Branche transversale du plexus cervical
ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Cachée, pour ainsi dire, sous la mâchoire, cette région se développe quand la tète est renversée en arrière, et c’est, du reste, la situation qu’il faudra donner à la région quand on voudra l’explorer ou pratiquer une opération sur elle.
Les ganglions lymphatiques un peu volumineux sont ici au nombre de quatre. Ils reçoivent les vaisseaux lymphatiques de presque toutes les régions de la face, et principalement des régions labiale, nasale et buccale, etc. Or, les inflammations et les dégénérescences de toute sorte ayant leur siège dans ces parties, retentissent dans ces ganglions; de là la fréquence des adénites sous-maxillaires. Ces ganglions enflammés suppurent souvent, et l’abcès se trouve alors entre l'aponévrose sous-maxillaire et la peau, de laquelle il est séparé par le feuillet profond du fascia superficialis, le peaucier et le feuillet superficiel du fascia superficiel. Aussi ces abcès font promptement saillie sous la peau. Pour les ouvrir, on n’a pas de danger à courir, puisque l’artère faciale, qui seule avoisine ces ganglions, se trouve plus profondément située qu’eux. Dans les affections chroniques de la peau, des muqueuses, des dents, du nez, des yeux, dites affections scrofuleuses, la suppuration de ces ganglions est longue, d’où des amincissements et des décollements plus ou moins étendus de la peau et du peaucier, qui restent si longtemps sans se cicatriser. Ces ganglions lymphatiques sont susceptibles de se tuméfier, de devenir très volumineux et de s’indurer, de sorte qu’ils forment dans la mâchoire des tumeurs visibles et très choquantes. Quand les moyens médicaux ou internes sont impuissants à les faire disparaître, on peut les broyer avec une aiguille passée sous la peau, comme on broie le cristallin cataracte, ou bien on peut les écraser avec une pince, après les avoir mis à découvert. Leur extirpation n’est pas toujours facile, non-seulement lorsqu'ils sont volumineux, mais lorsqu’ils sont nombreux et vasculaires, et qu’ils forment une sorte de chapelet qui remonte sous la mâchoire plus ou moins haut et englobe l’artère faciale d’une manière tellement intime, que son isolement est très difficile.
L’artère faciale dans la région sous-maxillaire est profondément située et protégée, dès son origine, par les muscles stylo-hyoïdien et digastrique, puis par les prolongements inférieurs de la parotide et de son aponévrose ; plus loin, par les ganglions lymphatiques et le bord inférieur delà mâchoire. C’est ce qui explique pourquoi celte artère est rarement le siège de blessures. Le chirurgien est cependant exposé à la blesser pendant les opérations qui consistent à enlever des ganglions dégénérés, ou dans la résection partielle ou totale de la mâchoire inférieure. Si pareil accident arrivait, il faudrait chercher les deux bouts et les lier.
Dans les amphithéâtres on fait pratiquer quelquefois la ligature de l’artère faciale : c’est plutôt comme exercice que comme application à la pratique que cette manœuvre est exécutée, parce que la compression de l’artère sur la mâchoire inférieure est toujours facile, et arrêtera promptement le sang pour une plaie de la face.
Quoi qu’il en soit, voici les règles de cette ligature : On fait une incision de 3 à à centimètres le long du bord inférieur de la mâchoire, de manière que le centre de l’incision corresponde à la dépression que ce bord présente au-devant du masséter. Après avoir traversé la peau, on coupe le fascia sous-cutané, puis le peaucier. On arrive alors sur le feuillet profond du fascia, que l’on coupe sur la sonde cannelée, et l’on tombe sur le paquet vasculaire. L’artère est très mobile, et c’est pour cela qu’en dénudant il ne faut jamais s’éloigner de la gouttière qui la reçoit.
A. Coupe de la peau limitant la région.
B. Os maxillaire inférieur.