‹ Atlas complet d'anatomie chirurgicale topographiqueChapitre 276 sur 323 · C. Face dorsale de la phalangette · texte numérisé non relu

C. Face dorsale de la phalangette

D. Articulation et ligament dorsal de la phalangiue avec la

phalangette.

E. Deuxième phalange ou phalangine.

F. Première phalange.

G. Coupe des tendons extenseurs du petit doigt.

APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE

Je ne m’attacherai pas à faire ressortir ce qui est propre à chaque doigt, je ferai donc les applications à tous les doigts en général.

Les plaies de la face dorsale des doigts sont assez fréquentes, et elles sont de toute nature; elles varient aussi quant à leur étendue et à leur profondeur. Leur fréquence s’explique très-bien par les usages multiples de la main et surtout par le nombre de ces appendices. Elles peuvent intéresser la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, les tissus aponévrotiques, les tendons des extenseurs, les os ou les articulations. Les plaies qui atteignent la peau sont peu graves, elles guérissent rapidement et souvent par première intention. Celles qui arrivent jusqu'au tissu cellulaire s’accompagnent quelquefois de décollement assez étendu ; si elles sont produites par un instrument tranchant, elles guérissent tout de même sans complication, par la réunion immédiate ou par la réunion secondaire. Les plaies qui dépassent cette couche coupent nécessairement le réseau veineux, qui est très-serré, et s’accompagnent d’une hémorrhagie assez abondante, d'autant plus abondante que la plaie siège plus près de la racine des doigts, où des artères et des veines assez volumineuses se rendent en assez grand nombre.

Pour arriver plus profondément, les instruments vulnérants rencontrent une gaine fibreuse assez résistante, constituée par des fibres propres et par des fibres venant de l’aponévrose palmaire et des tendons des lombricaux. Cette gaine est, en outre, très-épaisse. Si elle r.’est que coupée ou percée, la plaie des parties molles sus-jacentes n’en guérira pas moins assez facilement ; mais la plaie est contuse, les fibres tendineuses pourront se mortifier et rendre long le travail de cicatrisation. Si le tendon est atteint par un instrument tranchant, la rétraction ne sera pas grande, à cause des fibres qui l’unissent aux phalanges, et il ne sera pas nécessaire, comme à la face dorsale des mains, de faire la suture des tendons divisés. Très-souvent la violence est telle que les os sont atteints ou les articulations ouvertes. Dans ces cas, l’os peut être divisé ou fracturé ; si l’os n’est pas divisé, la cicatrisation pourra se faire sans accident. Quelquefois l’une des phalanges est broyée par le corps contondant.

Les inflammations de la face dorsale peuvent occuper: 1° la peau, 2° le tissu cellulaire sous-cutané, 3° la gaine des tendons, 4° les tendons, 5° le périoste, 6° les os, 7° les articulations.

L’inflammation de la peau peut être très-variable; nous en signalerons deux variétés principales, qui sont désignées sous le nom de panaris anlhracoïdc, quand elle est dans les follicules nombreux de cette région, et sous celui d’onyxis,

quand elle siège dans la matrice de l’ongle. Dans les autres tissus, l’inflammation ne présente aucun caractère spécial.

Des affections organiques se rencontrent fréquemment sur la face dorsale des doigts ; citons l’enchondrome, la tumeur blanche, l’ostéosarcome, le spina-ventosa. Au point de vue de la médecine opératoire, nous ferons remarquer que de nombreuses opérations se pratiquent sur les doigts, et entre autres les désarticulations. Dans ces cas, le chirurgien tire un bon parti de l’examen des plis qui existent sur la face dorsale, des doigts. Le peu d’épaisseur des parties molles qui existent sur la face dorsale des doigts explique suffisamment pourquoi le chirurgien taille de préférence un lambeau palmaire.

13 J. BÉRAUD ANAT. CHIRURG.

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