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Nerf superficiel ou cutané brandie du nerf médian

APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE

Les lésions physiques de la face antérieure du poignet sont d’autant plus fréquentes que cette région est presque complètement à découvert. Les plaies, les contusions, les déchirures qui ne traversent pas l’aponévrose superficielle n’ont aucun danger par elles-mêmes, mais elles sont toujours sérieuses néanmoins par les complications qui peuvent les accompagner. La phlébite, l’angioleucite, le phlegmon diffus, l’érysipèle, sont les affections qui suivent quelquefois ces plaies. La délicatesse de la peau, la finesse du tissu cellulaire sous-cutané, le réseau très-fin de veines et de lymphatiques rendent bien compte de ces inflammations secondaires. Les lésions physiques qui traversent l’aponévrose offrent une gravité toute particulière. Les artères radiale et cubitale, le tronc ladiopalmaire, sont situés presque au-dessus de cet appendice. Il y a deux mois à peine que j’avais dans mon service à l'hôpital Saint-Antoine, un ouvrier qui s’était blessé à la partie interne du poignet. L’artère cubitale avait été atteinte et il y avait une hémorrhagie abondante. L’interne de garde lia les deux bouts divisés dans le fond de la plaie et la guérison s’est opérée sans accident. Le fil supérieur tomba au huitième jour, l’inférieur resta un ou deux jours de plus. Du reste, l’artère cubitale parcourant toute l’étendue de la région et de venant de plus en plus superficielle est exposée aux blessures. L’artère radiale ne parcourt que les deux tiers de la partie interne de la région et elle devient de plus en plus profonde; elle est dès lors moins exposée que l'artère cubitale. Le tronc radio-palmaire qui vient de 1 artère radiale sc trouve très-superficiel, il est vrai, à la racine de la main, mais il ne larde pas à s'enfoncer au milieu des muscles et se met ainsi à l’abii de toute blessure. Mais quand un instrument vulnérant a traversé l’aponévrose, il peut facilement arriver jusque sur ces vaisseaux, de là des hémorrhagies graves qui compliquent quelquefois les plaies du poignet. Cette gravité est due non-seulement au volume des artères coupées, mais encore à la multiplicité et à la largeur de leurs anastomoses. De là la nécessité dans laquelle se trouve le chirurgien d’aller chercher les deux bouts dans le fond de la plaie, car s’il se contente de lier le bout supérieur, l’hémorrhagie continue par le bout inférieur.

Le nerf médian devenu superficiel dans la région du poignet, est souvent atteint dans les plaies transversales. On reconnaîtra sa lésion à l’abolition dans la sensibilité tactile à la face palmaire des doigts où il se distribue. Les tendons des muscles palmaires, des fléchisseurs superficiel ou profond peuvent cire coupés, et de là résulte la perle de l’usage de ces muscles.

La disposition analomique des gaines synoviales de ces ten Ions ainsi que celle des gaines celluleuses qui accompagnent les artères, démontrent que les inflammations profondes de la paume de la main, peuvent suivre trois voie; pour arriver à la face antérieure de l’avant-bras. En effet, la gaine synoviale des tendons arrive presque vers la partie moyenne de la face antérieure du poignet, de là l’inflammation peut envahir le tissu cellulaire qui est autour des muscles et des vaisseaux profonds. Par le tissu cellulaire qui accompagne l’artère cubitale et le tronc radio-palmaire et même l’artère radiale, l’inflammation phlegmoneuse passe facilement de la paume de la main à la face antérieure de l’avant-bras. Cette synoviale du poignet que nous verrons plus loin à la paume de la main est susceptible de s’enflammer et de produire des fongosités sur lesquelles nous aurons à revenir plus loin.

Plus profondément, nous trouvons les os qui composent le squelette de la région, ce sont: les extrémités inférieures' du radius et du cubitus et la première rangée du carpe. La fracture du radius est celle qui se présente le plus souvent et elle a lieu dans la chute sur la paume de la main. Cette fracture a été prise pendant longtemps pour une luxation du poignet, mais aujourd’hui on sait que cette luxation est très-rare, tandis que la fracture du radius est très-fréquente. La disposition de l’extrémité inférieure du radius, les rapports avec les os du carpe, sa fragilité expliquent bien la fréquence de ces fractions dans lesquelles le fragment inférieur se porte en arrière, tandis que le fragment supérieur se porte en avant. Delà résulte une déformation caractéristique du poignet sur laquelle les chirurgiens se basent aujourd’hui pour porter leur diagnostic. Au reste, cette fracture ne peut guère avoir un déplacement considérable des fragments, parce que l’espace interosseux n’existe plus en bas, et surtout à cause des gaines fibreuses et des tendons nombreux qui entourent dans presque tous les sens les fragments du radius. Aussi, il ne faut appliquer d’appareil que dans les cas où la déformation est considérable, et même dans ces cas, il faut être prudent et faire exécuter promptement des mouvements à la main et au poignet, si l’on veut éviter les roideurs articulaires et les adhérences des tendons dans leurs gaines synoviales.

Figure 2. Face postérieure.

EXPLICATION

A. Coupe de la peau limitant la région.

B. Coupe du fascia superficialis et du tissu cellulo-graisseux

sous-cutané.

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