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Quatrième paire nerveuse

APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE

Souvent dans les affections chroniques de l’encéphale, ou dans les maladies des yeux, on applique à la nuque un séton, c’est-à-dire un exutoire, qui consiste dans une fistule sous-cutanée établie artificiellement et entretenue par une bandelette de linge qu’on introduit dans les tissus. Cet exutoire agit sur le tissu cellulaire sous-cutanc, et détermine une suppura'ion profonde qui établit une révulsion ou une dérivation éloignant ainsi d’un organe important une congestion vasculaire toujours nuisible.

Pour appliquer le séton au cou, on fait un pli à la peau dans une direction verticale, on soulève le pli de manière a mesurer l’espace que l’on veut laisser entre les deux ouvertures, c’est-à-dire 4 à 5 centimètres. Tout en faisant tenir l’extrémité supérieure de ce pli par un aide, le chirurgien plonge un bistouri droit à la base du pli ; il le traverse rapidement en dirigeant l’instrument d’une manière oblique, dans le but de rendre une des ouvertures du séton plus oblique en bas que l’autre et de faciliter l’écoulement du pus. On conduit ensuite une mèche avec un stylet. Que s’estil passé pendant cette opération? Quand le pli est bien tait, le tissu cellulaire sous-cutané seul est traversé, mais il arrive quelquefois que quelques fibres du muscle trapèze sont intéressées. 11 faut, autant qu’on peut, éviter cet accident pour que des infiltrations purulentes ne puissent pas se produire au-dessous de ce muscle. Quoi qu’il en soit, dans le tissu cellulaire sous-cutané au niveau de la quatrième vertèbre cervicale, lieu d’éleclion du séton, il n’existe aucun organe important qui soit blessé pendant celte opération, de sorte qu’il n’y a pas d’hémorrhagie qui vienne le compliquer.

On peut voir ici sur le côté gauche (1er plan) trois ganglions (7, 8, 9) qui occupent le tissu cellulaire sous-cutané, et qui s’engorgent toutes les fois qu’il existe une irritalion quelconque dans le cuir chevelu. Ces mômes ganglions s’indurent et deviennent plus gros sous l’infiuence de la syphilis, et comme ils s’altèrent ainsi dès le début, ils fournissent alors des indices précieux pour le diagnostic.

Les plaies de la partie postérieure du cou qui sont superficielles ne sont pas compliquées d’accidents d’hémorrhagie, parce qu’il n’y a que les branches terminales de l’occipitale et de la cervicale transverse qui s’y distribuent. Mais quand la plaie a été profonde, une hémorrhagie peut se déclarer, parce que là se trouvent des veines nombreuses (5, 6, 7, 8). Cependant cette hémorrhagie ne donne ordinairement aucune inquiétude, parce que la compression exercée par les plans musculaires ou par l’art réussit constamment à l’arrêter. Il faut signaler ici une disposition importante et souvent ignorée des veines de la partie postérieure du cou. Ces veines sont toujours revêtues de gaines fibreuses qui les maintiennent béantes, de sorte que si on les ouvre, on aura à redouter l’introduction de l’air dans les veines. C’est ainsi, sans doute, que la mort est arrivée chez la fille que Dupuytren opérait d’une tumeur dp cou, et qui piourut subitement sous

son bistouri. Du reste, le traitement de ces plaies n’offre ici rien de spécial, si ce n’est qu’il faudra éviter les mouvements de la télé, et surtout la flexion, qui a pour effet d’écarter les lèvres d’une plaie transversale.

Les phlegmons et les abcès prennent ici souvent la forme diffuse, à cause de la résistance des couches musculaires. Lors même que l’abcès est sous la peau, l’abcès à en général moins de relief à cause de l’épaisseur considérable de la peau ; il est large, de là une sorte d'étranglement et les douleurs vives qui accompagnent leur développement, de là aussi la nécessité de les ouvrir aussitôt que la formation du pus est constatée.

Il n’y a pas de région qui présente plus souvent que la nuque des furoncles et des anthrax. Ces affections sont ici fréquentes à cause de l’épaisseur de la peau et du peu d’extensibilité de la couche cellulaire sous-cutanée, et elles donnent lieu à des douleurs violentes à cause des nerfs nombreux qui s’y rendent et de l’étranglement qui les caractérise toujours. Dans quelques cas, ces anthrax ne pouvant se développer en largeur, gagnent la profondeur de la région et arrivent jusqu’aux muscles, et quand la partie mortifiée tombe, on voit alors les couches musculaires profondes à nu. 11 est inutile de dire que des accidents sérieux, la mort même, peuvent être la conséquence de ces anthrax.

Les aponévroses, les tissus fibreux, les ligaments, les tendons, sont ici très nombreux, et il n’est rien d’étonnant d’y voir s’y développer des tumeurs fibreuses, lesquelles s’étendent quelquefois profondément entre les couches musculaires. Dupuytren en a opéré plusieurs dont les embranchements s’étendaient jusqu’aux apophyses épineuses des vertèbres.

Les frottements, les contusions fréquentes sur la région de la nuque, expliquent pourquoi les lipomes et les athéromes s’y présentent si souvent. Quand ils ne sont point gros et non circonscrits, il n’est pas urgent de les opérer, parce qu’ils peuvent être cachés, mais quand ils sont très volumineux, il faut se hâter d’opérer.

Les articulations des deux premières vertèbres entre elles et de l’atlas avec l’occipital sont très complexes, et comme elles sont en outre soumises à des mouvements répétés et continuels et souvent à des violences, il en résulte qu’elles s’enflamment quelquefois, et celte inflammation, passant à l’état chronique, donne lieu à une tumeur blanche qui amène des désordres locaux dont l’anatomie rend parfaitement compte. Ainsi s’explique, par le gonflement et le déplacement des os, la compression de la moelle épinière, qui amène la mort d’une manière si prompte. Ainsi s’expliquent la saillie que présente au début la région de la nuque au-dessous de l’occipital, et celle que l’on peut voir plus tard dans le fond du pharynx. Les troubles fonctionnels, tels que : la fixité de la tête, les douleurs dans les moindres mouvements qui font que le malade soutient sa tête avec les deux mains quand il veut se lever de son lit, la dysphagie, la dyspnée, etc., sont facilement compris et expliqués par l’examen seul des rapports offerts par ces articulations.

Région de la nuque.

Plan profond.

Côté gauche (première couche).

À. Coupe delà peau limitant la région.

B. Coupe du fascia superficialis.

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