Nerf grand hypoglosse
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIIIE
La glande sous-maxillaire est ici contenue dans la loge aponévrotique . 11 faut savoir que chez les femmes le bord inférieur de cette glande, qui sert de premier point de ralliement, descend beaucoup plus bas que chez l’homme. Cctle glande est sujette à l’hypertrophie, principalement chez les fumeurs. Il peut se faire que des fistules s’établissent dans les grains glanduleux ou dans une branche principale de son canal, et M. Nélaton en a observé une qui était congénitale et s’ouvrait dans la région. La cautérisation avec la pâte de Canquoin sur toute l’étendue du trajet fistuleux est le meilleur mode de traitement de ces fistules.
L’artère linguale parcourt la partie profonde et inférieure de la région, comme l’artère faciale en parcourait les couches superficielles et supérieures. La ligature de l’artère linguale est nécessitée par les tumeurs vasculaires de la langue, et surtout par ses cancers, quand on veut pratiquer leur ablation pour prévenir l’hémorrhagie. Celte ligature, autrefois difficile, est aujourd’hui une des plus simples, en se comportant d'après la doctrine des points de ralliement établie par M. Malgaignc. Ainsi on fait d’abord une incision qui soit parallèle à l’os hyoïde et un peu au-dessus de lui, partant de quelques millimètres en dehors de la ligne médiane et arrivant au niveau de l’angle de la mâchoire inférieure. On coupe la peau, le fascia et le peaucier, et l’on rencontre alors le bord inférieur de la glande, descendant plus ou moins bas suivant les individus. On ouvre la loge de la glande, et un aide se charge de la relever pendant toute la durée de l’opération. Cette première partie de l’opération doit être faite avec prudence, pour éviter la blessure de cette glande qui pourraitêtre suivie de fistule. Quand la glande est soulevée, on trouve un deuxième point de ralliement ou de repère, c’est le tendon du muscle digastrique. Audessus de ce tendon il y a un triangle formé par en bas par le tendon, en dedans par le bord externe du muscle mylohyoïdien et en haut par le nerf grand hypoglosse. C’est dans ce triangle qu’il faut aller chercher l’artère linguale. Le nerf grand hypoglosse constitue le troisième point de ralliement. Ce point étant trouvé, on incise avec la pointe du bistouri un feuillet aponévrotique mince qui tapisse le triangle, et l’on peut alors écarter un peu le nerf en haut et le tendon digastrique en bas. Immédiatement après on voit à nu les fibres et le bord externe du muscle hyo-glosse. C’est là le quatrième point de ralliement. Sous le bord externe de ce muscle et suivant la direction de l’artère, on passe le bec de la sonde cannelée et l’on coupe ses fibres musculaires en travers, comme on couperait la gaine d’une artère. Après cette section on voit l’artère accompagnée d’une veine comme ici ou bien seule. Dans notre figure, une veine accompagne le nerf grand hypoglosse, l’autre accompagne l’artère ; il est plus fréquent de voir les deux veines avec le nerf.
Cette ligature présente une difficulté consistant dans les mouvements incessants communiqués à la région par la déglutition, la respiration et les cris. Si c’était là un obstacle sérieux, on le ferait facilement disparaître en fixant l’oshyoïde avec un ténaculum.
L’opération du cancer de la langue peut se faire par la région sous-hyoïdienne (procédés de M. J. Cloquet et de M. Mirault, d’Angers).
Dans ces derniers temps, M. Chassaignac a employé l’écraseur linéaire en passant aussi par cette région. Dans tous les procédés, les fils ont été passés sur la ligne médiane de la région, c’est-à-dire là où il n’y a que peu de vaisseaux importants.
L’os hyoïde forme le squelette de la région ; il est mobile, flottant, souple au milieu des muscles nombreux auxquels il donne attache ; il est, en outre, protégé par la mâchoire inférieure, et cependant il n’est pas à l’abri des fractures, ainsi que le démontrent les faits d’Orfila, de M. Cazauvieilh, de MM. Lalesque, Dieffenbach, Auberge, Marcinkowski.
La mobilité des différentes pièces qui constituent l’os hyoïde les rend-elles susceptibles d’éprouver des luxations? Sans admettre le fait de Valsalva, qui n’est pas probant, il nous semble que les observations de Molinelli sont assez démonstratives de l’existence d’une véritable luxation de l’une des branches de cet os sur son corps.
B. J, BERAUD
ANAT. CHIRURG.
Région sous-hyoïdienne ou trachélicnno.
CÔTÉ DROIT
EXPLICATION