‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 67 sur 136 · VIERGES · texte numérisé non relu

VIERGES

Eu dehors de la menstruation 47,50 ul55

Pcuilaut la nienstruatiuu. v

48à55 mill. 55à60 mill.

Le ciliffie b!i, ailniis aussi par M. Dubois, exprimerait donc en millimètres le diamètre moyen de l'utérus nullipare; mais il est un peu trop grand pour l'utérus de la vierge.

Voici, enfin, les mesures trouvées i)ar Araii pour le même diamètre.

uètre verticale t cavité utérine.

NULLIPARES.

2à27 ans. De45à55

Le diamètre transversal de la cavité utérine a été mesuré par M. Guyon sur dix-sept femmes, dont trois vierges de dix-sept îi dix-huit ans, trois nullipares et onze multipares; il a donné les chiffres suivants :

Vierg:es 23

Nullipares

Multipares 30

24 millimètres.

M. Richet conclut de ses recherches que le diamètre transversal de la cavité utérine est à peu près la moitié de son diamètre vertical; et parlant de cette donnée, il prétend qu'avec la connaissance du diamètre vertical de la cavité utérine , il est possible de se faire une idée suffisamment exacte de toutes les autres dimensions de la matrice. En effet, il suffirait d'ajouter à ce diamètre l'épaisseur de la paroi supérieure, qui varie entre 5 et 15 niillimèties, ce qui donne une moyenne de 10 millimètres, pour avoir la hauteur verticale de l'utérus. Prenant ensuite la moitié de ce diamètre, on aurait le diamètre transverse; ajoutant à ce dernier deux fois l'épaisseur de la paroi de l'utérus, on trouverait le diamètre transversal extérieur.

Ce calcul ne donnerait pas toujours des résultats exacts. Si l'on prend les chiffres de M. Guyon, on trouve, il est vrai, pour le diamètre transverse de l'utérus multipare, une moyenne d'environ 31 millimètres, ce qui est à peu près la moitié de son diamètre vertical. Mais dans l'utérus impare, le rapport entre les deux diamètres n'est pas constant; chez la vierge, le diamètre transverse est plus grand que chez la nullipare , tandis que c'est le contraire pour le diamètre vertical. M. Guyon a même trouvé un cas dans lequel, avec un diamètre vertical normal, le diamètre transverse mesurait 29 millimètres; dans deux autres cas, où ce dernier avait 'J8 et 29 millimètres, le diamètre vertical était de 62 et G6 millimètres.

Le diamètre vertical de la matrice est partagé inégalement entre le corps et le col. La plus longue portion appartient, chez la vierge, au col, dont la hauteur dépasse généralement de 3 millimètres environ celle du corps. Chez les femmes nullipares, il y a presque égalité entre les deux diamètres , et s'il y a une légère différence, elle est plutôt en faveur du corps. Il existe cependant des exceptions â cette règle. .Ainsi, parle seul fait du coït, il se produit un accroissement de la cavité du corps. Chez les multipares, le corps a continué â se développer, tandis que le col subit une diminution de hauteur qui ramène son diamètre verticaldans quelques cas, au-dessous de ce qu'il était chez le fu'tus.

Voici des chiffres qui viennent à l'appui de ces propositions.

DE L'CTÉRUS.

NULLIPARES. MULTIPARES.

Diamèlre vertical Miiiir

(Aran). 25à2rt 21 à28 (Giiyoii).Moy.24,50 26 à 29 (Guyon). » i

Sur six vieilles femmes, M. Guyon a trouvé la cavité (lu corps mesurant 30 à li8 millimètres de hauteur; en moyenne, elle a 10 à 12 millimètres de plus que celle du col.

Structure de la matrici: — La matrice est un organe essentiellement musrulcux. Ses parois, fort épaisses, sont tapissées extérieurement par la séreuse périlonéale, intérieurement par une membrane muqueuse.

Le péritoine revêt toute la face externe du corps de la matrice, à l'exception des bords latéraux, compris entre les deux feuillets des ligaments larges. Il est partout très adhérent aux tissus sous-jacents, excepté au voisinage de ces ligaments. En avant, il ne s'étend pas jusqu'au niveau des insertions du vagin sur le col ; en arrière, il descend un jieu plus bas, et tapLsse la partie supérieure de ce canal.

Le tissu propre de la matrice est une substance d'un gris rosé, ferme et dense, d'aspect fibreux. La disposition et letrajet deces fibres, longtem|)s regardés comme inextricables, ont été étudiés avec beaucoup de soin par M. Deville (pi. kl).

1 la superficie, on reconnaît, sur la ligne médiane intérieure et postérieure, un lai-ge faisceau longitudinal (|ui, du fond, descend jusqu'au col; en dehors, des faisceaux transversaux ou obliques, qui convergent tous vers les ligaments ronds et les trompes, sur lesquels ils se continuent. Les faisceaux transversaux de la face postérieure cheminent >crs l'ovaire et forment le ligament de cette glande, qu'ils traversent en partie. Suivant M. Deville, tous ces faisceaux, arrivés près de la ligne médiane, se recourbent, soit en haut, soit en bas, et après un certain trajet vertical, se continuent avec les fibres transversales du cûlé opposé; les deux bandes longitudinales ne seraient que l'ensemble de ces portions verticales des faisceaux transversaux.

Profornléiiient, on ne trouve que desfibres circulaires enroulées autour de chaque orifice lubaire et formant des couches concentriques qui commencent au niveau de ces orifices et s'agraudissant de plus en plus vers la ligne médiane, où elles se réunissent à celles du côté o|)posé.

Les /ibres du co/ s'enroulent circulairenient autour (le l'axe longitudinal de l'organe, et s'entrecroisent obliquement. Vers l'orifice interne, elles forment un véritable sphincter utérin.

Quant aux élémenis de ce tissu, ce sont des fibrescellules musculaires fusifiirmes, qui, suivant KiiUiker, ont de 5 millimètres il 7 millimètresde longueur, et renferment un noyau ovalaire; elles sont très difficiles à isoler les unes des antres, étant unies entre elles par un

tissu conjonctif très dense. .M. l'.ougetvn mênic jusqu'à affirmer que les fibres-cellules sont un produit artificiel et que les éléments du tissu musculaire de l'utérus sont dos espèces de rubans allongés, dans l'épaisseur desquels on rencontre des noyaux d'espace en espace.

],amuqucuse utérine (pi. û3), longtemps niée, est très épaisse, au contraire, et constitue ii elleseulele tiers ou le quart de la paroi utérine. Intimement adhérente à la couche musculeuse, dont il est impossible de la séparer, elle ne s'en distingue, dans le corps de l'utérus, que par une couleurun peu plusclaire, sans limite précise. Son épaisseur, suivant M. Jiobin, est deSà 5 millimètres à la partie moyenne du corps de l'utérus, et va en diminuant au niveau de l'orifice cervicoutérin et des origines des trompes. Sa surface libre est lisse, et dépourvue de papilles; on n'y voit que quelques plis assez marqués, et une infinité de petites ouvertures glandulaires. Elle est constituée par une couche fondamentale (îe tissu conjonctif embryonnaire, mêlé de noyaux et de flbres-cellules (tissu fibro-plastique), et servant de moyen d'union à de nombreuses glandules en tubes, qui ressemblent aux glandes de Lieberkùkn de l'intestin. Ces glandules utérines sont des utricules simples ou bifurques, dont la longueur est marquée par l'épaisseur de la muqueuse, et qui ont de 0'"'",05 à 0""''.07 de largeur. 11 n'fst pas lare d'en rencontrer dont l'cxtrémilé en cul-de-sac est contournée en tirebouchon. Elles s'ouvrent isolément, ou par groupes de deux ou trois, au fond d'une petite dépression de la muqueuse, par un orifice d'un quinzième de millimètre de largeur, et sont formées d'une membrane amorphe très mince , garnie d'une couche d'épithéliura cylindrique. Leur contenu ne présente aucun élément solide; mais souvent leur épithélium s'élimine sous la forme d'un produit grisâtre.

Dans le col, la muqueuse utérine est beaucoup plus mince, car elle ne mesure qu'un millimètre d'épaisseur, mais elle s'épaissit considérablement au niveau des plis de la paroi antérieure et postérieure; elle y est aussi plus blanche, plus dense, et moins friable que dans le corps. Entre ces plis se trouvent desexcavations anfractueuses, qui ont jusqu'à 2 millimètres de profondeur, et qui, tapissées par un éi)ithélium cylindrique, doivent être considérées comme de véritables fullicules muqueux, sécrétant le mucus épais et filant du col. Souvent aussi on y rencontre des vésicules closes, remplies de la même substance : ce sont également de follicules muqueux, dont l'orifice s'est oblitéré accidentellement, et qui, par suite de l'accumulation de leur produit dt^ sécrétion, se sont distendus et ont pris un volume considérable. C'est là ce qui constitue les œufs de Xidiolh.

La muqueuse du col est garnie, dans le tiers ou la moitié inférieure de l'organe, de/)a/)î(/(;« verruqueuses ou filiformes, qui ont de 0'""',2 ii 0""",7 de hauteur.

ORGANES GÉNITAUX INTERNES

Leur lissu consiste en une substance amorphe, renfermant une multitude de noyaux, et chacune d'elles présente une ou deux anses vasculaires. Elles sont revêtues de cylindres d'épithélium vibralile.

Vèpithéliiimiieh muqueuse utérine est formé d'une simple couche de cellules cylindriques pâles, de O^^.OSS de hauteur, et garnies, à leur surface libre, de cils extrêmement déliés, qui se meuvent de dehors en dedans. L'épithélium vibratile se prolonge jusqu'au milieu du la hauteur du col; plus bas, il est rempalcé par un épithélium pavimenteux. Comme les cils n'agissent qu'en se redressant, il est impossible qu'Usaient pour fonction, comme on l'a prétendu, de faire cheminer le sperme vers les ovaires.

Les artères (pi. 62) de l'utérus sont les utéro-ovariennes et les utérines. L'arlére utéro-ovarienne nait de la partie antérieure et un peu latérale de l'aorte, entre la rénale et la mésentérique inférieure, descend sur les côtés de la colonne lombaire, au-devant du psoas, gagne le bassin et s'engage dans le ligament large, pour arriver à l'utérus au niveau de son angle supérieur. Elle descend ensuite le long du bord latéral de l'organe, et s'anastomose avec la terminaison de l'artère utérine correspondante.

L'artère utérine est une branche de l'hypogastrique; elle se place d'abord sur le côté du vagin, pénètre dans le ligament large près du col utérin, monte le long du bord de l'utérus et s'anastomose avec la précédente.

Les branches que fournissent ces deux artères cheminent d'abord sous le péritoine, et, après un certain trajet, plongent dans la substance musculaire, où elles se ramifient et s'anastomosent entre elles et avec celles du côté opposé. Elles se font remarquer par leur nombre et par leurs inflexions en tire-bouchon. Elles ne se distribuent pas d'une manière égale à toutes les parties de l'utérus ; le col n'en reçoit qu'un petit nombre ; au voisinage de l'angle supérieur de la matrice, au contraire, l'artère utéro-ovarienne fournit tout à coup douze h dix-huit bouquets d'artères enroulées en spirale, qui couvrent de leurs ramifications celte portion de l'organe. Au niveau du sillon qui sépare le corps du col, M. Iluguier a signalé l'existence d'un cercle artériel, formé par les anastomoses des artères du côté droit avec celles du côté gauche.

Les dernières ramifications des artères de l'utérus se distribuent dans la muqueuse utérine. Celle-ci n'offre des vaisseaux d'une certaine largeur que dans ses couches profondes; au-dessous de l'épilhélium, on trouve un réseau capillaire fin et serré, dont les mailles logent les orifices glandulaires.

Les veines de l'utérus présentent un développement tel qu'on ne le trouve que dans les organes érectiles. « Si, après linjeclion complète des artères et des veines, dit M, Rouget, on laisse sécher la pièce, le corps

de l'utérus conserve presque sans altération la forme et les dimensions qu'il présentait il l'éiat frais, et la surface des coupes ne montre que des vaisseaux pressés les uns contre les autres, séparés seulement par de minces cloisons musculaires. » I-es veines l'emportent de beaucoup, parmi ces vaisseaux. Ce sont de larges canaux creusés dans la substance musculaire, et fré(iuemment anastomosés ensemble; on leur a donné le nom ûe sinus utérins, et leur ensemble constitue le corps spongieux de l'utérus. Ce dernier occupe tout le corps de l'utérus et cesse brusquement au niveau de l'orifice supérieur du col, qui présente un développement veineux bien moins prononcé. Outre les sinus utérins, on y rencontre des conduits veineux enroulés en spirales, comme les artères, et analogues aux réseaux admirables du gland et du corps spongieux de l'urèlhre de l'homme.

Sur les bords latéraux de l'utérus, ces sinus communiquent avec de vastes plexus veirieux situés dans l'épaisseur des ligaments larges, et continus, en bas avec le plexus vaginal, en haut, avec le plexus sousovarique : on leur a donné le nom de plexus pampiniformes. De ces plexus partent, en bas, les veines honteuses, au milieu les veines utérines, en haut les veines ovariennes. Toutes ces veines ne présentent que de très rares valvules, et ne prennent tout leur développement qu'après la puberté.

Les veines et sinus de l'utérus, entourés partout de faisceaux musculaires, dont la contraction peut ralentir, arrêter le cours du sang dans leur intérieur, font de l'utérus un véritable organe érectile. « Chez la femme, dans l'état normal et en dehors de la gestation, l'utérus et les ovaires sont, après la mort, affaissés dans la cavité pelvienne, et lors même qu'on les débarrasse de la masse inleslinale qui pesait sur eux, si la vessie ou le rectum distendus ne lui prêtent aucun appui, l'utérus obéit à tous les mouvcmenls qu'on lui imprime, et lorsqu'on cesse de le soutenir, retombe et s'infléchit. Dans ces conditions, si, après avoir placé le bassin dans un bain chaud, on pousse par les veines ovariques une injection qui remplisse complètement les corps spongieux de l'ovaire et de l'utérus, on verra de la manière la plus évidente qu'au moment où l'injection le distend, le corps de l'utérus, se redressant dans l'axe du col et s'élevanl en quelque sorte dans la cavité pelvienne, exécute un mouvement tout à fait analogue à celui de la portion pendante de la verge, se redressant dans l'axe de la portion fixé au pubis ets'élevaut vers l'abdomen ; l'utérus, comme la verge, persiste dans cette position, î> l'éiat fixe, tant que l'injection gonfle les corps érectiles. Le changement de position s'accompagneaussi d'un changement de volume et de forme très notable; l'utérus devient plus convexe en avant et en arrière surloiU; ses

DE L'OVIDLCïli.

bonis, précédemment amincis, s'arrondissent et se développent de telle façon que l'organe, après l'injection, présente un volume de moitié au moins plus considérable qu'à l'élat de vacuité; en même temps les parois de la cavité utérine s'écartent, comme Giin- Iher et Kobeit l'ont montré pour les parois de l'urèthre. Du côté de l'ovaire, les phénomènes analogues, quoique moins prononcés, sont cependant incontestables, tandis ([ue la trompe ne subit aucun changement de forme ni de volume et n'exécute elle-même aucun mouvement. (Rouget.) »

Les lymphatiques de l'utérus, faciles il étudier pendant la grossesse, qui les développe énormément, naissent en grand nombre dans l'épaisseur de la couche musculaire; il a été impossible, jusqu'à ce jour, de savoir s'il en est dont l'origine se trouve dans la membrane muqueuse. Mais, au-dessous du péritoine, on a découvert des réseaux jilus ou moins serrés, d'où partent des troncs qui suivent le même trajet que les artères de l'utérus, et qui vont se jeter, les uns, venant du corps de l'utérus, dans les ganglions lombaires, les autres, provenant du col, dans les ganglions pelviens.

Les nerfs de la matrice émanent du plexus hypogastrique; le plexus ovarique fournit également quelques filets. Du premier de ces plexus se détachent de nombreux rameaux qui se dirigent en dedans et un peu en haut, entre les deux lames du ligament large, et gagnent les bords de la matrice, en s'anastomosant fréquemment entre eux pour former le plexus lUérùi. Us se répandent sur les deux faces de l'organe, et pénètrent dans son épaisseur , en restant accolés aux vaisseaux ou en cheminant dans leurs intervalles. A sa partie supérieure, le plexus utérin s'anastomose avec le plexus ovarique. C'est à l'union du corps et du col qu'on rencontre les lilels les plus nombreux. Quelques Qlets pénètrent-ils dans la portion vaginale du col? Cette question, résolue négativement par M. Jobert, a reçu une solution affirmative des travaux de iMM. R. Lee, Ludovic Ilir.schfeld et Richet : ce dernier anatomisteassureavoir pu, à différentes reprises, suivre des filets nerveux jusqu'à la partie moyenne du col, et tout porte à croire que les lèvres de cet organe n'en sont pas complètement dépourvues, bien qu'il ail été impossible jusqu'à ce jour de les y mettre en évidence. Pour ce qui est de l'hypertrophie de ces nerfs pendant la grossesse, il est admis généralement que celte hypertrophie porte exclusivement sur le névrilème.

Les nerfs de l'utérus sont formés presque entièrement de tubes minces ou sympathiques; on y rencontre, cependant, quelques tubes larges. Us ne portent point de ganglions sur leur trajet dans les parois de l'utérus, et l'on ignore comment ils s'v terminent.

§ III. — Di; L'OVIDICTE.

Lesoi'('(/i(c(e«(|d. 38), appelés communément (romp?.v de Fallope, du nom de l'analomisle qui, le premier, en donna une description exacte, sont deux canaux étendus entre l'ovaire et la matrice, et chargés de conduire l'œuf du premier dans la cavité utérine. Libres et flottants à leur extrémité externe, voisine de l'ovaire, ils s'atlachent par leur extrémité interne à la partie latérale delà matrice, au niveau de ses angles supérieurs, se portent de là transversalement en dehors et un peu en haut, situés dans l'aileron moyen du ligament large, dont ils constituent le bord supérieur, entre le ligament rond , qui est en avant, et le ligament de l'ovaire, qui est en arrière. Dans ce trajet, la trompe décrit une courbe dont la concavité est tournée en arrière, courbe peu marquée à sa partie interne, beaucoup plus prononcée dans sa partie externe ; de telle sorte que l'extrémité libre de l'oviducte regarde en arrière et en dedans, vers l'ovaire. Celte direction, du reste, est sujette à de grandes variations, en raison de la laxité des moyens de fixité de l'organe.

Les feuillets péritonéaux dont se compose le ligament large, constituent, en effet, pour l'oviducte une sorte de mésentère très long, qui lui permet d'exécuter des mouvements fort étendus. Aussi n'est-il pas rare de trouver la trompe repliée en avant ou en arrière, et fixée par des adhérences pathologiques.

Ce mésentère forme à l'oviducte une enveloppe très lâche et ne lui tient que par un peu de tissu cellulaire ; il ne concourt en rien à la production des circonvolutions de ce conduit.

En raison de sa forme, l'oviducte a été comparé par Fallope à une trompe. 11 commence, en effet, du coté de l'utérus, par un canal d'une extrême finesse, s'élargit graduellement eu dehors et se termine par une extrémité évasée en forme d'entonnoir, qu'on appelle pavillon de la trompe. Son orifice interne, très étroit, conduit dans la cavité utérine; son orifice externe s'ouvre dans la cavité péritonéale, et présente ce fait, unique dans l'organisme humain, de la communication directe d'une cavité muqueuse avec une cavité séreuse. Ce dernier orifice est garni, dans tout son pourtour, de languettes membraneuses déchiquetées et flottantes, désignées sous le nom de franges. Un rebord dentelé, situé à 2 ou 3 millimètres de l'orifice et sur la face externe des franges, marque la limite entre la séreuse péritonéale et la muqueuse qui tapisse l'intérieur de la trompe.

L'oviducte peut se diviser en trois portions : celle qui est comprise dans l'épaisseur de la paroi de l'utérus, la portion libre ou le corps de la trompe, et le pavillon.

La portion intra-utérine a environ 1 centimètre

Or.GANES GÉNITAUX INTERNES.

de longueur; elle possède des parois propres, indépendantes, en quelque sorte, des fibres musculaires de l'utérus, qui ne foulque la recouvrir, et dont on la distingue facilement sur une coupe transversale ; chez la femme récemment accouchée, elle peut même, suivant M. Robin, en être isolée complètement. Le point le plus étroit de la portion intra-utérine de la trompe n'est nullement son orifice dans la matrice; il répond au milieu delà paroi utérine ; en dedans comme en dehors de ce point, le canal s'élargit. L'oritice interne ou utérin {ostiam uterinum), ordinairement occupé par du mucus épais, qui empêche le liquide injecté dans la matrice de passer dans le périloine, se trouve situé, chez les nuUipares, au sommet des angles supérieurs infundibuliformes de la cavité utérine; chez les multipares, à la partie supérieure et latérale de cette cavité. La limite qui sépare les deux organes intérieurement est nette : la muqueuse utérine, en effet, est lisse, polie, de couleur rose, et percée de nombreuses ouvertures glandulaires, tandis que la mmiueuse de la trompe est pâle, blanche cl plissée longiludinalement. L'orifice utérin, quelquefois extrêmement étroit, mesure ordinairement '2 millimètres de largeur environ. Cette portion intra-pariétale est rectiligne, ou n'a qu'une légère courbure à concavité inférieure.

Le corps de la trompe se détache du sommet des angles de l'utérus, et se place dans l'aileron moyen du ligament large, sur un plan supérieur à celui du ligament rond et du ligament de l'ovaire; rectiligne à son origine, dans l'étendue de deux ou trois travers de dùigl, il forme ensuite des inilexions ou circonvolutions, variables quant à leur nombre et à leur étendue, d'autant plus marquées, en général, qu'on observe la trompe sur des sujets plus jeunes. Les circonvolutions, avons-nous dil, sont indépendantes de l'enveloppe péritonéale de l'organe et persistent quand, celle-ci étant enlevée, on insuffle la trompe.

Le pavillon, appelé aussi morceau frangé, forme r«xtrémitô externe et libre de l'oviducte, et regarde en arriére et en dedans, vers l'ovaire, qu'il embrasse au moment de la chute de l'œuf. Large et évasé en dehors, il se rétrécit graduellement et se continue sans limite bien nette avec le corps de la trompe. Les franges qui garnissent toute sa circonférence, ont une forme extrêmement variable; généralement.lancéolées, elles sont parfois ovalaires ou filiformes. Des adhérences, peut-être anormales, unissent quelquefois l'extrémité libre d'une frange ù celle d'une frange voisine, ou au bord opposé du pavillon.

Les franges no peuvent être bien étudiées que lorsqu'on les a fait flotter dans l'eau. On voit alors que leur nombre et leur longueur présentent de grandes variétés. Tantôt elles existent 11 peine, et le bord du pa-

villon parait simplement festonné; et tantôt elles sont fort développées, mesurant jusqu'à 3 centimètres de longueur, et tellement nombreuses qu'elles cachent tout à fait l'orifice tubaire. Leurs bords sont rarement arrondis et lisses; le plus souvent ils présentent des dentelures.

Parmi ces franges il en est quelques-unes qui se dirigent vers l'ovaire, et qui, au lieu d'être flottantes comme les autres, sont supportées par le ligament tubo-ovarien : on les Ap[)e\]e franges tubo-ovariennes; tantôt elles s'avancent jusqu'à l'ovaire et tantôt elles s'arrêtent en chemin. Leur face supérieure est creusée d'un sillon qui continue le canal tubaire. ' Il n'est pas extrêmement rare de rencontrera la surface de l'oviducte un ou deux petits pavillons surnuméraires, formés, comme le pavillon terminal, par la muqueuse tubaire découpée en forme de franges, et percés d'une ouverture qui conduit dans le canal de la trompe. G. Richard, qui a observé cinq faits de ce genre, se demande si l'ovule fécondé ne pourrait pas s'échapper de l'oviducte par cette ouverture anormale et tomber dans la cavité péritonéale.

Au fond de l'entonnoir que représente le pavillon, on aperçoit Vouverture abdominale de la trompe, de forme circulaire et mesurant de 5 à 8 millimètres de diamètre chez l'adulte, admettant par conséquent une sonde de moyen calibre. .Souvent cet orifice est difficile il apercevoir, caché qu'il est par les plis de la muqueuse et les franges du pavillon ; il faut, dans ces cas, examiner le pavillon sous l'eau, ce qui permet d'écarter facilement toutes ces parties.

La surface interne de l'oviducte présenle une muqueuse d'un blanc rosé, qui se fait remarquer par les plis nombreux qu'elle forme dans l'intérieur de l'organe. Ces plis, qui sont toujours dirigés iiarallèlement à l'axe de la trompe, commencent dans la région intra-pariétale par deux ou trois petites crêtes, deviennent plus nombreux et plus saillants dans le corps de la trompe, où l'on en compledc quatre à six, mesurant 5 îi 6 millimètres de hauteur, et s'abaissent de nouveau vers l'ouverture abdominale, où l'on ne trouve plus que de petits plis. Ordinairement, cependant, un des grands pli.s franchit l'orifice.

La surface interne du pavillon présente le même aspect; les plis, moins élevés que ceux de la trompe, convergent tous vers l'orifice abdominal. Ces plis ne franchissent point le rebord dentelé qui sépare la muqueuse de la séreuse, mais ils se prolongent sur le ligament tubo-ovarien.

La surface des plis d'un certain volume est couverte elle-même de plis secondaires ou petites crêtes; comme, dans le corps de la trompe, ils se louchent et s'emboîtent les uns les autres, et remplissent pour ainsi dire le canal tout entier, il en résulte qu'ils le

DE L'OVAIRE

transforment en une foule de petits conduits capillaires, propres à conduire le s|)erme de la matrice sur l'ovaire. Formés par une duplicalure de la muqueuse, trop large pour les tuniques externes, ces plis ne disparaissent point par l'insufflation de la trom|)e.

Structure de l'oviducte. — La séreuse péritonéale , qui forme à la trompe une enveloppe extrêmement lâche, devient très adhérente au voisinage de l'extrémité externe de ce canal , et sur les franges son union avec le tissu propre est tellement intime qu'il est impossible de l'en séparer.

La paroi propre de la trompe, de nature musculaire, est formée de faisceaux lisses, les uns longitudinaux, les autres circulaires. Ces faisceaux, très difficiles à isoler, sont unis entre eux par du tissu conjonctif embryonnaire. D'une couleur gris l)lanchaire, d'une texture serrée, cette paroi est épaisse au voisinage de la matrice, et forme un cordon dur comme le canal déférenl; elle s'amincit peu à peu en dehors et finit, près du pavillon, par se réduire à une lamelle fort mince.

La muqueuse, continue avec celle de la matrice, en dedans, avec la séreuse péritonéale, en dehors, est molle, extrêmement mince et unie à la tunique musculeuse par un peu de tissu conjonctif sous-muqueux ; dépourvue de papilles et de glandes, elle est formée exclusivement par du tissu conjonctif amorphe, dans lequel on trouve de nombreuses cellules fiisiformes. Une simple couche de cellules épithéliales garnit sa surface libre ; ces cellules ont une forme conique et présentent des cils vibratiles très distincts, produisant, suivant KôUiker, un courant qui, de l'orifice abdominal, se dirige vers l'orifice utérin de la trompe, et contribue probablement à faire cheminer l'œuf, mais non le sperme.

La trompe renferme ordinairement un mucus jauuiitre, épais, qui est cependant moins visqueux que celui du col.

h'aricre lubaire est une branche spéciale de l'utérine, qui s'en détache près des angles supérieurs de l'utérus, se dirige dehors, en décrivant des flexuosités nombreuses , dans l'épaisseur du mésentère de la trompe; dans ce trajet, elle fournit des branches supérieures, au nombre de trois ordinairement, qui s'anastomosent pour former des arcades, d'où partent les rameaux tubaires. La branche terminale se distribue au pavillon et aux franges.

Les veines tubaires, au nombre de deux, se rendent aux plexus de l'ovaire et de l'utérus, en s'anastomosant fréquemment entre elles.

Lesvaisseaux de la trompe ne présentent aucune des dispositions qui constituent les organes érectiles. Si les artères sont encore flexueuses, les capillaires et les veines sont d'une finesse extrême, quoiqu'en reseaux

serrés, et dans les injections les plus parfaites, jamais M. Rouget n'a vu la trompe changer de forme ni de volume, ni exécuter aucun mouvement, fie n'est donc point de cette manière qu'on peut expliquer l'adaptation de la trompe à l'ovaire dans le phénomène de la chute de l'œuf. Celte adaptation est un effet de la contraction des faisceaux musculaires contenus dans l'aileron postérieur des ligaments larges, contraction qui a pour eflel d'attirer la trompe et le pavillon vers l'ovaire. Quant à l'action des fibres musculaires propres de l'oviducte, elle ne saurait s'exercer que sur la progression de l'œuf qui a déjà pénétré dans la trompe, et elle ne diffère en rien de celle de la tunique musculaire de tous les conduits excréteurs.

Les vaisseaux lymphatiques de la trompe sont peu connus.

Quant aux nerfs de cet organe, ce sont quelques filaments des plexus hypogastrique et ovariquequi accompagnent les artères.

DE L'OVAIRE

Les ovaires {omria) (pi. 38, U'J et Zii), appelés aussi testicides de la femme {testes muliebres), sont deux glandes chargées de produire les œufs. Ils offrent cette particularité, unique dans l'économie, d'être complètement séparés de leur canal excréteur; mais cette séparation n'est que temporaire. Au moment où l'œuf se détache de l'ovaire, celui-ci est embrassé par le pavillon, dont les franges s'appliquent à sa surface, si bien qu'il y a alors continuité, en quelque sorte, entre la glande et son canal excréteur.

Ovoïdes, aplatisd'avan t en arrière, les ovairesont une grosse extrémité dirigée en dehors, et une petite extrémité tournée en dedans. Ils sont situés dans le bassin, et contenus dans l'aileron postérieur des ligaments larges, en arrière et en dedans du pavillon de la trompe. Un ligament, en grande partie musculaire, les unit à la matrice.

Les ovaires, retenus par ce ligament et par le péritoine, jouissent d'une grande mobilité; ils se portent quelquefois en avant, et on les a rencontrés dans certaines hernies inguinales, plus souvent en arrière, dans le cul-de-sac utéro-rectal, ou dans la fosse iliaque, où ils peuvent cire maintenus par des adhérences.

Le volume et la forme des ovaires sont sujets h de grandes variations; on en distingue deux variétés principales : la variété allongée et la variété arrondie. Dans la première, le grand diamètre de l'organe est de 4 il 5 cenlimèlres, la hauteur de 10 îi 15 millimètres, et l'épaisseur de 7 à 12 millimètres. Dans la seconde, les dimensions sont : 3 ii i centimètres pour la Ion-

ORGANES Gl'MTAUX INTERNES.

ijueur, 20 à 25 millimètres pour la hauteur, et 7 à 12 millimètres pour l'épaisseur.

Les ovaires, très petits au moment de la naissance, prennent un grand développement à l'époque de la puberté. Les observations de Weber portent à croire que le coït n'est pas sans influence sur le volume de ces organes; cet anatoniiste les a trouvé plus petits chez les filles continentes que chez celles qui ont eu des rapports se.\uels. Suivant Krause, les ovaires des multipares se rapetissent en raison du nombre des enfants. Chez les femmes âgées, les ovaires se flétrissent et se réduisent à de petits tubercules.

Il est rare de trouver l'ovaire droit parfaitement égal à l'ovaire gauche; mais il est impossible de dire lequel des deux l'emporte communément sur l'autre.

L'ovaire a une couleur blanchâtre , quelquefois rosée; on y voit souvent des taches bleuâtres; elles correspondent aux vésicules de Graaf, qui sont transparentes. La surface de l'ovaire, lisse chez les jeunes filles, est bosselée et couverte de cicatrices irrégulières chez les femmes d'un certain âge. Souvent aussi on y rencontre des taches jaunes, brunâtres, qui sont la conséquence de la déhiscence des follicules ovariqucs. Sa face antérieure et sa face postérieure sont convexes; son bord supérieur, également convexe, est libre et en rapport avec les circonvolutions de l'intestin; son bord inférieur ou adhérent est droit, et constitue le hile de l'organe.

L'extrémité externe de l'ovaire est arrondie et dirigée vers le pavillon de la trompe, auquel elle est liée par le ligament tubo-ovarien ; son extrémité interne, plus ou moins aiguë, est unie à la matrice par le ligament de l'ovaire.

Structure. — L'ovaire est formé d'un parenchyme particulier entouré de deux enveloppes, l'unoséreuse, l'autre fibreuse.

L'enveloppe séreuse, fournie par le péritoine du ligament large, est très adhérente à la fibreuse sous-jacente, et ne peut en être séparée, si ce n'est le long du bord inférieur de l'ovaire, où les deux feuillets du péritoine glissent facilement l'un sur l'autre, et permettent à l'ovaire de se développer dans ce sens, et aussi aux vaisseaux et nerfs de pénétrer dans l'organe. Venveloppe fibreuse ou albuginée de l'ovaire, est une membrane d'un blanc brillant, résistante, qui peut être comparée à l'albuginéc du testicule. Elle entoure l'organe de toutes parts, cl s(ï trouve percée, à sa partie inférieure, de plusieurs ouvertures livrant passage aux vaisseaux et aux neifs. Elle .se continue, par sa face profonde, avec lestroma de l'ovaire, sans qu'il soit possible de fixer la limite exacte ipii l'en sépare. En effet, elle n'envoie pas dans l'intérieur de l'ovaire des lames ou cloisons fibreuses distinctes, analogues à celles de l'albuginée du lestii-uie, mais seu-

lement des lamelles fibreuses et des filaments entrecroisées, circonscrivant des espaces irréguliers où se ramifient les vaisseaux, et qui renferment les vésicules de Graaf.

Le parenchyme glandulaire ou stroma de Baer est une substance fibroide compacte, d'un gris rougeâtre, formée en grande partie par l'entrecroisement des prolongements fibreux de l'albuginée et par les fibres musculaires du ligament de l'ovaire. C'est dans les portions périphériques de cette espèce de trame fibreuse qu'on rencontre ordinairement des copsi^es ovariques ou ovisacs (follicules de GraaQ.

Le cordon musculaire qui porte le nom de ligament de l'oraire, provient de la face postérieure de l'utérus. Les fibres de cette face convergent vers l'origine du ligament ovarien, et se ramassent en partie en un faisceau arrondi ; un assez grand nombre, cependant, débordent le ligament en haut et en bas, et forment cette membrane musculaire qui unit l'ovaire h la matrice. Ces faisceaux musculaires ne se terminent pas brusquement â l'extrémité interne de l'ovaire; ils plongent dans son intérieur, et les fibres qui s'entre-croisent dans le stroma de la glande, semblent n'en être que le prolongement. Une partie de ces faisceaux longent le bord inférieur de la glande, au niveau du corps spongieux de l'ovaire, et, arrivés à son extrémité externe, concourent à former le ligament qui rattache le pavillon à l'ovaire. D'autres se détachent du bord supérieur du ligament utéro-ovarien, passent dans l'aileron moyen du ligament large, et vont se terminer sur la trompe et dans le pavillon. Enfin des fibres musculaires lisses proviennent du fascia propria delà région lombaire, et accompagnent les vaisseaux spermatiques, qu'ils entourent de leurs faisceaux; les plus internes se recourbent en dedans, s'irradient dans le feuillet postérieur du ligament large et se portent en dedans, vers l'utérus; les plus externes, soulevant le péritoine en forme de pli, s'infléchissent en dehors et s'attachent au pavillon; le plus grand nombre pénètre dans l'ovaire par le hile, croise perpendiculairement le précédent, ou bien traverse le bulbe érectile pour se rendre U la trompe.

Les follicules de Graaf, ou ovisacs (pi. lili), sont des vésicules transparentes, remplies d'un liquide incolore ou jaunâtre, qui sont disséminées dans le stroma de l'ovaire. Leur grosseur varie entre celle d'un grain de millet et celle d'un grain de cbènevis. On en trouve généralement de 15 à 20 pendant toute la période de la menstruation ; mais on en a rencontré quchiuefois jusqu'à 200 dans un ovaire, tandis que, chez les vieilles femmes, ils se réduisent à 2 ou 4, ou même disparaissent complètement. Ils sont, du reste, à divers degrés de développement, et d'autant plus gros iju'ils sont plus rapprochés de la surface de l'ovaire.

DE L'OVAIRE

Arrivés h leur développement complet, ils proéminent à la surface de l'ovaire sous la forme de petites tumeurs, parcourues por de nombreux vaisseaux sanguins; leurvolume est alors très considérable relativement ;i celui de l'ovaire. Ordinairement une seule vésicule de Graaf, dans l'un ou l'autre ovaire, acquiert ces grandes proporlions; plus rarement on en trouve deux ou même trois, qui sont arrivées à maturité h la fois, dans un ovaire ou dans les deux.

La paroi des ovisacs se compose (pi. hU, fig. 1) : 1° d'une tunique externe, fibreuse, forte et rétractile, qui reçoit de nombreux vaisseaux ramifiés à sa surface, qui est unie par des liens fibreux au stroma de l'ovaire, et qui est formée de tissu conjonctif fibrillaiie avec une foule de noyaux et de corps fusiformes; 2" d'une tunique interne, formée d'un tissu cellulaire plus amorplie, également très vasculaire, mais nullement rétractile; 3° d'un épithèlium, couche granuleuse des auteurs, dont les cellules polygonales, îi parois très délicates, mesurent de 0""",007 à 0'"'",009 en diamètre, et renferment un gros noyau, souvent avec quelques granulations jaunâtres. Ces cellules sont disposées en plusieurs couchessur toute la surface interne de la tunique fibreuse. L'épithélium des follicules de Graaf a une épaisseur générale de 0""",02 à C'^jOSô ; mais dans le point le plus rapproché de la surface de l'ovaire, il présente un renflement, un cpaississement, dû îi une accumulation de cellules : c'est le disque proligère de Baer. Ce disque a 0""",6 de largeur , et fait une saillie notable dans la cavité de la vésicule de Graaf. Au milieu des cellules dont il est formé , se trouve l'œuf, libre de toute espèce de connexions vasculaires ou librillaires, en contact direct avec les cellules du disque proligère, dont une partie reste accolée h sa surface au moment où il .s'écbappe du follicule rompu, de manière à lui constituer une enveloppe particulière qui se détache pendant son trajet dans la trompe.

L'ovaire reçoit des branches de Vartère oiarique ou ■ipermatiqueelile l'artère utérine.

Arrivée au bord inférieur de l'ovaire, l'artère ovariqucfournitbrusquenientdixoudouzebranches(pl.42), qui s'élèvent parallèlement et en décrivant denombreusesflexuosités, scdivisent,s"enroulentetpénètrcntdans le hile de l'organe, où elles se subdivisent en conservant toujours leur forme en spirale ; M. Rouget comliare ces ramifications ovariques aux pelotons artériels des racines des corps caverneux. Elles vont gagner les follicules de Graaf, qu'elles couvrent de ramifications arborescentes et fournissent un réseau très serré à la membrane interne du follicule. C'est de ce

réseau que partent les radicules veineuses. Celles-ci se réunissent en petits troncs contournés en spirale, qui se rendent au hile en cheminant entre les artères, et forment immédiatement au-dessous de l'ovaire, un réseau admirable veineux, dont les vaisseaux ont 1/2 à 1 millimètre de diamètre, véritable corps spongieux traversé en tout sens par les fibres musculaires dont il a été question, et constituant un organe érec.tile dont le volume, dans quelques cas, atteint celui du bulbe du vestibule, mais reste généralement un peu au-dessous. Le corps spongieux de l'ovaire est allongé, a|)lati ; sa largeur égale ou surpasse celle de l'ovaire; son épaisseur est de près de 1 centimètre, et sa hauteur un peu plus considérable. H communique par de nombreuses anastomoses avec les plexus utérins, contenus comme lui entre les feuillets du ligament large. De sa partie externe partent deux veines qui se jettent, à droite, dans la veinecave, à gauche, dans la veine rénale.

Les lymphatiques de l'ovaire sont encore peu connus; on présume qu'ils aboutissent aux ganglions lombaires et pelviens.

Les nerfs de l'ovaire proviennent de deux sources : les uns constituent le plexus ovarien, bifurcation du plexus rénal ; les autres, moins nombreux, accompagnent l'artère utérine et proviennent du plexus hypogastrique.

Vœuf humain (pi. [lU, lig. ti), au moment où il se détache de l'ovaire, est une petite sphère du diamètre de O'"",! à 0""",15, et composée d'une membrane d'enveloppe et d'un contenu; la première se présente sous l'aspect d'un large anneau transparent, d'où le nom de zone transparente, quelui a\ait donné Baer. iM. Costel'a désignée plus heureusement sous le nom de memlirane vitelline. Elle ne présente aucune trace de structure et jouit d'une grande élasticité; aussi ne se rompt-elle que difficilement sous l'influence d'une forte pression.

Le contenu de cette membrane, ou le vitellus, remplit complètement cette dernière; il se compose de deux éléments : d'une foule de granulations moléculaires, de nature graisseuse, et d'une humeur homogène, très visqueuse, qui unit ces granulations entre elles.

Au sein de cette masse granuleuse, mais non point au centre de l'œuf, on observe une petite vésicule spliérique, de 1/35'^ à 1/30'^ de millimètre de diamètre, à lonlenu transparent, avec un noyau plus foncé, mesurant 0""", 002 à 0'"'", 003. La vésicule porte le nom de vésicule germinalive, et le noyau, celui de tache germinative.

SECTION TROISIEME

DÉVELOPPEMENT DE L'ŒUF

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