Nerf superficiel du nerf cubital
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Les plaies superficielles de la face du poignet sont relativement peu dangereuses parce qu’elles n’intéressent que quelques veines. Il est vrai que les blessures de celles-ci sont suivies de phlébites. Les contusions superficielles sont souvent suivies d’épanchements sanguins, ce qui s’explique par la présence d’un réseau veineux très-serré et composé de veines assez volumineuses. Les plaies profondes ne présentent qu’un danger sérieux et immédiat, c’est la blessure de l’artère radiale. On peut voir que ce vaisseau est situé sur le côté externe et inférieur de la région, et dès lors toute la plaie qui siégera dans ce point sera susceptible d avoir la complication d’hémorrhagie.
Est-il nécessaire de dire maintenant que la section des tendons des extenseurs quels qu’ils soient sera suivie de l’abolition de l’usage du muscle auquel ils correspondent, et qu’il suffira d’examiner chaque doigt en particulier pour connaître s’il y a lésion de tendon.
Deux opérations sont pratiquées dans cette région : la ligature de l’artère radiale, et la résection du poignet. En étendant fortement le pouce, on fait saillir en arrière les tendons des muscles grand abducteur et long extenseur. Dans la dépression qui existe entre eux et que l’on appelle tabatière anatomique, on sent battre l’artère radiale. On fait une incision dans la direction du tendon du grand abducteur, on coupe l’aponévrose sur la sonde cannelée et l’on trouve l’artère au fond de la plaie.
Quant à la résection nécessitée souvent pour tumeur blanche du poignet, on ne peut la pratiquer que par la face dorsale du poignet. Comment, en effet, chercher à couper l’extrémité inférieure du radius et du cubitus en passant par la face antérieure du poignet? Ne serait-ce pas s’exposer à léser une foule d’organes des plus importants pour arriver, en définitive, à travers une couche épaisse de parties molles sur les os malades. En attaquant ces os par la face postérieure, on n’a qu’une mince couche de parties molles et les organes importants sont rares. Il y a donc tout avantage à procéder ainsi. On a proposé plusieurs procédés, mais nous préférons celui dans lequel on se contente de deux incisions latérales. Ces incisions permettent la dissection et la séparation des gaines des tendons, et si l’on resèque d’abord l’extrémité inférieure du cubitus, ce qui est facile à cause du petit volume de cet os, on arrive à couper le radius avec d’autant plus de facilité qu’après l’ablation de l’extrémité inférieure du cubitus on s’est créé un espace considérable pour la manœuvre. Ainsi faite, cette opération conserve tous les organes dans leur intégrité et n’est pas suivie d’une suppuration trop longue et trop abondante.