DU VAGIN
Le vagin est un canal membraneux, étendu de l'utérus à la vulve, et destiné, d'une part, à livrer passage au produit de la fécondation, au sang menstruel et aux mucosités sécrétées dans l'utérus ; d'autre part, à loger la verge dans l'acte de la copulation, et à conduire le sperme dans la matrice.
Le vagin est situé dans le bassin, entre le rectum et la vessie; sou extrémité inférieure s'ouvre à la partie postérieure de la vulve; son extrémité supérieure embrasse le col de l'utérus, sur lequel il est fixé (PI. 32, fig. 1, Va).
La direction du vagin, déterminée par celle de son axe, est oblique de haut en bas et d'arrière en avant. Cette direction, suivant la plupart des auteurs, n'est point rectiligne, mais l)ien celle d'une courbe à concavité antérieure et supérieure. Au lieu de cette concavité, M. Legendre, en prati(|uaiit des coupes sur des cadavres congelés pour maintenir leur forme et leurs rapports exacts, a trouvé, au contraire, une légère convexité antérieure, en rapport avec la courbure de l'extrémité inférieure du rectunio I! en résulte, dit M. Legendre, que dans l'application du spéculum, il faut presque toujours, lorsque l'instrument est arrivé au fond du vagin, élever le manche pour aller à la recherche du col utérin, situé un peu en arrière. Cette manœuvre est nécessitée aussi par la disposition des axes du vagin et de l'ulérus, qui se rencontrent sous un angle ouvert en avant, et dont le sommet repond à
la lèvre postérieure, dans le point le plus étroit de la cloison recto-vaginale.
M. Richet a, le premier, attiré l'attention sur les variétés que présente la direction du vagin. Nous avons rencontré, comme lui, à l'hôpital de l.ourcine et ailleurs, des femmes dont le bassin était fortement redressé sur la colonne vertébrale, de telle sorte que la symphyse pubienne était notablement abaissée, et la vulve portée tellement en arrière, (jue l'application du spéculum ne devenait possible qu'après que l'on avait fortement soulevé le siège par des coussins très épais.
Le vagin est aplati d'avant en arrière, et sa paroi antérieure, appliquée contre sa paroi postérieure, de façon qu'une section horizontale de ce canal se présente sous la forme d'une fente transversale. Pendant qu'on pousse le spéculum dans le vagin, on voit la paroi antérieure et la paroi postérieure, en contact un peu au delà de l'instrument, s'écarter l'une de l'autre. Cette circonstance ne doit pas être négligée dans les cas où un déplacement quelconque de la matrice rend difficile la découverte du col. Si l'on a soin, en introduisant le spéculum, de tenir constamment au bout de l'instrument les deux parois du vagin, en maintenant au centre de l'ouverture la rainure où elles commencent à se toucher, on est sur d'arriver sur le col, même dans les cas les plus difficiles.
Cette forme aplatie du vagin ne change qu'au voisinage delà vulve, où le vagin, pour s'adapter à celte dernière, prend l'aspect d'une fente verticale; elle se modifie également à l'extrémité supérieure du vagin.
ORGANES GÉNITAUX INTERNES
près de son insertion sur le col utérin, où l'aplatissement disparaît pour faire place îi la forme cylindrique.
La longueur du vagin est fort difficile ;"i déterminer d'une manière exacte, à cause de la grande mobilité de l'utérus, auquel il s'attache supérieurement, et aussi il cause de la grande extensibilité de ce canal. C'est ce qui explique les mesures différentes qu'en ont données les auteurs. Madame Bûivin évalue la longueur moyen ne du vagin à 11 centimètres, Biandin ii 11- 13 centimètres. Chez la plupart des femmes cette longueur ne dépasse pas 10 centimètres. Il existe cependant, à cet égard, de nombreuses variétés : ainsi, le vagin serait plus long chez certaines peuplades, chez les négresses, suivant Chomel et M. Cazeaux. On rencontre, même dans nos contrées, des femmes dont le vagin est beaucoup plus long que d'habitude, et chez lesquelles le doigt (jui pratique le loucher ne peut arriver sur le col utérin qu'avec beaucoup de difficulté, et en déprimant fortement la rainure inleifessière. Il en est d'autres chez lesquelles on tiouve le museau de tanche à très peu de distance de la vulve, et que l'on serait porté h croire affectées d'un abaissement de la matrice, si l'impossibilité de refouler cet organe et la tension des parois du vagin n'indiquaient une brièveté congénitale dece dernier.
La longueur du vagin, qui augmente considérablement pendant le travail de l'accouchement, ne revient pas ensuite à ce qu'elle était antérieurement. 11 en résulte que le vagin est notablement plus long chez les femmes qui ont eu des enfants. Cet excès de longueur porte surtout sur la paroi postérieure.
Le calibre du vagin est sujet à de nombreuses variations. Modérément distendu, ce canal aurait i centimètres de diamètre, suivant madame Boivin, et 11 pendant l'accouchement. La partie la plus étroite du vagin est son extrémité inférieure : il existe là un rétrécissement connu sous le nom li'anncau vulvaire, et qui est dû principalement à la présence du bulbe et du constricteur du vagin. Cet anneau constitue, après la déchirure de l'hymen, l'unique obstacle à rinlroduction du spéculum et des autres instruments dans le vagin. Immédiatement au-dessus de lui le canal se dilate, ou du moins devient tellement extensible, qu'il permet au vagin de loger des corps très volumineux, teisque des masses de charpie, ou la main tout entière, quand il s'agit de faire le tamponnement ou la version , des tumeurs d'un grand volume, ou la tète du fœtus, dans l'acte de l'accouchement ; dans cette dernière circonstance, le diamètre du vagin devient égal à celui du bassin. A son extrémité supérieure, le vagin, d'après la plupart des auteurs, se dilaterait pour former ce qu'ils appellent cM<-</e-sac du vagin. Suivant M. Legendre, il n'y aurait pas là une dilatation vérital)li', mais simplement un espace triangulaire, dil à
la présence du col de l'utérus, qui empêche les parois du vagin de se mettre au contact.
C'est grâce à l'existence de l'anneau vulvaire que sont retenus dans le vagin les pessaires et autres instruments que le chirurgien se trouve porté à y placer. Cet anneau est toujours élargi notablement et souvent rompu plus ou moins complètement pendant l'accouchement. A la suite de cette rupture, il est fréquent de voir la muqueuse vaginale faire hernie au dehors, et se présenter à l'entrée de la vulve sous l'aspect d'une double tumeur.plissée, dès([uela malade fait le moindre effort.
La surface interne du vagin {V]. 37. fig. 1) pré.senle, sur la paroi antérieure, une crête médiane longitudinale, colonne antérieure du vagin, plus saillante du côté de la vulve, où elle forme un gros tubercule situé immédiatement en arrière du méat urinaire. Ce tubercule sert de guide dans l'opéialion du calhétérisme de la vessie, quand on ne veut pas découvrir la malade. L'indicateur de la main gauche, étant porté sur la fourchette, glisse d'arrière en avant, dans la fente vulvaire, jusqu'à la rencontre du tubercule; le bec de la sonde, tenue delà main droite, est d'abord appuyé sur la pulpe de l'indicateur, puis poussé un peu en avant : il pénètre aussitôt dans l'urèthre.
De chaque côté de la crêle médiane antérieure partent des rides transversales, qui s'effacent vers les côtés, et qui sont également plus saillantes et plus nombreuses du côté de la vulve qu'au voisinage de l'utérus. L'ensemble de ces plis constitue la lyre du vagin. Sur la paroi postérieure du vagin on trouve des crêtes semblables, mais beaucoup moins prononcées.
Par sa face externe le vagin est en rapport :
1° En avant, avec l'urèthre et une portion de la vessie; ces rapports sont extrêmement intimes. L'urèthre est comme creusé dans la paroi antérieure du vagin; il s'en isole vers la partie supérieure. Le col de la vessie et le irigone vésical sont unis au vagin par un tissu cellulaire dense et serré, qui rend la séparation des deux organes assez difficile. Aussi le vagin, dans ses déplacements, eniraîne-l-il toujours la vessie et l'urèthre avec lui. La cloison vésico-vaginale, comprimée, dans le travail de l'accouchement, entre la tête du fœtus et les os du bassin, se mortifie fré(|uemmeiit; de là la plupart des fistules vésico-vagiuales.
2° En arrière, avec le rectum; les adhérences entre ces deux organes sont beaucoup plus ICiches que celles du vagin avcv^' la vessie. Encore ces rapports ne sont-ils immédiats qu'en haut, un peu au-ilessous de l'extrémité supérieure du vagin. Plus bas, le rectum, en se recourbant eu arrière, s'éloigne de plus en plus du vagin, d'où il résulte que la cloison rcclo-\ginale devient d'autant plus épaisse qu'on approche davantage de la peau, et que, sur une <'oupc aiitéro-posléricure, elle