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Branche postérieure de la huitième

paire rachidienne, dernière paire cervicale.

APPLICATIONS a la pathologie et a la médecine opératoire.

La courbure de la colonne cervicale est telle (voy. planche XXVIII, figure 2), que la cavité pharyngienne se trouve repoussée en avant par la concavité qui existe au niveau de la deuxième et de la troisième vertèbre cervicale. Cette courbure est beaucoup plus considérable chez le foetus au moment de la naissance que chez l’adulte, et comme chez le fœtus les articulations sont plus souples ; il en résulte que la tête peut subir ses mouvements de flexion et d’extension nécessaires pour franchir l’excavation pelvienne. Nous avons déjà fait ressortir toutes les conséquences de cette disposition dans noire Traité de physiologie à propos du mécanisme de la colonne vertébrale (1). Cette concavité correspond à la partie du pharynx visible à travers la cavité buccale. Or il n’est point rare de voir par la bouche des exagérations de celle courbure, soit dans les tumeurs blanches des articulations de la tète avec la colonne vertébrale, soit quand il y a eu écrasement du corps d’une des trois premières vertèbres cervicales. Nous avons observé, il y a cinq ans, dans le service de notre savant maître M. Michon, une malade qui offrait cette exagération de courbure à un degré très

prononcé. .

il est important de signaler ici une disposition de la colonne vertébrale qui peut avoir son application dans la théorie du torticolis. Généralement on croyait que la tête repose sur la colonne vertébrale comme sur un plan parfaitement horizontal ; nous croyons avoir démontré qu’il n’en est point ainsi (2). Comme le côté gauche déjà colonne vertébrale est moins

(t) B. J. Béraud, Traité élémentaire de physiologie, t. I, p. §13. (8) loc. ci t., 1. 1, p. 215,

haut que le côté droit, il en résulte que la tète repose sur un plan incliné de droite à gauche et de haut en bas, cl que, si elle est abandonnée à son propre poids, elle se portera à gauche. Ce qui maintient la tête en équilibre, c’est la prédominance de force des muscles du côté droit sur celle des muscles du côté gauche. Ne pourrait-on pas dire que le torticolis de cause paralytique agissant sur les deux côtés, sera toujours caractérisé par l’inclinaison de la tète sur le côté gauche?

Les vertèbres cervicales sont profondément situées, aussi sont-elles rarement fracturées; cependant les chutes sur le sommet de la tête ou sur les pieds peuvent produire une fracture.

Les vertèbres cervicales sont articulées entre elles par des apophyses articulaires dont les surfaces sont presque horizontales, tandis que dans les autres régions les surfaces articulaires sont très obliques et souvent verticales. Il résulte de cette considération que les luxations sans fractures ne sont guère possibles qu’à la région cervicale.

La solidité de l’articulation occipito-atloïdienne tient non pas aux ligaments, mais plutôt à la disposition des surfaces articulaires, qui forment comme un cône s’engageant dans d’autres excavations scellées obliquement. Il suit de là que la sortie des eondyles de l’occipital hors des surfaces articulaires correspondantes de l’atlas n’est possible qu'à la condition d’un écartement considérable, écartement qui lui-même, dit M. Richet, ne peut s’effectuer que dans le cas où les ligaments qui unissent l’occipital avec l’apophyse odontoïde et l’axis ont été rompus ou cette apophyse fracturée . Or, c’est une luxation de l’atlas sur l’axis que l’on observe alors, et non un déplacement de l’occipital sur l’atlas. Aussi M. Richet a pu avancer avec raison que la luxation traumatique de la tête sur la première vertèbre était sinon impossible, du moins inconnue jusqu’à ce jour, et qu’il n’en existait pas un exemple concluant dans l’histoire de l’art (1).

L’articulation de la tête avec la colonne vertébrale est telle que la résistance à tous les moyens de traction est incroyable. Alors même que, pour disséquer cette articulation, on a enlevé toutes les fibres musculaires, tous les liens cellulo-fibreux qui l’entourent et contribuent à la rendre encore plus solide, on n’arrive à séparer les surfaces articulaires que par les plus violents efforts. Aussi comprend-on difficilement que l’atlas puisse se luxer sur l’axis par suite de violences sans fracture. Cependant J L. Petit et Louis pensent que la mort instantanée des pendus est le résultat de la compression que l'apophyse odontoïde luxée exerce sur la partie antérieure de la moelle épinière. Mais Roaldo Colombo, Mackenzie, Monro, Orfila et Casper ont démontré que la luxation de la première vertèbre sur la seconde, à la suite de la pendaison, n’est appuyée sur aucune preuve sérieuse. S’il en est ainsi pour la pendaison, il ne faudrait cependant pas rejeter la possibilité de cette luxation dans d’autres conditions. Ainsi M. Sédillot et M. Hérigoyen ont chacun de leur côté observé un cas de luxation traumatique de l’atlas sur l’axis sans fracture de l’apophyse odontoïde.

Les corps et les apophyses articulaires des cinq dernières vertèbres cervicales sont disposés de manière à ne permettre que des mouvements de flexion et d’extension, de légers mouvements d’inclinaison latérale. Quant au mouvement de rotation, il n’existe point, et il faut forcer les ligaments pour le produire. Ces faits rendent compte du mécanisme des luxations de ces vertèbres. C’est à juste titre que, contrairement à l’opinion de Boyer, M. Richet professe qu’elles ne s’effectuent pas par suite d’un mouvement de rotation. Il a démontré que ces luxations en avant des corps ou des apophyses n’ont lieu que par l’exagération des mouvements de flexion et d’extension ou de latéralité. Ainsi, d’après le chirurgien de l’hôpital Saint-Louis, les luxations complètes en avant se produisent par la flexion forcée de la colonne cervicale, dans laquelle la vertèbre supérieure glisse sur l’inférieure jusqu’à ce que les apophyses articulaires supérieures aient débordé les inférieures au-devant desquelles elles s’accrochent. Pour produire une luxation isolée des apophyses articulaires, il faut que la tête s’incline fortement à droite ou à gauche en accomplissant un mouvement léger de rotation, mouvement pendant lequel les surfaces articulaires glissent l’une sur l’autre de bas en haut, et réciproquement, jusqu’à ce que l’apophyse articulaire supérieure venant à dépasser l'inférieure, s’accroche au-devant d’elle et ne puisse plus rétrograder pour reprendre sa position première. Ainsi peuvent se concevoir pour ces vertèbres les luxations sans fracture.

Les blessures de la moelle épinière ne sont point rares ; elles peuvent être faites directement par des instruments vulnérants, ou bien par des tumeurs, ou des os qui se déplacent dans les luxations et les fractures. Ces blessures sont d’autant plus graves et plus promptement morlelles, qu’elles sont plus voisines du bulbe rachidien. Ainsi un instrument piquant qui pénètre entre la première vertèbre cervicale et l’occipital atteindra le bulbe rachidien, le nœud vital, et produira une mort instantanée. Tout le monde connaît l’observation de J. L. Petit, relative à ce père qui, irrité de la mort de son jeune fils, causée par l’imprudence de son voisin, lui lança un marteau de sellier, dont la partie tranchante pénétra entre la première et la deuxième vertèbre cervicale. Ce voisin périt à l’instant même. A mesure que l’instrument vulnérant frappe un point moins élevé de la moelle épinière, le blessé vit plus longtemps, et peut même guérir. Du reste, il faut savoir que les plaies ou les lésions qui sont au-dessus de l’origine du nerf phrénique, c’est-à-dire entre la troisième et la quatrième vertèbre cervicale, sont toujours fort graves, parce que l’action de ce nerf étant paralysée, la respiration est bientôt abolie. Dans la région cervicale, la blessure pourrait aussi porter sur le nerf spinal, et amener ainsi des troubles graves dans les actes de la respiration.

La moelle épinière peut présenter des vices de conformation dans la région cervicale; c’est ainsi qu’à la Maternité, nous avons observé un enfant qui avait une moelle épinière dilatée dans toute cette région, et offrait à son centre un canal reippli de matière purulente : c’était une persistance du canal central de la moelle épinière.

L’hydrorachis ou spina-bifida se rencontre quelquefois dans la région cervicale, mais plus rarement que dans les régions dorsale et sacro-lombaire. La région cervicale présnte en haut des encéphalocèles congénitales, ce qui s’explique par l’absence de réunion des deux parties de l’occipital et des lames des vertèbres.

(1) A. Richet, Des luxations traumatiques du rachis. Paris, 1851, p. 22.

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Figure 1, — Région suw-clnvieulalre.

A. Coupe de la peau limitant le triangle

sus-claviculaire.

B. Fascia sous-cutané.

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