Nerf du clitoris
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Les plaies qui atteignent les deux couches profondes présentent une gravité toute particulière quelle que soit d’ailleurs leur nature, parce qu’elles risquent fort d’ouvrir les vaisseaux nombreux qui rampent dans la région. Arlères, veines, bulbe, voilà autant d’organes vasculaires soumis à ces accidents. Il y a cinq ans environ que j’ai observé une plaie confuse de la vulve fort curieuse à beaucoup d’égards. Une femme jeune ayant accouché depuis trois mois environ était montée sur un tabouret pour laver les carreaux de sa fenêtre. Le tabouret ayant glissé sous ses pieds, elle tomba de telle sorte qu’elle fut à cheval sur l’angle du tabouret qui pénétra dans la vulve en lui faisant une plaie profonde. Je fus appelé sur-le-champ auprès de cette malade et je vis que déjà elle avait perdu beaucoup de sang. Après avoir lavé les parties contuses, je pus conslater que le bulbe du vagin était déchiré. Je ne me rendis maître de l’hémorrhagie qu’au moyen du perchlorure de fer. Maintenant est-il besoin de faire ressortir l’inconvénient qui résulte des cicatrices de ces plaies au point de vue de l’accouchement? Je ne le pense point, car il est facile de comprendre que ces cicatrices étant inextensibles, il faudra le plus souvent les inciser pour permettre une dilatation suffisante de la vulve.
Parmi les accidents qui peuvent survenir pendant l’accouchement, il en est un qui s’explique facilement dans sa nature propre comme dans ses variétés, je veux parler de la déchirure du péiinée ou plutôt de la commissure périnéale. On se rend compte, en effet, de la fréquence de cette déchirure par la conformation de la vulve et par les rapports du périnée avec l’axe du bassin. Or, la tête suit une direction telle dans sa progression, qu’elle vient nécessairement arcbouter contre le plancher périnéal, c’est-à-dire contre la cloison vaginale d’abord, puis sur la commissure du périnée, et enfin contre la demi-circonférence postérieure de la vulve qui n’est autre que le bord antérieur de la commissure périnéale elle-même. C’est surtout pendant les mouvements d’extension de la tête, que la commissure soutient tous les efforts expulsifs de l’utérus aidé des contractions des parois abdominales. Quelquefois les muscles qui entrent dans la structure du périnée offrent une résistance considérable à la dilatation, soit par suite d’une contracture spasmodique, soit par suite d’une force relative trop grande. Dans quelques cas, cette résistance vient de cicatrices ou bien d’une trop grande quantité de graisse contenue dans l’épaisseur des tissus ambiants. Quoi qu’il en soit, si l’on ne fait pas disparaître ces conditions, il s’établit une lutte entre le périnée et l’utérus aidé de ses congénères, et le périnée finit par céder ou bien se déchirer. Or, ces déchirures présentent trois variétés qui s’expliquent tout à fait par l’anatomie. Dans le premier degré, la peau et la muqueuse seules sont atteintes et alors la cicatrisation s’opère en quelque sorte d’une manière spontanée. Dans le
second degré, la déchirure atteint non- seulement le tégument, mais encore le tissu Cellulaire sous-cutané et les aponévroses superficielles, et le muscle constricteur du vagin. Dans ce cas, la nature peut bien réparer la lésion, mais il convient de l’aioer en taisant rapprocher les cuisses et surteut en appliquant des serres-fines. Dans le troisième degré, la déchirure atteint non-seulement les organes précédents, mais aussi les sphincters de l’anus et peut arriver plus ou moins haut sur la cloison. Dans ce cas, qui est beaucoup plus grave en ce sens qu’il s’accompagne d’incontinence des matières fécales, la nature peut bien à elle seule se suffire pour amener la guérison, mais il faudra avant tout la seconder activement. C’est ici que le rapprochement des cuisses, les serres-fines et les soins de propreté devront être employés avec beaucoup de soin. Les serres-fines rendent ici beaucoup de service et il faut les préférer à la suture sanglante, parce qu’elles sont très-faciles à appliquer. Si, après l’usage de ces moyens, la réunion n’a pas lieu, il conviendra de faire une opération sur laquelle nous donnerons quelques détails dans la prochaine planche.
Il suffit, du reste, de jeter un coup d’œil sur celte région pour voir que dans l’épaisseur de la commissure, il n’y a aucune artère importante capable de donner lieu à une hémorrhagie. Nous avons ici seulement une grosse veine souscutanée qui, au moment de sa déchirure, aurait pu laisser échapper un peu de sang.
On peut voir sur le côté droit du sujet figuré sur cette planche la glande vulvo-vaginale avec son conduit et son orifice. Par son orifice, qui est situé en bas et sur les côtés de la vulve, l’inflammation se propage de celle-ci à son tissu, et c’est ainsi qu’il faut se rendre compte de la fréquence de ses inflammations. Tantôt l’inflammation reste confinée au canal, et s’il y a suppuration, abcès, la collection se montrera sous la muqueuse de la vulve à la surface de laquelle elle ne tardera pas à se faire jour si le chirurgien ne l’ouvre pas lui-même au moyen de l’incision. 11 est important de pratiquer celte ouverture de bonne heure, si l’on ne veut pas que la muqueuse s’amincisse trop et ne devienne ainsi une cause de fistule. Tantôt l’inflammation est située plus profondément et gagne la glande elle-même. Dans cette circonstance, les accidents sont plus sérieux, les accidents inflammatoires plus vifs, il y a en quelque sorte des phénomènes d’étranglements, parce que la glande est entourée de toutes parts et d’os et de tissus fibreux qui sont peu extensibles. Or ces inflammations se terminent souvent par suppuration et donnent naissance à des abcès profonds qui restent longtemps cachés et font saillie à la fois du côté de la peau et du côté de la muqueuse. C’est de ce côté qu’il faut les ouvrir promptement si Ton veut éviter une fistule. L’ouverture doit être très-large, et malgré cela la cicatrisation ne se fait point à cause des tissus fibreux environnants qui ne se rapprochent pas. Dans une circonstance semblable, je suis parvenu à obtenir la guérison définitive de la fistule en introduisant dans le trajet iistuleux un morceau de pâte de Canquoin.
Nous noterons ici, à titre de renseignement seulement, la situation du nerf du clitoris, terminaison du nerf honteux interne que Ton a proposé de couper dans la nymphomanie. Si Ton voulait tenter cette opération, on trouverait dans l’inspection de cette planche des indications précieuses pour se guider dans cette opération qui, du reste, ne présente aucune difficulté. Il suffirait, en effet, de suivre la direction de la branche ischio-pubienne, d’inciser couche par couche. Quand on arriverait sur l’artère et sur la veine, on saurait que le nerf est au-dessous d'elle. On éviterait de blesser le bulbe du vagin et les corps caverneux du clitoris en s’éloignant le moins possible de la branche ischio-pubienne. .Cn a proposé aussi de faire l’excision du clitoris lui-même pour remédier à la nymphomanie. Cette opération n’offre en ellemême aucune difficulté ; mais nous croyons que c’est là un moyen qui n’est pas certain et qu’il ne faut employer qu'en dernier ressort, parce que l’affection en question est plutôt de cause cérébrale que de cause locale.
Nous n’ajouterons rien en ce qui concerne le rectum et l’anus, parce que les considérations qui s’y rapportent sont les mêmes que pour l’homme. Or celles-ci ont été déjà données dans les planches qui précèdent.
B . J . BERAUD ANAT . CHIRURG .
JalDRAIRlE F.lUISR BAILLIERE
PLANCHE LXXL
Région pelvienne de In femme.
Coupe anléro-poslérieure du bassin sur la ligne médiane.
A. Coupe de la peau au-dessous de
l’ombilic.
A'. Coupe de la peau au niveau du pubis.
A". Coupe de la peau au niveau du clitoris.
A777. Coupe de la peau vers l’anus.
A7777. Coupe de la muqueuse de l’anus.
A"'". Coupe de la muqueuse du rectum.
A777'77. Coupe de la peau dans la région lombaire et dans la région sacrée.
B. Coupe du tissu cellulo - graisseux
sous-cutané de la paroi antérieure de l’abdomen.
B7. Coupe du tissu cellulo-graisseux sous-cutané au niveau du pubis.
B77. Coupe du tissu cellulo-graisseux sous-cutané au niveau de la région sacrée.
B777. Coupe du tissu cellulo-graisseux au niveau de la région anale.