Seconde branche du petit nerf sciatique
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Les lésions physiques de celte région ne sont point dangereuses pour la vie, même quand elles sont profondes. Ces dernières, en effet, ne peuvent guère atteindre que le nerf sciatique, ou bien les branches de l’artère fémorale profonde. Une plaie du nerf sciatique doit êire rare, à cause de la profondeur à laquelle se trouve ce nerf. Il en doit être de même, à plus forte raison, pour les plaies des branches de la fémorale profonde. Du reste, ces deux organes sont protégés par des masses musculaires puissantes : en arrière, par la longue portion du muscle biceps, et en haut parle bord inférieur du muscle grand fessier; en dedans, par les muscles de la patte-d’oie, et en dehors par le demi-membraneux, la courte portion du biceps, et plus haut par la longue portion du même muscle.
Les lésions vitales, inflammations, abcès, etc., présentent ici les mêmes caractères que dans la région fessiére. Celles qui sont superficielles ne donnent lieu à aucune considération spéciale. Celles qui sont profondes ou sous-aponévrotiques offrent au contraire des caractères particuliers, dévoilés par le seul examen de la région. La loge intermusculaire parcourue du haut en bas parle nerf sciatique renferme en outre une grande quantité de tissu cellulaire, d’où la possibilité de voir se développer là des phlegmons et des abcès. Or, ces phlegmons et ces abcès pourraient bien rester localisés, et ce sera le cas le plus heureux. Mais le canal intermusculaire communique largement en haut avec la région fessiére et en bas avec le creux poplité. Que résultera-t-il de cette disposition? C’est que l’inflammation, comme la suppuration, aura une grande tendance à s’étendre aux régions voisines. De là résulte le précepte d’ouvrir promptement une issue au pus, et de combattre énergiquement les inflammations qui se développent dans ce point. Cette fâcheuse disposition permet aussi l’accident contraire. Ainsi un abcès froid ou chaud qui aura occupé la région fessiére se manifestera bientôt très-probablement dans la région qui nous occupe. 11 en sera de même pour un abcès du creux poplité. Cette évolution des abcès qui viennent d’en haut est tellement dans la nature, que souvent le chirurgien ne s’aperçoit de cet abcès par congestion que lorsqu’il a envahi la région postérieure de la cuisse.
Les abcès par congestion venant d’une carie, d’une névrose simple, ou tuberculeux, de la face antérieure du sacrum, ainsi que je l’ai constaté tout récemment sur un jeune garçon, suivent le trajet du nerf sciatique, et sortent ainsi du bassin pour occuper la région fessiére, et plus tard la région de la cuisse. Quand ces abcès sont encore recouverts par le muscle grand fessier, ils ne sont point aperçus en général, et comme ils donnent lieu à des douleurs très-vives sur le trajet du grand nerf sciatique, il en résulte que le chirurgien le plus habile peut être induit en erreur, et croire tout simplement à l’existence d’une névralgie sciatique, lorsque en réalité il s’agit d’une affection bien autrement grave.
Une affection propre à la région, c’est la névralgie siégeant sur le nerf sciatique. Cette affection se traduit par une douleur qui suit le trajet du nerf, et que le malade indique très-bien avec son doigt, quoiqu’il ne connaisse pas la direction de ce nerf. Cette douleur est éveillée à la pression, et est d'autant plus forte, que l’on se trouve à un point d’émergence de quelques branches nerveuses.
Les lésions organiques sont rares, néanmoins on y a vu des fistules, des nécroses, des caries, des fractures, des kystes, des névromes; ce qui s’explique très-bien par la présence du fémur et du nerf sciatique. La peau a été quelquefois entièrement détruite par des brûlures, de là des rétractions de la jambe que rien ne peut modifier. Les affections les plus curieuses de la région sont les tumeurs fibro-plastiques et encéphaloïdes, les tumeurs à myéloplaxes venant du fémur. L’existence des tumeurs fibro-plastiques s’explique par la gr ande quantité de tissu fibreux qui se trouve dans la région. J’ai vu dans le service de M. Velpeau, en 1850, un malade qui portait une de ces tumeurs entre les muscles interne et externe de cette région. Plusieurs ablations successives furent faites, mais la tumeur récidivait toujours; bref, le malade finit par succomber. Les opérations que l’on pratique dans cette partie du corps sont rares. Je ne dirai rien des fractures, mais je signalerai seulement les incisions des brides résultat de brûlures, ou bien les incisions des muscles, quand unetumeur blanche s’est terminée par un déplacement permanent du tibia en arrière. Ncus n’insistons pas sur ces opérations, parce qu’elles sont peu usitées, et d’ailleurs la dernière est remplacée avantageusement aujourd’hui par la section des tendons, et surtout par la méthode de Palasciano (de Naples). Celte méthode, on le sait, consiste à redresser le membre
malade, non pas par une extension directe, mais par une flexion encore plus exagérée que celle qui existe déjà. Quand, par ce mouvement, on a détruit les adhérences des muscles extenseurs de la jambe, on pratique brusquement le mouvement d’extension forcée. On arrive ainsi a ramener presque le genou dans sa direction normale. Nous disons presque, parce que jamais l’extension ne revient à ses limites normales, et cela lient probablement à plusieurs causes, dont la plus importante nous paraît être lo raccourcissement qui s’est opéré dans les ligaments latéraux. Je me propose de couper ces ligaments par la méthode sous-cutanée, afin de ramener tout à fait le libia dans ses rapports avec le fémur. Peut-être serai -je obligé de sectionner aussi les ligaments interarticulaires.
Anne douche se.
Région fémorale.
Face antérieure , couche superficielle.
EXPLICATION
A. Coupe de la peau limitant la région.
B. Coupe du fascia superficialis et du tissu cellulaire sous-
cutané.