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Anastomose entre les nerfs laryn

gés inférieur et supérieur.

APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE

Les polypes naso-pharyngiens ou supéro-pharyngiens occupent la partie supérieure du pharynx et sont implantés à la base du crâne, au niveau du corps du sphénoïde et de l’occipital, à la face inferieure de l’apophyse basilaire. Ils ne sont donc pas situés au devant de la colonne vertébrale et nés du corps des vertèbres ou des disques intervertébraux de la région cervicale, ainsi qu’on le croyait autrefois. Leur origine a lieu dans ce tissu fibro-muqueux, qui est en arrière et en dedans de la trompe d’Eustache et qui normalement offre une épaisseur considérable. Nés dans ce tissu dense, ils sont très durs, dès le début, mais plus tard la muqueuse qui les revêt devient plus vasculaire, leur tissu même se vascularisé, de sorte qu’ils donnent lieu à des hémorrhagies considérables. Leur situation fait qu’ils correspondent aux arrière-narines et à la face dorsale du voile du palais, de sorte qu’ils pénètrent promptement dans les fosses nasales, et dépriment le voile du palais.

L’excision est le meilleur moyen de les attaquer; si l’on pouvait employer l’écraseur linéaire, il faudrait cependant le faire de préférence à l’excision. Mais cette excision ne peut être pratiquée que par la section du voile du palais et une excision de la voûte palatine (Nélaton). La racine de ces polypes ne peut pas toujours être extirpée, et l’opération, quoique bien faite, est quelquefois suivie d’une sorte de végétation à la surface de section, de sorte que pour assurer la guérison, il est nécessaire de recourir à des cautérisations, soit avec l’acide nitrique porté par un tube de verre, soit avec la pâte de Canquoin maintenue avec un tube semblable.

La muqueuse pharyngienne est souvent le siège d’une inflammation dite granuleuse, très difficile à traiter, et qui se montre chez les personnes qui parlent beaucoup et surtout chez les fumeurs et les priseurs de tabac. Il suffit quelquefois de supprimer les causes pour en avoir raison.

La capacité du pharynx semble, au premier abord, exclure l’idée qu’il peut renfermer des corps étrangers, et cependant il n’est point rare d’en trouver dans sa cavité. Si ces corps venus du dehors sont volumineux, ils ne peuvent pénétrer ni dans l’œsophage, ni dans les voies aériennes à plus forte raison ; ils obstruent le passage de l’air, et la mort arrive bientôt, si ce corps n’est point chassé au dehors. C’est ainsi que meurent quelques aliénés. Si le corps est petit, le même accident n’arrive pas, parce qu’il sera promptement dégluté ou chassé. Mais quoique petit, ce corps pourra

s'implanter s’il est aigu ou irrégulier, comme une épingle, une arête de poisson. Dès lors se déclareront l'inflammation, des abcès et des ulcérations. Ordinairement ces corps sortent par la bouche, mais on les a vus sortir derrière l’oreille (Muys), sur le cou (Plater). •

Les abcès du pharynx méritent de fixer l’attention du chirurgien, et la ligure que nous avons représentée ici, comme la figure 2 de la planche XXVIII, est bien propre à fournir des documents précieux à l’histoire de ces abcès qui offrent deux variétés.

Dans la première variété, l’abcès occupe les parties latérales du pharynx et descend le long des vaisseaux plus ou moins bas dans la région cervicale. L’origine de ces abcès peut être un abcès développé autour d’un sac anévrysmal (A. Cooper), des plaies, des inflammations de la partie supérieure du cou ; ils peuvent venir d’une carie de l’os temporal (Velpeau), ou bien de l'inflammation provoquée par la dent de sagesse (Mozet).

Dans la seconde variété, qui mérite le mieux le nom iValccs du pharynx, le pus est placé derrière le pharynx, entre lui et la colonne vertébrale. L’origine et le siège de ces abcès sont variables. Comme les parois sont minces, il est difficile de concevoir la formation du pus entre les diverses couches de cette paroi, mais il n’y a là rien d’impossible. Quand il y a suppuration, à la suite d’angine pharyngienne, il est probable que l’abccs se forme dans la couche celluleuse qui est entre le pharynx et la colonne vertébrale. Une cause fréquente des abcès rétro-pharyngiens est la tumeur blanche des articulations de la tête avec la colonne vertébrale. Enfin, l’abccs peut se développer d’emblce dans cette gangue celluleuse. Cette affection a été rarement observée, mais en 18A0 M. Fleming a publié quatre exemples qui ont fixé l’attention, et depuis, plusieurs autres cas ont été observés. Le pus de ces abcès peut se porter en bas et sur les côtés du pharynx et de l’œsophage et fuser ainsi tout le long de la colonne vertébrale; et il ne rencontrera d’obstacle pour pénétrer dans la poitrine que le feuillet qui en ferme l’ouverture supérieure ; il sera arreté en haut par les aponévroses pélropharyngienne et occipito-pharyngienne, en avant par les plans profonds de l’aponévrose cervicale (voy. figure 1 et ligure 2 de la planche XXIX).

L’abcès peut être circonscrit et situé à diverses hauteurs, de là des accidents variables et des différences dans la facilité du diagnostic. Si le foyer purulent est très haut, il y aura moins de gène du côté de la respiration et de la voix, et la tumeur pourra être vue et touchée au fond de la gorge (voy. la figure 2 de la planche XXVIII) . Si le pus est au bas du pharynx, il y aura en même temps gêne de la respiration, et il sera plus difficile de reconnaîire l’abcès en explorant par la bouche.

Les rapports du pharynx expliquent tous les symptômes de ces abcès ; à savoir, la gène dans l’abaissement de la mâchoire et dans la déglutition, la roideur du cou et l’immobilité de la tête. Si l’abcès est volumineux, il abolit la déglutition et la respiration, surtout s’il répond à l’ouverture supérieure des voies aériennes en refoulant la paroi postérieure du pharynx en avant. On aperçoit alors au fond de la gorge une tumeur rouge, tendue, luisan'e et lisse à la surface. Si l’on introduit l’index, on pourra percevoir la fluctuation. Ces mêmes rapports rendent compte du gonflement qui se manifeste à l’extérieur du cou et sur l’un des côtés du larynx; mais comme le foyer est profond et recouvert par les aponévroses du cou, cette tuméfaction est tardive, et il est toujours difficile d’y trouver de la fluctuation.

Le traitement de ces abcès exige beaucoup de sagacité. S’ils font saillie du côté de la bouche, on pourra les ouvrir avec le pharyngotome ou le bistouri ordinaire, ou bien avec l’ongle par érosion. Lorsque l’abcès ne fait pas saillie du côté du pharynx, on est obligé de lui donner issue à l’extérieur, et le cas est beaucoup plus difficile. On divisera les tissus lentement, couche par couche, en ayant soin d’éviter la carotide ou ses divisions.

Des anévrysmes de l’artère carotide interne ou même de la carotide externe peuvent comprimer le pharynx ; cette compression survient surtout si l’inflammation se déclare dans la poche anévrysmale ou à sa périphérie (A. Cooper).

LIBRAIRIE GERMER BAILLIÈRE

B J. BÉRAUD- ANAT. CHIRURC.

FIGURE. 1. — Région sus-hyoïdienne ou sous-maxillaire.

Plan superficiel.

2. Artères faciales au nombre de deux (anomalie) passant du cou à la face.

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