‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 65 sur 136 · DE L'UTÉRUS · texte numérisé non relu

DE L'UTÉRUS

18 milliiiK'lres suivant Ilusfhke , lo à i5 suivant M. Cuyon , cl admet facilement la inilpe du doigt indicateur. Les deux lèvres, qui sont plus épaisses, sont inégales et présenlenl souvent des écliancrures, traces (les déchirures qu'elles ont subies pendant le passage de l'enfant. Ine de ces cohancrures se voit presque toujours vers la commissure gauche.

Chez les vieilles femmes, l'orifice de la matrice est quelquefois rétréci. La portion vaginale du col a plus ou moins complètement disparu, et un simple bourrelet ou un resserrement léger sépare la cavité du vagin de celle de l'ulérus.

D'autres fois, l'orifice est béant et la cavité du coi a la forme d'un cône.

La cavilé utérine est plutôt virtuelle que réelle, ses parois étant toujours accolées l'une à l'autre. Un rétrécissement notable (orifice supérieur ou utérin du col, isthme de l'utérus), signalé par IL Benneit, mais sur lequel M. Guyon a surtout appelé l'attention, divise la cavilé utérine en deux parties distinctes, la cavilé du corps et celle du col. \J'isthme de l'utérus, suivant M. (iuyon, a généralement 5 à 6 millimètres de longueur, U millimètres de largeur et 3 millimètres dans le sens aniéro-posiérieur, chez les femmes impares. Chez les multipares, la longueur, qu'on comprend toujours dans la mensuration du coriis, se réduit îi h millinièlres et même à moins. Une sonde de femme ordinaire se trouve arrêtée parce rétrécissement, et ne le tVauchit qu'avec un certain effort.

1,'islhme de l'utérus se rétrécit beaucoup après la ménopause, et très souvent s'oblitère complètement. Sur vingt femmes âgées de cinquante-cinq à soixante-ctdi\ ans, M. Guyon a trouvé :

13 fois l'obliléralion absolue de l'orifice interne, 7 fois un rétrécissement notable, 2 fois l'isthme parfaitement libre.

-M. Guyon a remarqué que, chez les vieilles femmes, l'alrésie, très fréquente, de l'orifice vaginal de l'utérus correspond toujours à l'oblitération de l'isthme; elle n'est jamais complète. Celte oblitération siège au niveau de l'extrémité supérieure des colonnes du col.

La cavité du corps, dans l'utérus iniparc, est triangulaire et aplalie d'avant en arrière (\i\. S9, fig. 1); ses parois antérieures et postérieures sont lisses, excepté à sa partie inférieure, où l'on voit quelquefois un prolongement des plis du col, et au niveau des angles supérieurs, où l'on rencontre parfoisquelques plis radiés, qui se continuent avec ceux de la trompe. Ss surface est comme ponctuée, ce qui tient aux nombreuses glandules qui s'y ouvrent. Ses trois bords sont convexes en dedans; ses deux angles supérieurs, très effilés, conduisent dans les oviducles; un léger rélrécissement, suivant M. Guyon, sépare quelquefois la cavité uté-

rine de celle de l'oviducle. L'angle inférieur répond :i l'orifice cervico-ulérin.

Dans l'utérus multipare (pi. 39, fig. 2), la cavité du corps s'est développée, tandis que celle du col a perdu de sa bauleur; les angles supérieurs se sont dilatés, le bord supérieur et les bords latéraux sont devenus beaucoup moins convexes.

La cavité du col est fusiforme, c'est-à-dire renflée à sa partie moyenne et rétrécie à ses deux exlrémités. Ses parois, qui sont concaves, pré.sentenl de nombreux plis ou saillies de la muqueuse, les unes longitudinales, les autres transversales, formant ensemble ce qu'on a appelé les arbres dévie. Les saillies longitudinales, ou colonnes du col, sont au nombre de deux, l'une antérieure, l'autre postérieure; toutes deux se renflent vers le haut. M. Guyon a fait remarquer qu'elles ne sont jamais situées sur la ligne médiane; que l'antérieure est un peu à droite, la postérieure un peu à gauche, et qu'il en résulte une sorte d'emboîtement des parois du col, surtout vers l'orifice sujiérieur de ce conduit.

Les plis transversaux, ou branches des arbres de vie, sont obliquement dirigés en haut et en dehors, parallèles, et circonscrivent des espèces de rigoles, dans lesquelles on voit les ouvertures béantes des glandules utérines; quelquefois ils se bifurquent.

Les colonnes médianes ne descendent pas tout à fait jusqu'à l'orifice externe du col; elles s'arréteiit à quehiues millimètres du pourtour de cet orifice, qui est toujours lisse.

Le volume de la matrice est très variable, suivant nue foule de circonslances, dont les principales sont : l'âge, la menstruation, le coït, la grossesse.

Dans l'enfance, et jusqu'à la puberté, il présente de très petites dimensions, et se fait remarquer surtout par la prédominance du col sur le corps (pi. 39, fig. 2). Au moment de l'éruption des règles, il prend un grand développement; puis il augmente un peu de volume à chaque période menstruelle, mais revient ensuite à ses dimensions primitives. Les grossesses exercent une influence plus durable sur l'utérus, qui, après l'accouchement, ne revient pas complètement à son premier volume.

M. Richet s'est livré à des mensurations de la matrice, dans lesquelles il a tenu compte de ces diverses circonstances. Il procédait de la manière suivante. L'utérus étant intact et en place, il en mesurait d'abord la cavité à l'aide du cathétérisme; puis, l'ayant extrait de la cavilé pelvienne, il le fendait d'avant en arrière sur la ligne médiane, pour le mesurer de nouveau du col au fond de la cavité d'abord, puis du col à son bord supérieur, en y comprenant l'épaisseur de la paroi. Ces deux mensurations lui donnaient toujours des résultats sensiblement les mêmes. Le diamètre trans-

ORGANES GÉNITAUX INTERNES

verse de la eavilé utérine était pris entre les deux orifices tul)aires, et le transverse extérieur, dans la plus grande largeur du bord supérieur.

Sur /iO matrices parfaitement saines et provenant, 1 d'une vierge âgée de vingt ans, 9 de femmes âgées de dix-huit à quarante-cinq ,Tns, ayant eu des rapports sexuels, mais pas d'enfants, 30 de femmes âgées de vingt à cinquante ans , ayant eu un ou plusieurs enfants.

M. Richet a trouvé les dimensions suivantes :

VIEKGES. FEMMES. MÈKES.

Dianièire vertical de l'utérus. 55 millim. 55 à 12 niiUini. 55 à 82 mill.

— — de la cavité. 45 45à85 50à72

— transversal de l'utérus. 30 40 à 50 45 à 50

— — de la cavité. 15 20à35 25 à 38

M. Richet fait remarquer que les chiffres les plus élevés ont été obtenus tous sur des femmes mortes pendant la période menstruelle, ou peu de temps après; taudis que les chiffres les plus faibles se rapportent à des femmes qui ont succombé assez longtemps après la cessation des règles. Il en conclut que l'utérus atteint son maximum de volume, à l'état physiologique, pendant les périodes menstruelles, et son minimum dans •î'inlervalle qui les sépare. Eu prenant une moyenne entre les dimensions extrêmes, il arrive aux chiffres suivants :

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