CHAPITRE PREMIER
PHÉ!VOI»I£NE$i PRÉIilllIIVAIRElS.
Avant de passer en revue les phénomènes du développement de l'œuf, il importe de jeter un coup d'cril sur les circonstances qui précèdent ce développement et sur les conditions qui le rendent possible, en d'autres termes sur les phénomènes de la chute de r(euf et de fécondation.
§ I". - CHUTE DE L'ŒIF. — MENSTP.IATION. — CORPS JAIXES.
L'œuf ne peut se détacher de l'ovaire que par la déhiscence des capsules ovarienuts. Chez l'homme et les mammifères, où l'œuf est tiop petit pour opérer lui-même cette déhiscence, la rupture de la vésicule de Graaf est due à l'accumulation, dans son intérieur, d'un liquide albumineux qui la distend de plus en plus et l'amincit, surtout au niveau de la portion qui fait saillie au-dessus de l'ovaire et oppose le moins de résistance; bientôt la capsule ovarique n'offre plus eu ce point qu'une pellicule très fine, transparente, dont la rupture peut être provoquée par le moindre effort. Cette rupture effectuée, le liquide s'écoule et entraine avec lui l'œuf, qui, comme nous l'avons vu, se trouve situé au sommet de la vésicule de Graaf, précisément à l'endroit où s'opère la déchirure, dans un point diamétralement opposé à celui par où pénètrent les troncs vasculaires de la vésicule.
La rupture de la vésicule de Graaf, arrivée ii son développement complet, est une suite naturelle de l'accumulation du liquide dans son intérieur, et cette accumulation est provoquée elle-même, soit par l'état de maturité de l'œuf, soit par l'excitation sexuelle déterminée par le coit. Elle s'opère exactement de la même manière que l'ouverture spontanée d'un abcès, ainsi que l'a fait remarquer judicieusement Clumenbacb. l>e même que cette dernière, elle a lieu d'une manière lente et graduelle, et s'accompagne toujours d'un petit écoulement sanguin par les vaisseaux non obliléiês de la portion culminante de la vésicule. Mais celte pclitclu'morrhagie est de peu d'importance, et,
contrairement à l'opinion de M. Pouchet, ne joue aucun rôle dans l'expulsion de l'œuf.
Pendant le temps que la rupture de la vésicule de Graaf s'ufléctue, la même stimulation qui favorise la sécrétion de liquide, opère une contraction de tous les faisceaux musculaires du ligament large, que nous avons vu établir des connexions intimes entre l'ovaire et le pavillon de la trompe; il en résulte que le pavillon s'applique étroitement contre la glande, la coiffe, pour ainsi dire, comme un bonnet, et saisit l'œuf, dès qu'il est devenu libre, pour le conduire dans la matrice.
Le développement de l'œuf se fait de très bonne heure, et les vésicules de Graaf existent déjà chez le fœtus ; mais elles restent stationnaires et dans un état en quelque sorte latent, jusqu'à la puberté. Elles ne commencent là s'accroitre que lorsque l'ensemble de l'appareil génital a pris les développements nécessaires à la reproduction , c'est-à-dire à l'époque de la puberté, .arrivées à maturité, elles exercent à leur tour sur l'appareil reproducteur tout entier une influence excitatrice qui se traduit par une sorte de congestion, de tuméfaction des oviductes, de l'utérus et des organes génitaux externes, par une sécrétion de liquides spéciaux, et, au point de vue fonctionnel, par une agitation particulière et un vague désir de copulation. Cet orgasme, qui porte le nom de ?■!(/ chez les animaux , dure peu quand le coït vient donner satisfaction à l'instinct de la génération. Peu de temps après le coit, l'excitation tombe et tout rentre dans le calme, jusqu'à ce qu'une nouvelle vésicule de Graaf, arrivée à maturité, provoque les mêmes phénomènes. Chez les animaux, les phénomènes du rut se montrent périodiquement, à des époques variables pour chaque espèce, mais sur lesquelles les conditions extérieures ne sont pas sans influence.
Les signes extérieurs du rut, chez les animaux, sont, en général, des phénomènes de congestion qui ont leur siège dans les vaisseaux des organes génitaux externes, ou dans d'autres jiartics exposées à la vue. Ainsi, chez