DES AUTICULATIUNS PROPRES DU BASSIN
iliaque devail être pourvue d'un fibio carlilage inlerosseux, et ce fibro-cartilage fut trouvé et décrit par ceux-là. Mais pour les uns il était placé entre les surfaces auriculaires du sacrum et de l'iléuni, tandis que pour les autres il était représenté par les faisceaux fibreux très courts, mais très nombreux, qui s'insèrent derrière ces surfaces. Cette dissidence, quoique embarrassante, n'amena que bien tard les anatomistcsà rechercher la véritable nature do l'articulation sacro-iliaque, et ce n'est que de nos jours que quelques-uns, lîlandin entre autres, lui ont nettement assigné le nom A" arthrodie 'serrée pUmifurme. C'est en effet à cette espèce d'arliculalion qu'appartient celle dont il s'agit ici, et c'est aussi avec les caractères propres à cette espèce qu'elle s'est constamment offerte à nous dans nos dissections. Toujours nous avons rencontré les surfaces articulaires encroûtées de cartilages diarlhrodiaux, revêtues de membranes synoviales, et autour d'elles des ligaments nombreux et très résistants. \\ est vrai que ces ligaments ne sont pas également répartis autour de l'articulation, et qu'ils sont à peu près nuls en avant. Mais cette disposition tient à ce que l'articulation sacroiliaque, étant dans ses mouvements solidaire de l'articulation pubienne, il faut chercher au devant du pubis le ligament antérieur de l'articulation sacroiliaque, et derrière le sacrum le ligament postérieur de l'articulation pubienne.
Nous savons déjà que l'articulation sacro-vertébrale résulte du contact de deux surfaces similaires existant l'une sur les côtés du sacrum, l'autre sur la face interne de l'os des iles. Nous savons que ces surfaces ont la forme de l'oreille humaine, et qu'elles ont une direction telle qu'elles représentent un double plan incliné. Ajoutons qu'elles sont encroûtées l'une et l'autre d'un carlilage diarthrodial, qui se moule exactement sur les inégalités qu'elles présentent. Mais celui qui appartient au sacrum (pi. 3, fig. 2 et 3, ce) est toujours plus épais que son correspondant. Cette différence d'épaisseur est très marquée; toutefois elle n'explique pas pourquoi plusieurs auteurs, même parmi les plus modernes, vont jusqu'à nier l'existence d'un carlilage sur la surface articulaire de l'iiéum. Nous en avons toujours rencontré un dans les sujets que nous avons examinés, et nous l'avons vu d'autant plus facilement, que ces sujets étaient plus jeunes. Ci s deux cartilages sont revêtus d'une synoviale.
Les ligaments qui unissent le sacrum anx os iliaques sont nombreux : ce sont un ligament sacro-)7/afyi(e antérieur, un ligament sacro-iliaque postérieur, un ligament sacro-épineux, enfin les ligaments (jrand el petit sacro-iliaqtte.
Du li(iament sacro-iliaque anterieur{\>\. 2 et 3, fig. 1, (W). Placé au devant de l'articulation, ce ligament
très mince est passé sous silence par la plupart des auteurs; cependant il est distinct du périoste, et composé bien évidemment de fibres propres qui s'étendent transversalement du sacrum à l'os coxal. Il est recouvert par les muscles psoas et iliaque.
Du Uyainent sacro-iliaque postérieur (pi. 2, fig. 2, cl pi. 3 fig. 2 et 3, ee). Placé derrière l'articulation, dans le fond de la gouttière qui existe entre la partie la plus reculée de la crête iliaque et la face postérieure du sacrum, et qui loge le commencement de la masse commune au sacro-lombaire et au long dorsal, ce ligament est composé d'une multitude de faisceaux fibreux de forme et de longueur différentes, qui se fixent, d'une part aux inégalités placées derrière la surface auriculaire de l'os coxal, et d'autre part aux tubercules de la face postérieure du sacrum. Ces faisceaux, dont les uns sont arrondis et les autres aplatis, s'entrecroisent et laissent entre eux des intervalles qui sont remplis par du tissu adipeux. La longueur de ces faisceaux est d'autant plus grande qu'ils sont plus superficiels ; mais tous s'implantent sur les os d'une manière tellement solide, et sont doués d'une résistance si grande, qu'il est |)lus facile d'arracher les os auxquels ils se fixent que de les déchirer dans le point intermédiaire à leurs deux in.serlions.
Ce ligament est en rapport, en arrière, avec l'origine des muscles des gouttières vertébrales, auxquels il fournit des insertions ; il est de plus traversé par plusieurs petites veines qui appartiennent au système veineux pelci-rachidien.
Du ligament sacro - épineux (pi. 2, fig. 2, dd). Biehat donne ce nom à un épais faisceau fibreux placé au-dessous et en dehors du précédent, et qui présente une direction différente de la sienne. Aplati et allongé, ce ligament s'attache à l'épine postérieure et supérieure de l'iiéum, et descend verticalement sur les parties latérale et postérieure du sacrum, jusqu'au niveau du troisième trou sacré, où il s'insère. Les fibres qui le composent sont disposées sur deux plans, dont l'un est superficiel, c'est celui que nous venons de décrire, et dont l'autre, profond (pi. 2, fig. 2, d'd'), est au-dessous et un peu en dehors du précédent. Formé des fibres plus courtes qui vont obliquement de l'épine postérieure et inférieure de l'iiéum à un point du sacrum situé immédiatement au-dessous de cette épine , ce plan est moins épais que le superficiel, mais il ne concourt pas moins que lui à maintenir les deux os en contact, à cause de son peu d'étendue. M. Cruveilhier donne à ces deux plans le nom de ligament sacro-iliaque vertical.
Ce ligament a les mêmes rapports que le ligament sacro-iliaque postérieur; son extrémité inférieure seule est un peu cachée par quelques fibres du grand ligament sacro-scialique.
DES ARTICULATIONS DU BASSl.X.
Du grand ligament sacro-sciatique (pi. 2, fig. 2, et pi. 3, fig. 1, /"/■). C'est le plus long et le plus large des ligaments du bassin; il sert, avec le suivant, tout à la fois à réunir les os et h compléter l'excavation pelvienne, qui, sans eux, n'aurait qu'une paroi latérale très peu élevée dans sa moitié postérieure.
Il est placé sur la face postérieure du bassin, où il peut être vu dans toute son étendue. De forme irrégulièrement triangulaire, il s'attache en dedans: 1" ;i la partie la plus reculée de la ciêle iliaque par quelques fibres qui se confondent avec celles du ligament sacroépineux; 2° aux bords et un peu ii la partie postérieure du sacrum et du coccyx; de là il se dirige obliquement en dehors et en bas pour venir se fixer à la lèvre interne de la tubérosilé de l'ischion, en envoyant un prolongement falciforme, qui remonte sur la branche ascendante de cet os et qui se confond avec l'aponévrose moyenne du périnée (pi. 2, fig. 2, gg). Ce ligament, plus épais et plus étroit à son milieu qu'à ses deux extrémités, est composé de fibres d'autant plus obliques qu'elles sont plus supérieures, et qui convergent les unes vers les autres en se rendant du sacrum à l'ischion. Dans la première moitié de leur trajet, ces fibres laissent entre elles des espaces 1res marqués, qui logent du tissu adipeux ou des vaisseauxsanguins; mais dans leur seconde moitié, elles sont plus serrées les unes contre les autres, les supérieures s'entrecroisant avec les inférieures, et, près d'atteindre l'ischion, toutes s'écartent de nouveau pour s'implanter sur celte tubérosilé, comme nous l'avons indiiiué plus haut.
Le grand ligament sacro sciatique est en rapport, en avant, successivement avec le muscle pyramidal, le petit ligament sacro-sciatique, le muscle obturateur interne et les vaisseaux et nerfs honteux internes; en arrière, avec le muscle grand fessier, auquel il fournit de larges insertions. Son bord supérieur concourt à former en haut le grand trou sciatique, et en bas le petit trou de même nom ; son bord inférieur fait partie de la circonférence du détroit inférieur.
Du petit ligament sacro-sciatique (pi. 2, fig. 2, et pi. 3, fig. 1, hh). Placé au-devant du précédent, il se voit en entier dans l'excavation pelvienne. Sa forme se rapproche de celle du grand ligament sacro-sciatique, car il est aplati et triangulaire; mais il est plus court que lui et il a une direction plus transversale que la sienne, de sorte que ces deux ligamenls se croisent dans leur trajet. Il s'attache, en dedans, sur le bord du sacrum et du coccyx; en dehors, sur le sommet de l'épine sciatique. Les fibres qui le fuiment convergent toutes vers cette saillie, laissant aussi entre elles des intervalles cellulo-vasculaires.
Le petit ligament .sacro-sciatique est en rapport, en avant, avec le muscle ischiococcygien (jui lui adhère intimement, cl, en arrière, avec le grand lig;niicnl saci'u-
sciatique et les vaisseaux et les nerfs honteux internes qui le contournent. Son bord supérieur fait partie du grand trou sciatique, et son bord inférieur du petit.
Outre l'usage de réunir les os du bassin, les deux ligaments sacro-sciatiques ont encore celui de former dans le fond de l'excavation pelvienne un plan incliné résistant, qui a le double avantage d'amortir la pression que la tète de l'enfant exerce sur les parties molles qu'elle traverse pendant le travail de l'accouchement, et de diriger celle-ci dans le centre du détroit périnéal ; ils servent enfin à donner plus de légèreté et plus de souplesse au bassin en même temps qu'ils fournissent des points d'insertion aux muscles.
La membrane synoviale de cette articulation est facile à voir chez les enfants et chez les femmes jeunes, enceintes ou non; aussi est-elle admise par tous les anatomisles dans ces deux cas, et Bichat ajoute même que, chez les enfants, quand on écarte l'une de l'autre les surfaces cartilagineuses, on voit un petit repli de la membrane qui se réfléchit sur elles. C'est, en effet, ce que nous avons aussi toujours trouvé dans les jeunes femmesque nous avons ouvertes. Leliquide qui lubrifie ces surfaces a été chez quelques-unes assez abondant pour être pris entre deux doigts, de manière à en constater la viscosité et la transparence. Mais ce liquide, chez la femme qui a passé l'âge de retour et chez l'homme adulte, est souvent devenu concret et disposé par flocons isolés sur les surfaces articulaires, circonstance qui a fait méconnaître sa véritable nature, et qui a induit en erreur les anciens anatomistes sur le genre d'articulation auquel il faut rapporter la jonction du sacrum avec l'os des Iles.
Les mouvementsde cette articulation sont très bornés. Ils consistent en un simple glissement des os l'un sur l'autre.
Ici se termine la description des articulations propres du bassin et des ligaments qui les affermissent. Ajoutons, comme appendice, quelques mots sur la membrane obturatrice ou sous-pubienne.
Cette membrane, qui bouche en grande partie le trou sous-pubien (pi. 2, fig., n), est peu épaisse, quoique résistante ; elle se fixe à tout le pourtour du trou, excepté en haut, où se voit une échancrure (jui convertit en canal la gouttière par laquelle passent les vaisseaux et nerfs sous-pubiens pour se rendre à la cuisse. Les fibres qui forment cette membrane sont en général minces, aplaties, superposées et entrelacées en tous sens. Lllcs constituent, dans quelques |)ûints, des faisceaux distincts : un d'eux est placé en avant, et se porte transversalement d'un côté à l'autre du trou sous-pubien, au niveau de l'échancrure interne de la cavité cotyloidc; un autre faisceau est placé en arrière, et renforce le liord inférieurdu canal qui donne passage aux vaisseaux et nerfs ubiuraleurs.
DFS AmiCLLATIONS
Celle moiiibrane donne attache, en avant, au muscle obluiaieur externe, et, en arrière, au muscle obturateur interne. Elle sert à compléter l'os iléum, sans rien ajouter à son poids.