artères |)roviennent de la branche superficielle du périnée et des honteuses externes, superficielles et profondes. Les veines, bien plus nombreuses, forment dans les grandes lèvres un plexus que Kubelt désigne sous le nom de plexus pudendalis externus; les mailles de ce plexus sont formées de vaisseaux qui ont un demi-millimètre à un millimètre de diamètre. Ces léseaux, qui peuvent produire par leur congestion une certaine turgescence des grandes lèvres, communiquent largement avec les bémorrhoïdales internes, les veines honteuses, obturatrices, et les veines cutanées des téguments de l'abdomen.
Les lymphatiques des grandes lèvres aboutissent aux ganglions inguinaux.
Lvsnerfs proviennent de la branche superficielle du périnée du nerf honteux interne. Les branches iléoscrotale et génitocrurale envoient aussi quelques petits rameaux dans les grandes lèvres.
ORGANES GIÎNITAUX EXTERNES.
3° Petites lèvres. — Vestibule. — Orifice de l'urèthre. — Glande vulvo -vaginale (PI. 33, fig. 1, et PI. 35). — Les pelitesléures sonl deux plis formés par la muqueuse vulvaire sur la face iiilerne des grandes lèvres, et qu'on n'aperçoit qu'en écartant ees dernières. Conligués l'une à l'autre, elles recouvrent entièrement l'orifice de l'urèthre, et en grande partie celui du vagin. Larges il leur partie moyenne , elles diminuent de hauteur en arrière, et se terminent en pointe sur la face interne des grandes lèvres, au niveau de la partie moyenne de l'oritice vulvo-vaginal. En avant, elles (:on\eri;ent l'une vers l'autre, se rétrécissent un pi^u au niveau du clitoris et se divisent en deux feuillets; l'inférieur se fixe à la face inférieure du clitoris, et constitue le frein du gland de cet organe ; le supérieur s'unit il celui du côlé opposé, et forme au-dessus du clitoris une espèce de capuchon qu'on appelle ie pré puce du clitoiis.
Les dimensions des petites lèvres sont fort variables; dans le jeune âge et chez les enfants nouveau-nés, elles déhordent les grandes lèvres. Elles conservent cette longueur relative, même ii l'âge adulte, exceptionnellement chez quelques femmes de la race caucasi(|ue, normalement chez les llottcntotes; ce qu'on appelle le tablier des Hottentoles, n'est autre chose que les petites lèvres énormément développées, et constitue un des caractères distinctifs des femmes des Boschimans.
Les petites lèvres .sont formées essentiellement par l'adossemeiint de deux feuillets muqucux, entre lesquels est interposé un peu de tissu cellulaire non graisseux. Le derme de ces feuillets muqueux est garni de nombreuses papilles et d'une multitude de glandes sébacées simples, analogues ii celles que l'on trouve sur les grandes lèvres. Outre les glandes simples, on y rencontre aussi des glandes ramifiées; toutes sont destinées il sécréter, principalement pendant la copulation, une matière onctueuse, blanchâtre et d'une odeur pénétrante, qui lubrifie les nymphes.
Les petites lèvres reçoivent de nombreuses blanches des raniificationsdes vaisseaux honteux internes. Les veines, en particulier, constituent un lacis dont la distension par le sang détermine une sorte d'érection de ces organes. Les nerfn sont plus nombreux encore dans les petites lèvres que dans les grandes.
On donne le nom de vestibule i» cet espace triangulaire limité par les petites lèvres sur les côtés, par le frein du clitoris en haut, par l'urèthre et l'hymen en arrière. L'orifice de l'urèthre est situé ii un centimètre et demi environ au-dessous et en arrière du gland, un peu au-dessus de l'entrée du vagin. Il est entouré, chez les vierges, d'une sorte de bourrelet très sensible; au pourtour du méat uiinaire, on voit une foule d'oiifices appartenant a des glandes muciparcs.
Plus en arrière, sur les côtés de l'entrée du vagiu» dans la gouttière qui sépare la muqueuse des grandes lèvres et l'hymen ou les caroncules myrtiformes, se voit l'orifice du canal excréteur de la glande vulvovaginale (PI. 35, fig. 1). Cet orifice, recouvert en partie par un repli muqueux qui se détache de la portion externe de sa circonférence, a environ un demi-mil- . limètre de diamètre; il est la terminaison d'un canal excréteur de 1 mi!iim.l/2îi 'J millimètres de longueur, qui se dirige de haut en bas et d'avant en arrière, et aboutit il une petite glande connue sous le nom de glande de Bartholin, cl que M. lluguier a proposé de nommer glande vuluo-vaginale.
Cette glande est située sur les limites de la vulve et du vagin, sur les parties latérales et postérieures de ce dernier, ii 1 centimètre environ au-dessus de la face supérieure de l'hymen ou des caroncules myrtiformes, dans cet espace triangulaire formé de chaque côté par l'adossement du rectum et du vagin, sur lequel elle repose. Elle est placée dans l'intervalle que laissent entre elles h s deux lames aponévrotiiiues superficielle et profonde du périnée.
Sa forme est, en général, celle d'une amande d'abricot, et ne manque pas de ressemblance avec celle de la glande lacrymale. Son tissu est d'un blanc rosé, un peu jaunâtre, d'une assez grande consistance. Aplatie de dehors en dedans, la glande vulvo-vaginale présente une face externe, que recouvre le constricteur du \agin, et une face interne, qui repose sur le vagin, entouré par l'aponévrose moyenne du périnée. Le canal excréteur se détache de la face interne ou du bord interne de la glande, et résulte de la fusion de nombreux canalicules provenant des lobules, dont la structure est celle des glandes muqueuses en grappe. Ces lobules sécrètent un mucus visqueux, épais, le plus souvent incolore, quelquefois d'une couleur jaunâtre ou brunâtre.
Les glandes de Bartholin correspondent aux glandes de Covvper de l'homme; les vésicules glandulaires dont se composent les lobules sont piriformes, entourées d'un tissu conjonctif parsemé de noyaux, et tapissées intérieurement d'un épithélium pavinienteux, dont les cellules ont de 0""',05à 0""",l de diamètre.
/i' Clitoris (PI. 3Zi). —Le clitoris est l'analogue de l.a verge, moins l'urèthre. C'est un organe érectile, dont l'extrémité libre présente un tubercule appelé gland du clitoris. Celui-ci est imperforé, coiffé par le prépuce des petites lèvres, et .se voit ii environ 1 centimètre et demi en arrière de l'extrémité antérieure des grandes lèvres.
X l'état de fiaccidilé, le clitoris a ordinairement 3 centimètres de longueur, sur 7 ii 8 millimètres de diamètre. Mais il n'est pas rare de voir des clitoris beaucoup plus longs, faisant saillie au dehors, entre
lis
ORGANES Gli:NlTAlX EXTERNES.
les petites elles grandes lèvres. Cette anomalie parait être plus fréquente dans le nord de l'Afrique.
Ce volume exagéré du clitoris se trouve souvent associé :» certains altribuls du sexe masculin, tels que la petitesse des mamelles, la présence de la barbe ; quand il coïncide avec rélroitesse ou l'occlusion du vagin, il donne naissance;) ce qu'on appelle vulgairement hermaphrodisme.
Le clitoris est fixé au bassin par les racines des corps caverneux et par un ligament suspenseur, analogue ii celui qu'on trouve chez l'homme. Il est recourbé en bas el en arriére; même ii l'étal d'érection, il se redresse fort peu et reste toujours couvert par les grandes lèvres. Le clitoris se compose des deux corps caverneux et du gland, entouré de son prépuce.
Les corps caverneux du clitoris répondent parfaitement à ceux de la verge, sauf les dimensions. Leurs racines, fixées au bord antérieur de l'arcade pubienne, sont très volumineuses relativement à leur liortion libre, et se terminent, comme celles du pénis, par un renflement bulbiforme. Leur texture est exactement celle des corps caverneux de l'homme : on y trouve, comme chez celui-ci : fune enveloppe fibreuse pourchaque corps caverneux ; 2° une cloison de même nature, qui sépare celui de droite de celui de gauciie dans toute leur étendue, et cela d'une manière plus complète que dans le pénis, les ouvertures dont elle est |)erforée étant bien moins nombreuses; 3° un tissu caverneux, formé de trabécules plus fines que celles de ce dernier. Les éléments musculeux, suivant Kôlliker, y seraient aussi plus faciles à isoler.
Le gland du clitoris, dont on ne peut apprécier convenablement la forme qu'après l'avoir injecté parfaitement, ressemble exactement à celui du pénis; comme ce dernier, il coiffe la partie antérieure conoïde des corps caverneux, laquelle s'avance, pour ainsi dire, dans son épaisseur et lui sert de point d'appui. A sa face inférieure, il présente deux crêtes qui se continuent avec les branches inférieures de bifurcation des petites lèvres (flg. 2), el qui portent le nom de freins du clitoris; ce sont eux qui le tiennent recourbé enbas(fig. 1). Le prépuce recouvre le gland comme un capuchon, el se continue latéralement avec les branches supérieures de bifurcation des petites lèvres.
Le gland du clitoris a la même texture (jik- celui du pénis ; il est recouvert extérieurement d'une membrane fibreuse très fine, garnie de nombreuses papilles nerveuses, dans lesquelles on a trouvé des corpuscules du lad. Cette membrane est riche en nerfs et en vaisseaux. Au-dessous d'elle se rencontre un tissu caverneux, réseau veineux à mailles d'une extrême ténuité, dans lesquellesTaccumulation du sang produit le phénomène de l'érection.
Le sang (|iii afllue dans le clitoris lui est amené par
les arlères caverneuses et les artères dorsales du cli toris ; ces dernières appartiennent presque exclusivement au gland. Les veines efférentes ont été étudiées avec soin par Kobelt; les unes émergent au pourtour de la couronne du gland, et forment les radicules antérieures de la veine dorsale (e, fig. 1); d'autres, plus considérables, naissent de la profondeur de l'organe el se dégagent sous son bord postérieur. Quant aux veines qui établiraient une communication entre le tissu spongieux du gland et celui des corps caverneux, ces veines, admises parBichal, n'ont pu être aperçues de Kobelt. Les veines du clitoris se jettent dans le plexus vésicouréthral, et communiquent avec la bulbe du vagin. Les nerfs du gland sont extrêmement nombreux ; les deux nerfs dorsaux du clitoris, très volumineux eu égard à la petitessederorgane, se divisent en un plexus fort serré qui fait du gland du diloiis un organe d'une sensibilité exquise.
5" //t/men (PI. o5). — Ce nom, qui vient de Oy.r.v, pellicule, désigne une membrane située à l'entrée du vagin, dont elle ferme plus ou moins comijlétement l'ouverture inférieure. C'est une sorte de cloison perforée qui établit une séparation entre les organes génitaux internes et externes. Son existence est constante ii l'état normal, chez les jeunes filles Elle se trouve immédiatement en arrière de la fosse navicnlaire, el occupe les parties latérales el postérieures de l'entrée du vagin; elle ne fait défaut, généralement, qu'il la partie antérieure de cet orifice, où il y a, par conséiiuent, une ouverture qui permet au sang menstruel et aux liquides sécrétés dans les organes génitaux internes de couler au dehors.
La forme de l'hymen est sujette à de nonilueuses variations. Celle qu'on rencontre le plus fréquemment . c'est la forme d'un anneau dont l'ouverture est placée bien en avant du centre (fig 3). La moitié antérieure de l'anneau, ordinairement beaucoup plus étroite que la moitié postérieure, peut disparaître complètement à sa partie moyenne, d'où résulte la forme d'un croissant. D'autres fois le diaphragme est complet, avec une ouverture centrale, ou bien il est criblé d'une foule de petits trous en pomme d'arrosoir. Rarement on y observe deux ouvertures, placées à côté l'une de l'autre. Lorsque l'anneau présente ii peu près la même largeur partout, et se trouve interrompu en avant, l'hymen prend la forme d'un fer à cheval (fig. i) ; ses deux extrémités viennent se perdre de chaque coté du niéal urinaire, ou bien les deux branches se continuent au-dessus de lui eu formant ((uelques franges à son |)ouitour (fig. .')). Le bord adhérent de l'hymen est la partie la plus épaisse de cette membrane; son bord libre, mince, concave, est souvent irrégulier, déchiciucté en lambeaux ou franges, qui retombent au devant du méat urinaire. On a vu, dans quelques cas rares, l'hymen
ORGANES GÉNITAUX EXTEliNES.
l'éduit à une biinile longiludinale ou transversale.
Chez les enfanis nouveau-nés, l'hymen offre le plus souvent une fente longitudinale et deux lèvres plus ou moins plissées, ou bien un anneau membraneux qui occupe tout le pourtour de Torlfice du vagin en passant au-dessous du niéal uiinaire, et qui est aplati transversalement.
L'hymen est ordinairement mince, fragile, et se rompt dans le premier coït. Quelquefois il est très- résistant, d'une consistance fibreuse ou même cartilagineuse, rendant la copulation impossible. H est arrivé quelquefois que l'hymen, très relâché ou muni d'une large ouverture, a pu être refoulé simplement par le pénis sans se déchirer, et persister intact jus(iu'au uiomenl de l'accouchement.
L'hymen est constitué par un repli de la muqueuse vaginale qui se continue partout avec celle des parties voisines. Entre les deux feuillets de cette muqueuse se trouve une mince lame de tissu cellulaire condensé, prolongement du tissu sous-muqueux du vagin. Dans cette lame, outre les faisceaux de tissu conjonctif, existent des fibres élastiques nombreuses, et des faisceaux de fibres musculaires de la vie organique. Des vaisseaux sanguins très ténus parcourent les deux feuillets muiiueux d'arrière en avant, en se subdivisant dans leur trajet. La sensibilité de l'hymen doit faire admettre qu'il y pénètre aussi quelques filets nerveux. Un épiihélium pavimcnteux recouvre ses deux faces.
Quand l'hymen a été déchiré, ses lambeaux saignants se rétractent en se cicatrisant, se ratatinent, et donnent naissance à des tubercules auxquels on donne généralement le nom de caroncules myrtiformes, nom auquel Devilliers a proi)Osé de substituer celui de laroncuU's hijmènalcs. On rencontre des variétés infinies relativement au nombre, à la forme et à la situation de CCS caroncules. Le plus souvent elles sont au nombre de trois, C|)aisses et charnues, et occupent, l'une la paroi postérieure du vagin, les deux a'jtres les parois latérales. Quelquefois, au lieu de tubercules, on iruuve des lambeaux allongés, ou bien de petites éuiLnences ïi bords dentelés, comme des crêtes de coq, ou encore de petits polypes pédicules. La déchirure peut être partielle ; il persiste alors un demi-cercle complet, étroit et déchiqueté à son bord, ou avec des fissures ([ui vont jusqu'à sa base.
G" Vérince. —Si l'on donne le nom dcper/nec, chez la femme comme chez l'homme, h l'ensemble des parties molles qui ferment l'orifice inférieur du bassin, le périnée de la femme comprendra tout l'espace limité par la symphyse pubienne en avant , les arcades ischio pubiennes sur les cotés, la pointe du coccyx el les bords des muscles grands fessiers en arrière. Cet espace, de forme losangique, sera divisé, paruiie ligne étendue entre les deux tubérosités ischiatiques en pas-
sant au devant de l'anus, en deux régions, la région périnéale antérieure ou périnéate proprement dite, et la région périnéale postérieure ou anale.
Celle-ci présente, comme chez l'homme, l'ouverture anale, placée au fond de la rainure inlerfessière, moins profonde chez la femme ; sur les côtés, sont deux plans inclinés qui répondent aux fosses ischio-reciales.
La région périnéale antérieure ne diffère,;! vrai dire, de la même région étudiée chez l'homme, que parce qu'elle est divisée dans presque toute son étendue, sur la ligne médiane antéro-postérieure, par une fente qui livre passage au vagin. Cette fente ne s'étend point à la partie postérieure de la région; il existe là une sorte de pont, limité en arriére par l'anus, en avant par la fourchette : c'est ce pont que les accoucheurs désignent plus spécialement sous le nom de périnée. La peau, arrivée sur les bords de cette fente, se réfléchit sur elle-même de bas en haut, devient muqueuse, constitue les grandes et les petites lèvres, et se continue avec la muqueuse vaginale. Au-dessous d'elle, on trouve les mêmes couches que chez l'homme, mais divisées sur la ligne médiane.
Faites abstraction de l'ouxerture vulvaire, et vous reproduirez le périnée de l'homme, avec des modifications peu importantes La jdupait des parties que l'on rencontre dans cette région ayant déjà été étudiées, il nous suffira d'en faire l'énumération; nous ne nous arrêterons que sur celles qui nous seront connues incomplètement. En suivant l'ordre de leur superposition, on trouve :
1" La peau, qui fait partie, en avant, des grandes lèvres, en arrière, du périnée proprement dit.
2" La couche sous-cutanée, dans laquelle on a distingué plusieurs feuillets: les superficiels, chargés de graisse; le profond, confondu en partie avec le darlos.
o" L'aponévrose superficielle du périnée (voy. p. '2.y, pi. 8, fig. 2), fendue sur la ligne médiane, dans presque toute son étendue, par l'ouverture vulvaire.
[i° Par sa face supérieure, cette aponévrose est ei> rapport avec les muscles de la région : en arrière, le transverse et le sphincter anal, l'origine du buibocaverneux ou constricteur du vagin; surlesiùlés, les iscliiocaverneux. En avant, l'aponévrose est séparée des mu.scles, et aussi des racines du clitoris, placées également entre l'aponévrose superficielle et l'aponévrose profonde, par un feuillet muqueux qui, après avoir tapissé la face supérieure, se réfléchit sur ces parties et se continue avec celle du côté opposé.
Dans cette même couche, on rencontre, en arrière, la glande vulvo-vaginale, en avant el sur les côtés, le bulbe du vajin (pi. 3i).
On donne le nom de ^i</6e du i-ayin à une masse spongieuse et vasculaire qui embrasse une grande partiedn pourlourdu vagin, à.son extn'niite inférieure.
ORGANES GÉNITAUX EXTERNES
Il est formé de deux moitiés symétriques, qui ont été comparées par Kobelt à une sangsue complètement gorgée, placée derrière la branche ischio-pubiennc. Elles commencent, en avant, par une extrémité amincie qui s'avance j(;squ'à la racine du clitoris, grossit graduellement en arrière, et se termine, par un renflementarrondi, placé sur le côté du vagin; de sorte que la partie postérieure du pourtour de ce conduit, adossée au rectum, est seule dépourvue de ce revêtement vasculaire. Les dimensions du bulbe injecté sont les suivantes, d'après Kobelt : longueur, 36 millimètres; largeur, lia 20; épaisseur, 9 à l'j. Ces dimensions, d'ailleurs, varient considérablement, suivant l'âge, la fréquence des rapports sexuels, celle des accouchements, l'époque des dernières couches, et enfin suivant les individus. La face externe du bulbe est convexe, et se trouve appliquée contre la branche ischio-pubienne ; sa face interne, concave, embrasse le vagin.
Pour l'aspect et la couleur, le bulbe du vagin est l'analogue du bulbe del'urèthre. Il est composé d'une substance cellulo-spongieuse, dont les vacuoles sont d'autant plus larges qu'on les examine sur un sujet plus âgé. Cette substance n'est autre chose qu'un lacis veineux, dont les anastomoses sont extrêmement fréquentes : le plus grand nombre de ces veines affectent cependant une direction longitudinale.
Les deux moitiés du bulbe du vagin cùmmuni(iuent entre elles à leur partie antérieure, au-dessous du clitoris; de cette extrémité antérieure, amincie, partent des veines nombreuses, qui font communiquer le bulbe avec le gland et les corps caverneux du clitoris. Ces veines regoivenl également celles qui proviennent du frein et des petites lèvres en avant, des grandes lèvres en arrière. Quelques-unes d'entre elles aboutissent directement à la veine dorsale du clitoris. En arrière, le bulbe fournit des veines non moins nombreuses qui communiquent avec celles du vestibule, de la vulve, de l'urèthre et avec les nombreuses veines qu'on trouve au pourtour de la vessie; enfin, du renflement terminal parlent de gros troncs veineux, véritables vaisseaux efférenls du bulbe, qui se rendent à la veine honteuse interne, et communiquent également avec les hémorrhoïdales externes.
Le bulbe du vagin reçoit, de l'artère honteuse interne, une branche considérable qui pénèln; dans son renflement postêiieur. Cette artère supporte quelques filaments nerveux très ténus, qui se nislribuenl avec elle dans le bulbe.
De tous les mu.scles de la région, celui c|ui porte le nom de constricleur du vagin présente seul quel(|uc développement. Nous trouvons dans le beau travail de Kobelt une description de ce muscle plus parfaite ((ue celle qu'on en donnait avant lui. Le constricteur du vagin (PI. 3/i, tig. 3, B) nait, en arrière, de l'aponé-
vrose périnéale par une base large et aplatie, au milieu de l'espace comprisenlre l'anuset la tubérositéde l'ischion. Les faisceaux d'origine du muscle sont souventétalés en évenlail ; alors les plus internes se continuent quelquefois avec ceux du sphincter de l'anus, ou bien les plus externes vont h la tubérosité Ischiatique. De là les faisceaux musculaires s'élèvent de bas en haut et d'arrière en avant, en même temps qu'ils se [ramas.sent; le muscle devient de plus en plus étroit, en formante la face externe du bulbe une sorte dégaine qui l'enveloppe tout entier, et en convergeant vers celui du côté opposé. Quant à son véritable mode de terminaison, Kobelt distingue une couche musculaire profonde, aboutissant à un tendon rubané qui s'unit à celui du côlé opposé en passant entre le bulbe et la racine du clitoris, par-dessus l'urèthre, et une couche superficielle, qui'monte au-dessus du clitoris et donne naissance ;i un tendon étroit sous lequel passent les \ai.sseaux et nerfs dorsaux.
Le constricteur du vagin ne peut donc rétrécir le vagin que par l'intermédiaire du bulbe, et, en se contractant, il doit avoir pour premier effet de chasser le sang de ce dernier dans tous les organes avec lesquels il est en communication vasculaire, en particulier dans le gland et les corps caverneux du clitoris. C'est un véritable compresseur du bulbe.
5° L'aponévrose moyenne du périnée, divisée sur la ligne médiane comme la précédente ; les lèvres de cette fente sont adhérentes au pourtour du vagin, et se continuent en partie avec l'enveloppe fibreuse du bulbe (voyez page 25).
6° Le releveur de l'anus.
7° L'aponévrose supérieure ou pelvienne, ou aponévrose commune au releveur de l'anus et à l'ischiococcygien (voyez page 2i).
Les artères du périnée (PI. 36) sont fournies par la honteuse interne. Celle-ci, branche de l'hypogastrique, s'applique contre la face interne de la tubérosité ischiatique, où elle est maintenue par l'aponévrose de l'obturateur interne, traverse le muscle transverse, et se divise au niveau de la symphyse en artère caverneuse et en dorsale du clitoris, a|)rès avoir fourni les hémorrhoïdales inférieures, destinées au rectum, la superficielle du périnée, et l'artère transverse. L'artère superficielle du périnée, ou artère vulvaire, nait dans la fosse ischiorectale, en arrière du tran,sverse, suit le muscle ischioclitoridien, en se plaçant à son bord interne, passe dans le tissu cellulaire sous-cutané, et se perd dans les téguments des grandes lèvres..
L'artère transverse du périnée (artère du bulbe) nait ordinairement au niveau du muscle de ce nom. passe au-devant de lui, et se jette dans le bulbe du vagin, par son extrémité postérieure.
Les veines suivent le même trajet que les artères.
ORGANES GÉNITAUX INTERNES
Les lymphatiques superficiels se jetlent dans les ganglions inguinaux.
Les nerfs proviennent du nerf lionteux interne.
Avant de quitter le périnée, nous devons dire un mot de l'urèthrede la femme, dont quelques particularités doivent être parfaitement connues de l'accoucheur. L'urcthre de la femme, collé contre la paroi antérieure du vagin, est contenu presque tout entier dans l'épaisseur du périnée (PI. 32, fig. 1, Ur). Sa longueur dépasse rarement 3 centimètres; quant à sa largeur, elle est difficile à apprécier, l'urèthre pos- .sédant une dilatabilité fort grande, qui permet d'y introduire des instruments très volumineux, tels (|ue des pinces, des tenettes. 11 commence par une espèce de col, orifice arrondi et froncé, par lequel
il s'ouvre dans la vessie, et descend ol)liquement de haut en bas et d'airière en avant, le long de la paroi anterieuredu vagin, d'abord distinct, elséparéduvagin par un lissu cellulaire dense et par des veines nombreuses, puis compris dans l'épaisseur de cette paroi, dont il est impossible de le séparer inférieurement.
Son ouverture extérieure, ou le méat urinaire, se trouve située derrière le vestibule, en avantde l'entrée du vagin, au-devant du tubercule vaginal antérieur, dont la connaissance est fort importante pour le calhétérisme à couvert.
Les adhérences intimes de l'urèthre au vagin expliquent la fré<|uence de ses déplacements à la suite des déviations ou déplacements de l'ulérus, du vagin, de la vessie.