‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 78 sur 136 · APPAREIL DE LA CIRCULATION · texte numérisé non relu

APPAREIL DE LA CIRCULATION

luIes du corps de ^Vul^f servant à produire les cùnes vasculaires est très variable; quelques canalicules persistent aussi sans entrer en communication avec la glande génitale; ils forment les vasa aberrantia, comme l'a avancé Kobell. Le même auteur admet que riiydatide de Morgagni résulte de la persistance de l'exlrémilé supérieure du canal de Millier.

Dans la cavité antérieure qui résulte de la division du cloaque, c'est-;t-dire dans le sinus uro-génital, viennent s'ouvrir, de chaque côté, deux canaux, l'uretère et le canal de Millier, sur la ligne médiane, le pédicule de l'allantoide. Au-devant de cette cavité se trouve le vestibule commun qui les met en relation avec l'extérieur, et qui représente la portion membraneuse de l'urèlhre. Entre les orifices des uretères et ceux des spermiducles se produit une constriction qui deviendra le col vésical.

Chez la femelle, les canaux de Millier, qui s'ouvraient d'abord dans le cloaque par deux orifices distincts, se rapprochent de plus en plus vers leur extrémité inférieure, se soudent entre eux, et par la destruction de la double cloison qui sépare leurs cavités, constituent une cavité commune et unique, qui est la cavité autéru-vginale. De plus , l'orifice supérieur de ces canaux s'évase et forme le pavillon, qui reste distinct (le l'ovaire.

La portion inférieure du sinus uro-génilal se i.iccourcit pour former le vestibule. 11 n'existe d'abord aucune séparation entre l'utérus et le vagin. Celte séparation ne se montre qu'à la fin du cinquième mois ; un bourrelet circulaire apparaît à la face interne de la paroi commune, et s'accroît dans les derniers mois de la grossesse pour former la portion vaginale du col. Le vagin est très large au cinquième mois ; Vhymen n'est (|ne le résultat de la transformation du bourrelet qui entourait l'ouverluredu vagin dans le sinus uro-génital. Quant à Vutérus, ses parois ne commencent à s'épaissir qu'au sixième mois, et pendant longtemps le col l'emporte sur le corps sous le rapport des dimension» et de l'épaisseur des parois. A;ix modifications du cloaque et du sinus uro-génital dont nous venons de parler, se rattache le développement des oryanes yéiiitaux externes.

Dans la quatrième semaine, l'ouverture qui existe à l'exlrémilé postérieure de l'embryon est simple, en forme de fente longitudinale, elle est commune à l'intestin, à l'ouraque et aux canaux excréteurs des corps (le Wolff ; c'est un véiilable cloaque.

En avant de cette ouverture, il se fait une accumulalion de matière plastique d'où résulte une éminence (ju'on peut 3\)[)e\cr éminence génitale. X la face inférieure de cette dernière se forme, vers la fin du deuxième mois, un sillon qui se prolonge jusqu'à l'ouverture du cloaque, et qui divise l'éminence primitive en deux

moitiés, représentant les futurs corps caverneux du pénis ou du clitoris. Ces deux moitiés se réunissent d'abord par leur face supérieure ou dorsale, laissant entre les faces opposées une gouttière, qui persiste dans lesexe féminin, tandis que dans lesext! masculin les bords de la gouttière s'accroissent vers la ligne médiane, et, arrivés au contact, transforment la gouttière en un canal complet, qui est Vurèthre. Quebiuefois cette transformation,qui s'opèredans la première moiliéduqnatrième mois, est incomplète; il en résulte le vice de conformation qui porte le nom d'hypospadias. Le développement des corps caverneux est intimement lié à celui des os du bassin. Le gland se développe dans le courant du troisième mois.

Au-dessous et un peu en dehors des futurs corps caverneux se produisent, peu après l'apparition de ces derniers, deux corps saillants sphéroidaux, qui donnent naissance au scrotum ou aux grandes lèvres. La position relative de ces deux parties ne reste pas la même dans les deux sexes. Chez le mdle, les corps caverneux remontent vers l'ombilic, tandis que les corps sphéroidaux restent en place; il s'ensuit que ces derniers peuvent se rapprocher l'un de l'autre et se souder sur la ligne médiane; cette soudure, qui a lieu au quatrième mois, et qui est indiquée, même chez les adultes, par un raphé étendu de l'anus au gland, allonge le sinus uro-génital de toute la longueur de la portion spongieuse de l'urèthre. Chez la femelle, au contraire, le clitoris descend vers l'anus et s'interpose entre les grandes lèvres : celles-ci ne peuvent se réunir qu'en avant et en arrière de lui, et circonscrivent une ouverture dans laquelle on rencontre le clitoris, les petites lèvres, et l'orifice du sinus uro-génital. De ce défaut de soudure il résulte que ce sinus reste fort court; que rien, chez la femme, ne répond à la portion spongieuse de l'urèthre de l'homme, et enfin qu'il n'existe chez elle de raphé que sur le périnée.

5" Appareil de la circulation. — Nous a\ons exposé succinctement comment se forment ks premiers rudiments du cœur, des vaisseaux et du li(iuide sanguin, et nous avons montré que tous ces organes apparaissent simultanément dans les points qu'ils occupent. i,es premiers vaisseaux se dévelo|ipent entre le feuillet interne et le feuillet externe du blastoderme, dans l'épaisseur d'un feuillet spécial appelé /ei(i//('( intermédiaire {feuillet angiopldslique de Prévost et Hébert) ; le champ dans le(|iicl ils sont circonscrils, ou Vairevasculaire, est limité par un canal circulaire, qui porte le nom de sinus terminal ou veine terminale. Le cœur est repu'stnté par un canal droit d'abord, puis recourbé en S, qui, à ses deux extrémités, se bifurque; les deux branches supérieures de bifurcation (arcs aortigues) se recourbent vers la future base du crâne, puis convergent vers la colonne vertébrale pour se réunir en un seul

DÉVELOPPEMENT DE L'EMBKYON.

tronc, lequel descend le long de celte colonne et ne tarde pas à se dhiser en deux branches (aortes ou vertébrales inférieures) q\n s'étendent jusqu'à l'extrémité caudale de l'embryon. Dans ce trajet elles fournissent de chaque côté un certain nombre de rameaux, qui se portent en dehors, se distribuent dans l'aire vascuiaire et y forment un réseau très élégant. Ce réseau, d'une part, communique avec le sinus terminal, d'autre part, est le point de départ des veines de l'aire vascuiaire; celles-ci aboutissent à deux troncs très courts qui s'ouvrent dans l'extrémité inférieure du sinus cardiaque, c'est-à-dire dans le sac veineux : ces troncs sont appelés veines vilellines ou omphalo-mésentériiiues. l'armi les branches qui se détachent, de chaque côté, des aortes inférieures, on en distingue deux qui prennent un grand développement et qui l'emportent même, au bout d'un certain temps, sur les troncs dentelles émanent : ce sont les artères omphalomésenlériques, qui conduisent le sang de l'embryon dans la vésicule ombilicale. Mais comme, chez l'homme, celte vésicule ne joue qu'un rôle tout à fait accessoire, et ne fournit que très peu de matériaux nutritifs à l'embryon, les vaisseaux destinés à charrier ces matériaux ne tardent pas à s'atrophier eux-mêmes. Une des artères vitellines et une des veines correspondantes disparaissent d'abord; pendant ce temps, le reste du système vascuiaire se développe dans une proportion beaucoup |)lus grande que l'artère et la veine vitellines ipii persistent, de sorte que ces dernières ne ligurent plus, à une certaine époque, que comme des branches peu importantes de l'artère et de la veine méscnlériques.

En même temps qu'apparaît et grossit rallanl(]iilc, on voit naître des aortes inférieures deux branches considérables qui se distribuent à la surface de cette vésicule; ce sont les arfères ombilicales. Deux veines ombilicales accompagnent ces artères et ramènent le sang de l'allantoide vers l'embryon; elles aboutissent à la veine omphalo-méseulérique. L'une de ces veines, celle du côté gauche, ne tarde pas à disparaître ; il ne reste plus alors (|u'une veine et deux artères, lesquelles établissent la communication vascuiaire entre l'embryon et l'allantoide, ou le placenta, qui est une formation dépendante de l'allantoide.

A la même époque le cœur subit des niodiflcations importantes; ses courbures deviennent plus prononcées; en outre, il se forme, sur son trajet, des dilatations séparées les unes des antres par des étranglenienis. A un certain moment, il présente, de bas eu haut : 1" le tronc commun des veines omphalo-niésentériques; 2° une dilatation (sac veineux), figurant \cs oreillettes futures; 3° un rétrécissement, appelé canal auriculaire, qui sépare ces dilatations de la dilatation ventriculaire; sur la paroi de cette dernière on voit déjà un

sillon intermédiaire; h" un second rétrécissement, désigné sous le nom de détroit de Haller, qui conduit dans une troisième dilatation, le bulbe aortique.

En même temps que ces changcmentsont eu lieu, les divers segments du cœur se sont ramassés et accolés plus intimement, et l'organe a subi un mouvement de torsion par lequel les oreillettes se sont portées en arrière et à gauche, les ventricules en avant et à droite.

La dilatation auriculaire, qui prend un grand développement, reste longtemps à l'état de cavité unique; lorsque déjà les deux ventricules sont séparés par une cloison, on voit naître, à la partie supérieure de cette cavité, une membrane (|ui s'étend de haut en bas et d'avant en arrière et qui la divise en deux oreillettes; cette cloison est échancrée du côté de la cavité du sac veineux. La dilatation ventriculaire se dé\ cloppe plus rapidement que les autres, et ses parois, d'abord aussi minces que celles de la portion veineuse du cœur, prennent une grande épaisseur; de bonne heure aussi une cloison, qui naît à son .sommet pour s'élever vers la base, la divise en deux cavités distinctes. Lorsque cette cloison a atteint la base du ventricule, ce qu'on observe chez l'embryon âgé de sept semaines, l'orifice auriculo-ventriculaire, ainsi que le détroit de Haller, se trouve divisé en deux. 11 y a alors un orifice auriculo-ventriculaire droit et un orifice auriculoventriculaire gauche, un oiifice aortique droit et un orifice aortique gauche.

Le bulbe aortique ne persiste que chez les pois.sons et les reptiles; chez les mammifères et chez l'homme, en même temps que se forme la cloison ventriculaire. il se divise en deux canaux, tordus sur eux-mêmes, dont l'un communique avec le ventricule droit, c'est Vartére pulmonaire, et l'autre avec le veniriculegauche, c'est Vaorle proprement dite.

Du côté des artères il se produit des changements non moins importants : nous avons vu partir du bulbe aortique deux arcs aortiquesqui, après avoir formé un tronc unique dans un très court trajet, se séparent de nouveau sous le nom d'aortes inférieures. A mesure que se montrent les arcs branchiaux, de nouveaux arcs aortiques se développent successivement l'un derrière l'aulrc; tous naissent du bulbe aortique, contournent, de chaque côté, la cavité pharyngienne, et se terminent dans lesdeux arcs aorticjues primitifs. Ces arcs sont au nombre de cinq paires, mais ils n'existent jamais tous ensemble, les antérieurs disparaissant peiulanl que les postérieurs se développent. Ce sont les trois dernières paires qui, en se transformant, forment les gros vaisseaux artériels persistants; une petite portion des deux premières paires, cependant, entre dans la composition de la carotide interne et de la carotide externe. Des trois paires d'arcs aortiques qui restent en dernier lieu, la première forme les

APPAREIL DE LA ClIiCLLATION.

carotides; la seconde paire, après la division du Inillie aortique en aorte et en artère pulmonaire, entre en comnuinicalion, des deux eûtes, avec l'aorte: celui de gauche devient la crosse de l'aorte permanente , tandis que celui de droite forme le tronc innommé et le commencement de la sous-claviére droite. Le troisième arc aorli(iue disparait à droite; ii gauche, il se continue avec l'artère pulmonaire, et celte communication entre celle-ci et l'aorle persiste, sous le nom de canal artériel, pendant toute la durée de la vie l'd'lale, de sorte que le ventricule droit \erseson sang dans l'aorte descendante. De ce même arc naissent les deux branches de l'artère fulmonaire, d'abord par un petit tronccommun, ensuite directement. La communication entre le second et le troisième arc aortique gauche lormera le prolongementdela sous-davière ou l'artère axillaire, tandis que la communication de celui du coté droit avec l'aorte primitive disparait: il en résulte que l'aorte descendante ne communique plus qu'avec les vaisseaux du côté gauche.

Vaorte thoracique et Vaorte abdominale paraissent êlre doubles dans l'origine, tout le long de la colonne vertébrale, et ne se souder en un vaisseau unique que |)lus tard. Les artères de rallanloitie ou aitèies ombilicales sont d'abord lesterminai.sonsde l'aorte primitive, qui fournit latéralement de petites branches pour les membres inférieurs et les viscères pelviens en voie de formation. Ces petites branches, qui représentent les iliaques primitices , croissent en volume avec les organes auxquels ils sont destinés; mais les artères ombilicales conservent pendant toute la vie fœtale le caractère d'une division de l'aorte; ce n'est qu'à la naissance qu'elles s'oblitèrent et se transforment en cordons fibreux, appelés ligaments latéraux de la vessie.

Les deux veines omphalo-mésenlériques, avons-nous dit, sont les premières veines qui apparaissent dans l'aire vasculaire; elles aboulisscnt au cœur par un tronc commun. Plus tard, quand l'intestin se sépare de la vésicule ombilicale, la reine omphalo-mésentérique gauche persiste seule ; elle ramène au cœur tout le sang de celle vésicule et reçoit une petite branche de l'intestin (veine mésentérique). Lorsque l'allantoide s'est développée, le sang qui circule dans son réseau capillaire, est ramené vers le cœur par deux veines ombilicales, qui s'ouvrent par un trou commun dans la veine omphalo-mésentérique; en se dilatant, les veines ombilicales s'approprient en quelque sorte le tronc de ces dernières, qui n'en paraissent plus que des branches. Ce tronc est enveloppé par le foie, qui se montre à celte époque, et dans lequel se forment deux systèmes de veines, les veines afférentes, qui se détachent du point d'entrée de la veine ombilicale dans le foie, et les veines efférentes, qui viennent de cet organe et se jettent dans la terminaison du tronc des

veines ombilicales (précédemment veine omphalo-mésentérique). A ce moment la veine ombilicale droite disparait totalement; le veine ombilicale gauche conduit donc tout le sang de l'allantoide ou du placenta dans le foie et dans le cœur. La veine omphalo-mésentéri((ue, qui parait maintenant une divi.sion de la branche droite des veines afférentes du foie, perd graduellement de son importance, et s'atrophie dans toute sa portion située en arrière de l'embouchure des veines de l'intestin; à mesure que celles-ci grossissent, elles s'emparent de la portion de veine omphalomésentérique située en avant de leur embouchure, portion qui mérite dès lors le nom de veine porte. Celle-ci s'ouvre donc dans la branche droite des veines afférentes du fuie. La portion de la veine ombilicale qui s'étend entre les deux espèces de veines hépatiques, persiste jusqu'à la naissance et forme le canal veineux d'Ara iitius.

Dans l'embryon lui-même, au moment où se forme l'allantoide, on distingue quatre veines : deux qui descendent de la portion céphalique, ce sont les veines jugulaires, et deux qui proviennent de la portion postérieure, les veines cardinales. Les deux veines de chaque côté .se réunissent en un tronc transversal {canal de Cuvier), qui se jette dans la terminaison du tronc des veines omphalo-mésentériques, et plus tard de la veine ombilicale. Bientôt il .se détache des veines cardinales deux branches, une de chaque côté, qui s'unissent en un tronc situé à droite de l'aorte; c'est la veine cave inférieure, qui se jette dans le tronc de la veine ombilicale au-dessus de l'embouchure des veines efférenles du foie. A cette époque toutes les veines de l'embryon aboutissent donc à un tronc commun, une sorte de réservoir situé très près du cœur; plus tard ce réservoir est attiré dans l'oreillette, de sorte que les canaux de Cuvier, appelés maintenant veines caves supérieures, et le tronc commun de la veine cave inférieure et do la veine ombilicale s'ouvrent isolément dans l'oreillette. Enfin les deux veines caves supérieures s'unissent en grande partie, et les veines cardinales deviennent l'azygos et la demiazygos.

Del'orilieede la veine cave inférieure on voit s'élever bienlôt deux valvules saillantes dans l'intérieur du sac veineux; la première est la valvule d'Euslache: elle nait du ))ord anléro-inférieur de la veine et dirige le courant sanguin en arriére et à gauche: la seconde est la valvule du trou ovale : c'est une cloison qui provient du côté postéripur du sac veineux, de l'angle situé entre les embouchures des deux veines caves, et qui marche à la rencontre ne la cloison que nous avons vue se développer de haut en bas et d'avant en arrière. Ces deux cloisons, présentant un bord libre concave, interceptent, avant

DÉVELOPPEMENT DE L'EMBRYON

leur développeraenl complet, une ouverture ovalaire, qui se rétrécit de plus en plus, et qui finit par se fermer comme par une valvule. La cavité du sac veineux se trouve alors divisée en deux oreillettes, qui communiquent ensemble, pendant la vie intra-utérine, par le trou ovale. Les deux veines caves aboutissent, il est vrai, à l'oreillette droite; mais l'intérieure s'ouvre en bas et en arriére, et le sang qu'elle déverse se dirige vers l'oreillette gauciie, tandis que la supérieure s'ouvre en haut et en avant et dirige son contenu dans l'oreillette droite.

Quand tous ces changements se sont accomplis, voici comment s'opère la circulation du sang dans le fœtus. Les oreillettes reçoivent tout le sang qui revient du fœtus et de ses annexes : la veine cave supérieure y amène celui des portions supérieures de l'embryon ; la veine cave inférieure, celui des portions inférieures et du placenta. Le sang du placenta arrive par la veine ombilicale et se distribue, en partie, dans le foie, avec celui de la veine mé.sentérique, provenanlde l'intestin, en partie passe directemeni, par le canal veineux, dans la veine cave. Le sang de la veine cave supérieure coule dans l'oreillette droite; celui de la veinecave inférieure passe presque en totalité, par le trou ovale, dans l'oreillette gauche. Les deux oreillettes, eu se contractant, poussent leur liquide dans les ventricules correspondants. Le ventricule droit n'envoie qu'une faible portion de son contenu, provenant des parties supérieures du corps, aux poumons, encore peu développés ; le reste s'engage, par le canal artériel, dans l'aorte descendante, pour se distribuer aux organes du basventre et au placenta. Le ventricule gauche, dans lequel afilue le sang des parties inférieures du corps, du foie et de la veine ombilicale, chasse ce sang dans les carotides et lessous-clavières, c'est-à-dire dans la tète et les membres supérieurs.

La contraction du cœur est très fiéquente chez le fœlus: elle s'opère, suivant N;vgelé , 135 fuis par minute, en moyenne.

La distinction entre le sang artériel et le sang veineux n'existe pas, à proprement parler, chez le fœtus, les cavités droites et gauches du cœur communiquant ensemble. Néanmoins, comme le sang qui est ramené du placenta par la veine ombilicale, joue en (juelque sorte le rôle de sang artériel, il y a cependant une dilférence essentielle entre le sang de la veinecave supérieure, qui est purement veineux, et celui de la veine cave inférieure, qui est un mélange de sang veineux et de sang placentaire. Or, ces deux espèces de sang ne sont pas également réparties entre les diverses parties du l'anus. Le sang de la veine cave inférieure, plus nutritif, passe presque en totalité dans le cœur gauche.

qui le chasse dans l'aorte et de là dans la tête et les extrémités supérieures. Le tronc et les membres inférieurs reçoivent: 1° par l'artère pulmonaire et le canal artériel, le sang veineux de la veine cave supérieure; 2° la portion du sang mélangé de la veine cave inférieure qui ne traverse pas le tr-ou ovale; 3" le sang mélangé qui, de la ci'osse^aorlique, passe dans l'aorte descendante. Ainsi la moitié supérieur'c du corps se trouve dans des conditions de nutrition plus favorables que la moitié inférieure, et c'est ce qui explique pouripioi son développement est plus pi'écoce. A mesure qu'on .npproche du terme de la gr-ossesse, ces différences tendent à s'effacer ; d'une part, le tr-ou ovale devient de plus en plus étroit, ce qui fait que des portions pr'Ogi'cssivement croissantes du sang de la veine cave inférieure l'estentdans l'or-eillelle droite, d'oir elles passent, parle ventr-icule dr-oil, dans l'artère pulmonair-e, le canal artériel et l'aorle descendante; d'autre part, l'élargissement de cette portion de la cr'osseaortique qui est au-dessous de l'origine des artères carotides etsous-clavières, permet à une portion plus considérable du .sang lancé par le ventricule gauche de pr'endre la voie de l'aorte descendante.Eufin.parsuitedir réir-écissemeutdu canal artériel et du développement des artèr-es pulmonaires, uire portion plus notable du sang du ventricule droit est envoyée aux poumons.

Après la naissance, quand le helus ne communique plus avec le placenta par le cordon ombilical, et qu'il a commencé à respirer, la veine ombilicale, dans laquelle le sang cesse de ciivuler, se convertit en uu cor'don fibreux (ligament rond du foie). Dès lor-s la veine cave inférieure n'amène plus au cœur que le sang veineux du foie et de la moitié inférieure du corps. Par suite du développement de la cloison interauriculaire, ce sang r-este dans l'or'eillelle dr-oite, où il se nièle avec le sang de la veine cave supérieure. De l'or-eillette droite, il passe dans le ventricule droit, qui le poirsse dans l'artère prrlmonaire. Comme le canal artériel s'est considérablement rélréci et que les deux br'anchesde l'artèr-e pulmonaire ont pris un gr'and développement, il s'ensuit que ce sang veineux se distribue eu grande partie dans le poumon, pour y subir rinfluence de l'air, eten rcvenirensuite, à l'étatde sang artériel, par ies veines pulmonairvs, qui aboutissent ii l'oreillette gauche. Une petite portion du sairg veineux passe encore dans l'aorte par le canal veineux; mais ce canal de communication ne tai-de pas à s'oblilérvr: dès lor's la cir'culation pulmonaire est complète et le sang veineux passe en lotalitédu veniricule dr'oit aux poumons, tandis que toutes les parlies du corps l'cçoiveut, par le veniricrrie gauche, du sang artériel, sarrs aucun mélange de sang veineux.

APPF.INDICE.

Des mamelles (pi. LU). — Les mamelles sont deux jjlancles volumiDCUscs, t\u\ sont annexées à l'appaieil de la généralion et dont le produit de sécrétion doit former la nourrilure de l'enfant pendant les premiers temps de la vie.

Placées ii la partie antérieure et supérieure du thorax, au-devant du muscle grand pectoral, les mamelles sont développées dans l'épaisseur de la couche graisseuse souscutanée.et peuvent être considérées comme une dépendance de la peau, à la face externe de laquelle elles versent leur produit. Rudimenlaires chez l'homme, elles restent telles, chez la femme, jusqu'à la puherté, époque à laquelle elles prennent un grand développement; les périodes mentruelles et surtout la grossesse donnent une nouvelle activité h leur accroissement.

Les mamelles occupent, en général, cette portion de la région thoracique antérieure et latérale comprise entre la troisième et la septième côte ; mais leur volume est extrêmement variable, en raison du développement plus ou moins considérable des éléments divers dont elles se composent. Sans être dans un rapport constant avec la constitution et surtout avec la slature de l'individu, ce volume, cependant, est souvent proportion, ncl à son degré de force et d'embonpoint. Au milieu de nombreuses variétés individuelles, on ne saurait s'empêcher de reconnaître que certaines familles, et même certaines populations, se font remarquer par le grand développement des mamelles chez les femmes qui en font partie. On sait (jue, dans quelques peuplades africaines, les femmes sont pourvues de mamelles longues et pendantes, qui souvent descendent jusqu'aux aines, et permettent aux mères de porterie mamelon dans la bouche de l'enfant qu'elles tiennent sur leur dos. Les manipulations ré|)étées, rallaitenicnt tendent à modifier la forme et le volume des mamelles, qu'une compression prolongée peut atrophier plus ou moins complètement. La glande mammaire droite a semblé, à quelques auteurs, d'un volume habituel moins considérable que celle du côté gauche.

La forme naturelle de la mamelle est celle d'une demi-sphère, ou plutôt d'un cône dont la base, très large, s'applique sur la paroi de la poitrine, et dont le sommet est occupé par une grosse papille, qui porte le nom de mamelon. Cette papille, un peu dirigée en dehors et en bas, est entourée d'un cercle nettement circonscrit, de 3 ii i cenlimèlres de diamètre, rosé chez

les jeunes filles, brunâtre chez les femmes qui ont eu des enfants, et que l'on appelle aréole ou auréole (fig.2). La peau, au niveau de ce cercle, préscnieunas|)ect rugueux, dû à la saillie des nombreuses glandes sébacées placées au-dessous d'elle. Une série de tubercules, que l'on considère généralement comme formés par des agglomérations de glandes analogues, (!ai s lesquels quehiues auteurs voient, au contraire, des espèces de mamelons rudimenlaires, entoure la base du mamelon. Il n'est pas rare, en effet, de voir sourdre quelques gouttelettes d'un liquide analogue à du lait par le sommet de ces tubercules, ainsi que l'avait déjà fait remarquer Morgagni. Ces tubercules, au nombre de six à dixordinairemenl, de douze à vingt, suivant Monigomery, sont plus on moins volumineux, et forment le plus souvent un crecle plus ou moins régulier.

La peau qui recouvre la mamelle, est fine et lisse, dépourvue de poils dans toute son étendue, à rexception de l'aréole et du mamelon. Séparée de la glande proprement dite par une couche de tissu adipeux d'autant plus épaisse qu'on avance davantage vers la périphérie de l'organe, elle est doublée, au niveau de l'aréole, d'une fouc.'ie de fibres musculaires lisses, formant des cercles concentriques autour du mamelon et appliquées sur la face profonde du derme (fig. 3) ; ces fibres musculaires, qui se perdent graduellement à la circonférence de l'aréole, sont de plus en plus serrées à mesure qu'on approche du mamelon. .\ ce niveau, l'épiderme est très mince, et le derme garni d'un grand nombre de papilles nerveuses: au-dessous de ce dernier se voient de grosses glandes sudoripares, ainsi que des glandes sébacées en aonnexion avec des poils très lins.

Au centre de l'aréole se voit le «laîHp/oji, grosse papille rosée ou brunâtre, de Forme cylindroide ou conoide, rugueuse à sa surface et comme crevassée à son extrémité. Sa longueur moyenne va rie entre 10 etlS millimètres, et sa largeur est de 8 à 10 millimètres à sa base. .Mais ces dimensions sont fort variables : chez quelques femmes le mamelon est très peu développé, et ne fait à la surface de la glande qu'un relief à peine appréciable ; quelquefois même il se trouve déprimé au fond d'une excavation qui occupe le centre de l'aréole. Il est moins volumineux chez les vierges que chez les femmes qui ont eu des enfants; la menstruation, les grossesses lui donnent des dimensions plus considérables; les attouchemenis, les idées voluptueuses le rendent momentanément plus saillant,

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